Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".




RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

vendredi 5 novembre 2010

En terme de liberté de la presse la France au 44eme rang mondial! Selon le rapport de reporters sans frontières

Baromètre 2010 de la liberté de la presse, RSF




La désinformation place dorénavant la France  à 44 eme place  au rang mondial en matière de liberté de la presse . Ceci par le fait notamment  que la plupart des grands titres , des chaines privées , sont dirigés soit par des proches voir de la famille de Sarkozy ,et par toutes les pressions dont ont été victimes des journalistes dans le cadre de leur métier notamment , les obliger à donner leurs sources; 


Le mouvement des retraites en France est là pour le prouver , plus aucune information objective ne sort des grands média la seul émission qui résiste encore reste : la bas si j'y suis de Daniel Mermet sur France Inter mais pour combien de temps.
Nous en sommes arrivés à un tel point que la presse étrangère commence à se poser des questions, récemment dans le vol des documents liés à l’affaire Béttencour et plus récemment encore la mise sous surveillance  du reste des médias dénoncé par le "Canard enchaîné". 
 Paul Jorion se demande si nous ne sommes pas à nouveau en 1788 , d'autres grandes plumes se posent la même question : ou va le pouvoir ; ou va la république ? 
Mais étouffer par le concert polico médiatique des argentiers, ces voix passent pour inaudibles pourtant il y a urgence à se poser les vrais questions  .
  La toile tente tant bien que mal par une information militante de reconstruire la vérité , mais elle est forcément fragmentaire du fait du peu de moyen que chacun a à sa disposition ne serais ce que le temps , pourtant la bataille contre l'argent roi , l'argent dictateur passe par l'information : un exemple flagrant : le prix Sakharov pas un seul média a précisé que ses années de prisons étaient du à des délis de droit commun ( agression de femmes à deux reprises) puis il a versé dans le camp occidental avec pour objectif de renverser le gouvernement de Fidel (voir le site mondialisation.ca).
 L'économie est du même jus et l"échelle des rémunérations est là pour prouver l'immense scandale devenu humanitaire que nous vivons tous !


le FIM et DSK :les retraites




Le F M I vient de donner son point de vue au sujet des retraites::" repousser l'age de la retraite de deux ans est une bonne chose pour la croissance " CQFD
 Après   cela on viendra m'expliquer que Strauss Kann (j'ai même pas comment çà s'écrit) va revenir sur l'age de la retraite en 2012 et le PS  avec , il est le patron des financiers planétaires , vient de coller un plan aussi drastique qu'inhumain au peuple grec ,  prend position avec Sarko sur les retraites ; voila :la politique de l'image  comme le dit mon ami Daniel .
 Mais à la fin de prendre les français pour des cons je pense bien que la rue n'a pas dit son dernier mot et les gens ont raison : ne plus se laisser dicter notre conduite par des mentors!  
Ne rien céder , surtout ne pas attendre 2012 , rien de bon nous y attend; il faut savoir qu'en Allemagne le nombre d'années de cotisations est de 35 ans , que tous les analystes sérieux et objectifs disent tous que la lutte qui est engagée en France est un message d'espoir pour tous les peuples du monde  , la France des luttes reste à l'avant garde ,et ce depuis plus de 200ans ;
ni Sarko ni DSK  n'y changeront rien!

jeudi 4 novembre 2010

Voici une longue reflexion de Fidel Castro suite au vote sanction à l'ONU au sujet du blocus à l'encontre de Cuba


Réflexions du compañero Fidel
SOULÈVEMENT À L’ONU (I)
L’Assemblée générale des Nations Unies, censément la plus haute autorité politique de la planète, a été convoquée, le mardi 26 octobre, pour analyser une résolution si réitérée qu’elle en est devenue familière : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique », la résolution la plus débattue, la plus votée dans l’histoire de cette Organisation, mais jamais encore mise en œuvre à ce jour.
Si une telle accusation était portée contre Cuba ou tout autre pays latino-américains et caribéen et que celui-ci fasse aussi résolument la sourde oreille, on tirerait sur lui, on le sait, à boulets rouges. Le droit international qualifie d’ « acte de génocide » la politique détestable attribuée si clairement aux « États-Unis d’Amérique » et dont la communauté mondiale demande la cessation.
Voilà maintenant la dix-neuvième fois, soit depuis 1992, que l’Assemblée générale réclame la cessation de cette politique abusive et criminelle. L’intéressant, c’est que, plus cette Résolution a été votée, et plus le nombre de pays qui l’ont appuyée a augmenté et plus la quantité de ceux qui s’abstenaient diminuait et plus le minuscule groupe de ceux qui votaient contre a fondu : cette fois-ci, seuls deux pays ont voté contre et seulement trois se sont abstenus, soit de petits États qui sont en fait des dépendances coloniales des États-Unis.
Il faut savoir que de grands changements se sont opérés dans le monde depuis la fondation de l’ONU, autrement dit quand roulaient encore les derniers échos de la Seconde Guerre mondiale qui avaient causé cinquante millions de morts et des destructions énormes. De nombreux pays aujourd’hui membres des Nations Unies étaient encore des colonies des puissances européennes qui s’étaient emparées par la force des territoires de la plus grande partie du monde et, sur certains continents, de leur totalité, les agresseurs ayant soumis à la tutelle coloniale, par leur seule supériorité en armements, des centaines de millions de personnes, provenant en bien des cas de civilisations bien plus anciennes et aux cultures supérieures
Cuba n’a pas été une exception.
Elle fut, sur notre continent, la dernière colonie espagnole, en raison de ses richesses en produits agricoles rares mais fort demandés, nés des mains laborieuses de paysans libres et de centaines de milliers d’esclaves d’origine africaine. Alors que les autres colonies s’étaient déjà libérées dans les premières décennies du XIXe siècle, l’Espagne préservait sa possession cubaine d’une main de fer et par les méthodes les plus despotiques.
C’est dans la seconde moitié de ce siècle-là qu’un profond sentiment national et patriotique commença à fleurir sur notre île que l’Espagne rêvait de convertir en fer de lance pour reconquérir ses anciennes colonies en Amérique du Sud. Le peuple cubain se lança dès lors dans sa bataille pour l’indépendance, presque soixante-dix ans après les autres nations sœurs d’Amérique latine, sans d’autres armes que la machette servant à couper la canne à sucre et les chevaux du cru fougueux et rapides. Les patriotes cubains se convertirent en peu de temps en de redoutables soldats.
Trente ans après, notre courageux peuple était sur le point d’atteindre ses objectifs historiques à la suite d’une lutte héroïque contre une puissance européenne en pleine décadence, mais entêtée. L’armée espagnole, malgré la quantité énorme de soldats dont elle disposait, était incapable de maintenir plus longtemps la possession de l’île où elle ne contrôlait que les principales zones urbaines et se trouvait au bord de l’effondrement.
C’est alors que l’Empire naissant, qui n’avait jamais caché son intention de s’emparer de Cuba, intervint dans cette guerre après avoir déclaré cyniquement : « Le peuple de l’île de Cuba est de droit libre et indépendant, et il doit l’être ».
À la fin de la guerre, notre pays ne put participer aux négociations de paix. Le gouvernement espagnol consomma sa trahison en livrant Cuba aux troupes et au gouvernement d’intervention.
Les États-Unis firent dès lors main base sur les ressources naturelles, les meilleures terres, le commerce, les banques, les services et les principales industries du pays, nous transformant en leur néo-colonie.
Voilà ce que nous avons dû supporter pendant plus de soixante ans. Mais nous sommes redevenus indépendants et nous ne cesserons jamais de lutter pour le rester. Ces antécédents permettront aux lecteurs d’autres pays de mieux comprendre l’intervention devant l’’Assemblée générale de l’ONU, le 26 octobre dernier, de notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez.
Les débats ont débuté à dix heures du matin.
Cinq pays ont pris d’abord la parole au nom du Groupe des 77, du Mouvement des pays non alignés, de l’Union africaine, de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et du MERCOSUR pour appuyer la Résolution.
Sont ensuite intervenus quatorze pays, dont deux comptant plus d’un milliard d’habitants chacun : la Chine et l’Inde, qui font à eux deux presque 2,5 milliards d’habitants ; d’autres comptant plus de cent millions, comme la Fédération de Russie, l’Indonésie et le Mexique ; neuf autres dont certains jouent un rôle reconnu dans la vie internationale : le Venezuela, la République islamique d’Iran, l’Afrique du Sud, les îles Salomon, la Zambie, la Gambie, le Ghana et la Barbade.
Soit dix-neuf interventions avant celle de Bruno Rodríguez. Dont le discours fut lapidaire et dont je citerai des paragraphes entiers.
Après avoir fait référence aux graves dangers de guerre qui nous menace, il a ajouté : « Pour survivre, il est absolument indispensable que l’Humanité prenne toujours plus conscience, ce qui ne pourra se faire que par la diffusion d’une information véridique sur ces thèmes que la plupart des hommes politiques occultent ou ignorent, que la presse passe sous silence et qui sont si horribles pour les gens qu’ils préfèrent ne pas y croire. […] « La politique des États-Unis contre Cuba ne repose, surtout en de pareilles circonstances, sur aucune fondation morale ou légale, n’est pas crédible et ne bénéficie d’aucun appui. Ainsi le démontrent les plus de 180 voix qui pendant les dernières années dans cette Assemblée Générale des Nations Unies ont réclamé la fin du blocus économique, commercial et financier. […]
« L’Amérique latine et les Caraïbes rejettent énergiquement et à l’unanimité cette politique. Le Sommet de l’unité tenu à Cancún en février 2010 l’a exprimé résolument. Les dirigeants de la région l’ont fait savoir directement au président des États-Unis. On peut dire que le rejet formel du blocus et de la Loi Helms-Burton identifie, comme peu d’autres thèmes, un patrimoine politique de la région.
« Des positions tout aussi péremptoires ont été ratifiées par le Mouvement des pays non alignés, par les Sommets ibéro-américains, par les Sommets de l’Amérique latine et des Caraïbes avec l’Union Européenne, par l’Union africaine, par les Sommets du Groupe ACP et pratiquement par n’importe quel groupement de nations attaché au droit international et au respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies.
« Le consensus contre le blocus et en faveur d’un changement de politique envers Cuba est vaste et croissant dans la société étasunienne […] 71 p. 100 des Étatsuniens préconisent la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis… […]
« Les sanctions contre Cuba demeurent intactes et sont appliquées avec une extrême rigueur.
« En 2010, le blocus économique s’est durci et ses retombées quotidiennes sont toujours évidentes sur tous les aspects de la vie à Cuba. Il a des conséquences particulièrement sérieuses dans des domaines aussi sensibles pour la population que la santé et l’alimentation. »
Notre ministre signale une série de mesures cruelles qui frappent surtout des enfants souffrant de graves problèmes de santé et que l’administration étasunienne ne saurait démentir. Et de poursuivre :
« Les amendes infligées cette dernière année par le département du Trésor et par le département de la Justice à des personnes juridiques de leur pays ou d’Europe dépassent 800 millions de dollars. […] La confiscation d’un transfert s’élevant à plus de 107 000 euros appartenant à la compagnie Cubana de Aviación réalisé à travers Banco Popular Español depuis Madrid vers Moscou n’est rien moins que du vol. »
Notre ministre des Relations extérieures signale ensuite quelque chose de bien plus important quant aux retombées du crime éhonté que l’on perpètre contre Cuba : à savoir que l’on tend à mentionner la valeur passée en dollars d’un bien meuble ou immeuble, d’un prêt, d’une dette ou de toute autre chose mesurable en argent, sans jamais tenir compte du simple fait que cette monnaie n’a cessé constamment de se dévaluer ces quatre dernières décennies. Je n’en veux pour exemple (publicité gratuite de ma part…) que celui d’un soda archiconnu, Coca-Cola, qui, voilà quarante ans, coûtait cinq cents, en vaut maintenant de cent cinquante à deux cents dans n’importe quel pays. Bruno affirme :
« Les préjudices économiques directs causés au peuple cubain par l’application du blocus durant ces cinquante années dépasse 751 milliards de dollars, à la valeur actuelle de cette monnaie. »
Bref, il ne commet pas l’erreur de chiffrer les pertes que le blocus entraîne année après année comme si la valeur du dollar restait intangible. Or, à cause de l’escroquerie mondiale commise par Nixon quand il a annulé unilatéralement la couverture de cette monnaie en or (à hauteur, alors, de 36 dollars l’once Troy) et qu’il a commencé à imprimer du papier-monnaie sans aucune limite, le pouvoir d’achat de cette monnaie s’est réduit extraordinairement. Notre ministère des Relations extérieures a demandé à un groupe d’experts du ministère de l’Économie de faire cette évaluation dans la valeur actuelle de cette monnaie, ce qui donne le chiffre de préjudices qu’on vient de lire.
Il poursuit :
« …Le 2 septembre dernier, le président Obama lui-même a ratifié les sanctions contre Cuba, arguant de l’ "intérêt national" des États-Unis. Or, l’on sait pertinemment que la Maison-Blanche continue de prêter plus d’attention aux "intérêts spéciaux", bien financés, d’une minuscule minorité qui a fait de la politique contre Cuba une affaire très lucrative. […]
« Tout récemment, le 19 octobre, d’après plusieurs agences de presse, le président Obama a qualifié d’insuffisants les processus en cours à Cuba et conditionné tout nouveau pas de sa part à la mise en place des changements qu’il souhaiterait voir dans notre pays. Il se trompe en présumant qu’il a le droit de les juger et de s’y immiscer. Il est regrettable qu’il soit si mal informé et conseillé.
« Les transformations que nous entreprenons aujourd’hui répondent aux aspirations des Cubains et aux décisions souveraines de notre peuple. […] Elles ne se proposent pas de faire plaisir au gouvernement étasunien ou de satisfaire à ses intérêts, qui, de toute façon, ont toujours été contraires à ceux du peuple cubain.
« Pour la superpuissance, tout ce qui ne conduira pas à l’établissement d’un régime subordonné à ses intérêts sera toujours insuffisant. Mais cela n’arrivera jamais, car beaucoup de générations ont consacré et consacrent le meilleur de leur vie à la défense de la souveraineté et l’indépendance de Cuba. […]
« Au contraire, l’administration étasunienne a continué d’inscrire Cuba sur les listes dénuées de toute validité, dont celle des États censément promoteurs du terrorisme international, que le département d’État élabore arbitrairement en se permettant de juger le comportement d’autres nations. D’une part, ce pays n’a pas la moindre autorité morale pour dresser des listes pareilles – où il devrait commencer par s’inscrire lui-même, et tout en haut ! – de l’autre, il n’existe pas une seule raison pour inclure Cuba dans aucune d’elles.
« L’administration étasunienne continue de maintenir injustement en prison, depuis plus de douze ans, les cinq Cubains combattants antiterroristes dont la cause a suscité la plus importante solidarité de la communauté internationale. Cuba, qui a été victime du terrorisme d’État et qui l’est toujours, exige qu’elle mette fin à ce deux poids deux mesures et à l’impunité dont jouissent aux USA les auteurs d’actes terroristes organisés sous la protection de sa politique anticubaine. »
Sur ce, Bruno Rodríguez a rappelé à la délégation étasunienne présente dans la salle le fameux mémorandum rédigé par Lester Mallory, alors sous-secrétaire d’État adjoint, et rendu public des dizaines d’années plus tard, qui montre jusqu’à quel cynisme répugnant peut s’élever la politique des USA :
« "La majorité des Cubains soutiennent Castro […] Il n’existe pas d’opposition politique réelle. […] Le seul moyen prévisible de saper le soutien interne est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction et les difficultés économiques… Il faut recourir promptement à toutes mesures concevables pour miner l’économie cubaine… Une modalité qui pourrait avoir le plus gros impact est de refuser des financements et des livraisons à Cuba, ce qui réduirait les salaires réels et les revenus monétaires, et provoquerait donc la faim, le désespoir de la population et le renversement du gouvernement."
« Bien que la traque économique dont elle est victime reste le principal obstacle à son développement et à l’élévation du niveau de vie du peuple, Cuba a atteint des résultats incontestables dans l’élimination de la pauvreté et la faim ; dans les indicateurs de santé et éducation de référence mondiale… […] Voilà quelques semaines, Cuba a pu faire état ici-même d’un niveau élevé et exceptionnel de réalisation en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le développement, et ces résultats restent encore du domaine de l’utopie pour une grande partie de la population de la planète.
« Cuba ne renoncera jamais à dénoncer le blocus ni ne cessera de réclamer le droit légitime de son peuple à vivre et à travailler à son développement socio-économique dans des conditions d’égalité, en coopérant avec le reste de nations, sans être soumise à un siège économique ou à des pressions extérieures.
« Cuba remercie la communauté internationale pour sa solidarité décidée avec notre peuple, dans la certitude qu’un jour justice sera faite et que cette résolution ne sera plus nécessaire.
« Je vous remercie.
C’est sur ces mots qu’il a conclu sa première intervention.
À suivre demain.
Fidel Castro Ruz Le 31 octobre 2010



À la fin de l’intervention de Bruno, le 26 octobre vers midi, les explications de vote ont commencé, comme c’est la règle, avant que le projet de résolution ne soit soumis au suffrage.
Le premier à prendre la parole a été Ronald D. Godard, conseiller principal pour les affaires du continent au département d’État et chef de la délégation étasunienne. Ses affirmations insolites, fidèle reflet de la politique foncièrement cynique de son pays, m’exonèrent d’avoir à prouver que les dénonciations du ministre cubain des Relations extérieures sont rigoureusement justes.
« Les USA… se sont fermement engagés à appuyer le souhait du peuple cubain de déterminer librement l’avenir de son pays.
« …les USA… ont le droit souverain de décider de leurs relations économiques avec un autre pays. Celles qu’ils ont avec Cuba est une question bilatérale… elles visent à favoriser un climat de plus grande ouverture à Cuba et un plus grand respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
« Ne le perdons pas de vue dans ce débat bourré d’arguments rhétoriques du passé et ciblé sur des différences tactiques, dans ce débat qui ne sert à rien pour aider le peuple cubain.
« Ma délégation regrette que la délégation cubaine continue, d’année en année, de qualifier d’une manière inappropriée et incorrecte d’acte de génocide les restrictions commerciales imposées à Cuba… Les USA n’imposent aucune restriction à l’aide humanitaire à Cuba…
« En 2009, les USA… ont autorisé… une aide humanitaire privée de 237 millions de dollars sous forme de dons en aliments et en autres produits essentiels, de dons humanitaires non agricoles et de dons médicaux.
« En avril 2009, les président Obama a affirmé : "Les États-Unis cherchent un nouveau départ avec Cuba", mais "il reste encore un long trajet à faire pour dépasser des décennies de méfiance". Nous avons lancé des conversations pour rétablir le service postal direct entre nos deux pays et nous avons accru les échanges artistiques et culturels.
« Le président Obama a dit publiquement que la libération de prisonniers politiques et les réformes économiques étaient positives pour le peuple cubain. Les USA espèrent que le gouvernement cubain tiendra au plus tôt ses promesses et qu’il fera preuve d’une plus grande ouverture pour démontrer sa volonté d’avoir des relations constructives avec son peuple. [...] Les USA estiment qu’une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays ne pourra vraiment commencer que lorsque le peuple cubain jouira des libertés politiques et économiques qui sont reconnues à l’échelle internationale et que cette organisation a tant défendues dans d’autres pays du monde.
« Ma délégation votera contre cette résolution. Les USA estiment qu’il est temps que cette organisation centre ses énergies sur le soutien à la lutte que mène le peuple cubain afin de décider de son propre avenir et qu’elle dépasse les gestes rhétoriques que signifie cette Résolution.
« Je vous remercie, monsieur le Président. »
La chef de la délégation du Nicaragua, dont le peuple a souffert dans sa chair la guerre sordide de Ronald Reagan qui lui a coûté tant de sang, a ensuite expliqué son vote. Son intervention a été massue.
Le scrutin a eu lieu : la Résolution a été voté par 187 pays contre 2 (les USA et Israël, son allié inséparable en génocide), avec trois abstentions (les îles Marshall, la Micronésie et Palau). Autrement dit, les 192 membres des Nations Unies ont participé au scrutin.
Celui-ci conclu, la représentation belge a, au nom de l’Union européenne, cette autre alliée des USA, a ouvert l’intervention des délégations désireuses d’expliquer leur vote.
Puis, seize pays, dont certains jouent un rôle marquant dans l’arène politique internationale, ont expliqué pourquoi ils avaient voté la Résolution : l’Uruguay, la Bolivie, l’Angola, Myanmar, le Suriname, le Belarus, Saint-Kitts-et-Nevis, le Laos, la Tanzanie, La Libye, la Syrie, le Soudan, le Vietnam, le Nigeria, Saint-Vincent-et-Grenadines et la République populaire et démocratique de Corée, dans cet ordre.
Je me permets de rappeler que de nombreux pays se sont abstenus de prendre la parole à la demande même de notre délégation afin que les débats ne s’étendent pas trop, ce qui aurait nui, compte tenu de l’heure, à leur divulgation et que la séance ne se convertisse pas en un marathon du fait d’un trop grand nombre d’orateurs. Il n’empêche que trente-sept délégations ont défendu d’une manière claire et précise le juste projet que l’Assemblée générale des Nations Unies venait d’approuver pour la dix-neuvième fois, ce débat ayant été le plus long et le plus énergique à ce jour sur ce point délicat et important.
C’est à 16 h 17 que le ministre cubain des Relations extérieures a utilisé son droit de réponse au nom de Cuba. Voilà l’essentiel de ses propos, bien que presque tous aient été essentiels :
« Monsieur le Président,
« Je remercie beaucoup les treize orateurs et les délégations présentes à cette séance improvisée de l’après-midi.
« Au sujet des affirmations des USA et de l’Union européenne : « Voilà donc la dix-neuvième fois que la délégation étasunienne nous ressasse la même rengaine.
« Le blocus et un acte de guerre économique et un acte de génocide. « Serait-ce que le département d’État ne fait pas bien son travail, qu’il n’a pas étudié la question ?
« L’an dernier, j’ai lu ici-même les articles correspondants des Conventions de Genève…
« Et aujourd’hui, j’ai lu le fameux mémorandum de M. Mallory.
« Ce sont pas là des "arguments idéologiques" du passé. Le blocus est un vieux vestige de la Guerre froide. Le point en débat, ce n’est pas la rhétorique, mais l’agression commise contre Cuba.
« Les USA n’ont pas l’intention d’aider ni d’appuyer le peuple cubain. Le blocus cause des privations et des souffrances, et s’il ne provoque pas de morts, c’est parce que la Révolution cubaine l’empêche. Comment pourrait-on justifier que des enfants cubains soient punis de la manière que j’ai expliquée ici ? Si les USA voulaient vraiment aider ou appuyer le peuple cubain, il leur suffirait tout bonnement de lever sur-le-champ le blocus.
« Pourquoi interdit-on aux Étasuniens de venir à Cuba et de se faire eux-mêmes leur propre opinion ? Pourquoi restreint-on les contacts dits "de peuple à peuple" ?
« Les prétextes avancés pour justifier le blocus ont évolué au fil du temps. Ça a d’abord été notre prétendue appartenance à l’axe sino-soviétique, puis l’exportation de la Révolution en Amérique latine, puis la présence de troupes cubaines en Afrique pour aider à liquider l’apartheid, préserver l’indépendance de l’Angola et assurer celle de la Namibie.
« Ensuite, la manipulation du thème des droits humains. Or, le blocus est justement une violation brutale des droits humains des Cubains.
« Nous sommes disposés à discuter de violations des droits humains. Et nous pouvons commencer par celles du camp de concentration de Guantánamo où l’on torture et où l’habeas corpus n’existe pas, car c’est le règne des "commissions militaires", en marge de tout droit. La délégation étasunienne pourrait-elle nous expliquer ce qu’il s’est passé dans les camps d’Abu Ghraib, de Bagram et de Nama ? A-t-on jugé les responsables ? A-t-on jugé ceux qui, au sein des gouvernements européens, ont autorisé les prisons secrètes dans ce continent et les vols de la CIA emportant des personnes séquestrées ? Le représentant de l’Union européenne pourrait-il nous expliquer ça un peu mieux ?
« Ou bien alors peut-être pourrions-nous parler de Wikileaks… Pourquoi ne nous racontez-vous pas quelque chose au sujet des atrocités et des crimes qui apparaissent dans 75 000 documents sur l’Afghanistan et dans 400 000 sur l’Iraq ?
« Les changements à Cuba, c’est du ressort des Cubains. Nous changerons tout ce qu’il faut changer pour le bien des Cubains, mais nous ne demanderons jamais son opinion à l’administration étasunienne. Nous avons choisi librement notre destinée. C’est bien pour ça que nous avons fait une Révolution. Ce seront des changements souverains, pas des "gestes". Nous savons d’ailleurs pertinemment que le seul changement valable pour les USA serait que nous instaurions un gouvernement à leur solde. Mais ça n’arrivera pas !
« Vous voulez une coopération entre nos universités ? Eh bien, levez les restrictions aux échanges savant, universitaires, scientifiques et culturels et permettez la signature d’accords entre elles.
« Vous voulez une coopération en matière de trafic de drogues, de terrorisme, de traite d’être humains, de catastrophes naturelles, de courrier postal ? Eh bien, répondez au moins aux propositions que nous vous avons soumises sans aucune condition voilà plus d’un an.
« Un haut fonctionnaire de l’US/AID a confirmé hier au journaliste Tracey Eaton que son organisme avait fait parvenir, durant la dernière période, 15,6 millions de dollars à "des individus sur le terrain à Cuba". C’est ainsi que vous appelez vos mercenaires…
« Les transmissions illégales de radio et de télévision se poursuivent.
« Les cinq Cubains antiterroristes sont toujours injustement en prison. Gerardo Hernández Nordelo a été soumis sans motif, voilà peu, à un emprisonnement cellulaire et privé d’une aide médicale.
« Des terroristes internationaux avérés comme Orlando Bosch et Posada Carriles déambulent en toute liberté dans les rues de Miami où ils font même des activités politiques.
« Le blocus, abusivement extraterritorial, porte préjudice à tous les pays ici présents. Il est loin d’être un fait bilatéral.
« Monsieur le Président,
« Je n’ai pas grand-chose à ajouter à l’adresse de l’Union européenne. « Nous ne lui reconnaissons absolument aucune autorité morale ni politique pour faire des critiques en matière de droits humains.
« Elle ferait mieux de s’occuper de sa politique brutale contre les immigrants, de ses déportations de minorités, de sa violente répression contre des manifestants et de l’exclusion sociale croissante de ses chômeurs et de ses secteurs à moindre revenu. « Le Parlement européen n’a pas le moindre scrupule d’accorder des prix infâmes aux agents à la solde de l’administration étasunienne à Cuba.
« L’Union européenne se fait des illusions si elle croit pouvoir normaliser ses relations avec Cuba sans supprimer la Position commune !
« Je vous remercie. »
Nous attendions tous la réponse des États-Unis à celle de Bruno. Le mieux qu’aient pu faire l’ambassadeur et sa délégation – qui ne nous pas fait du moins le coup du mépris en abandonnant la salle – ça a été de résister de pied ferme à cette volée d’arguments irréfutables. La réplique de Cuba les a paralysés : j’ai eu la sensation qu’ils s’évanouissaient progressivement avant de disparaître de la scène.
Malgré ces cinquante ans de blocus, la superpuissance n’a pas pu et ne pourra pas vaincre la Révolution cubaine. Je ne me suis pas amusé à compter les voix pour et contre la Résolution. J’ai constaté en revanche la chaleur et la conviction de ceux qui sont intervenus contre cette mesure injuste et arbitraire. C’est une erreur de croire qu’elle pourra se maintenir indéfiniment. On a assisté à un soulèvement. Les peuples en ont assez des agressions, des pillages, des abus et des duperies.
Les délégations n’avaient jamais protesté avec autant de vigueur contre la façon dont les USA se moquent avec mépris de la communauté internationale qui condamne à juste titre un acte de génocide réitéré d’année en année. Les peuples sont conscients que le plus grave, c’est le pillage systématique des ressources naturelles imposé à la plupart d’entre eux, la pénurie progressive d’aliments, la destruction de l’environnement, la quantité croissante de guerres contre d’autres peuples à partir de bases militaires installés dans plus de soixante-quinze pays et le danger accru d’une guerre qui serait suicidaire pour tous les peuples du monde.
L’ONU ne peut exister sans les peuples qui exigent la levée du blocus. Cette institution, née alors que l’immense majorité d’entre nous n’étaient même pas indépendants, à quoi sert-elle sans nous ? À quoi donc parler de nos droits si nous ne pouvons même pas demander la levée du blocus appliqué à un petit pays ? On nous a, d’une façon ou d’une autre, subordonnés aux intérêts des USA et de l’OTAN, une organisation belliciste qui dépense tous les ans plus d’un billion de dollars en guerres et en armements, une somme qui suffirait largement à apporter l’essentiel à tous les peuples du monde.
De nombreux pays du Tiers-monde sont contraints de chercher des solutions, indépendamment de ce qui arrive aux autres, ce qui revient à marcher sur un tapis roulant se déplaçant de plus en plus vite en sens inverse.
Il nous faut une ONU vraiment démocratique, et non un fief impérial où l’immense majorité des peuples du monde compte pour du beurre. L’ONU, fondée avant la fin de la Seconde Guerre mondial, est au bout du rouleau. Ne nous laissons pas imposer le rôle ridicule consistant à nous réunir une fois de plus dans douze mois pour qu’on se moque de nous. Faisons sentir notre poids et sauvons la vie de notre espèce avant qu’il ne soit trop tard.
Fidel Castro Ruz
Le 1er novembre

mercredi 3 novembre 2010

conseil d'administration de la FDSEA 03

Aujourd'hui la FDSEA 03 s'est réunie en conseil 'administration  hormis les tribulations du syndicat caméléon de la chambre d'agriculture , nous avons beaucoup débattu du climat social de la bonne participation des adhérents aux manifs contre la réforme des retraites et économique qui secoue le pays et notre métier .
a part les céréale qui bénéficient d'une embellie passagère toutes les productions sont dans le rouge , la chambre avoue que le nombre d'exploitations qui s'adressent au service des exploitations en difficulté est multiplié par quatre depuis janvier 2010!
Nous pouvons sans nous tromper annoncer, que la moitié des exploitation sur l'Allier sont sur le point de bascule , par déduction irréfutable il est clair que tous le monde ;dans les coop , au crédit ,dans les assurances, à la MSA ont pour consigne de minimiser la crise , imaginez l'effet domino si chaque exploitation déposait le bilan , j'ai sur moi le passif qui est dehors pour une  coop , c'est à donner le vertige et encore elle ne couvre qu 'un tiers du département ,
 Non l'agriculture part à la dérive et vite si rien ne change d'ici un an , ce sera un cataclysme économique autrement plus important que la crise immobilière aux USA !
Pendant ce temps la FNSEA divise pour régner et tenter d'éteindre l'incendie qui couve,ce qui  m'étonne c'est que d'autres très proche de nous ne font rien pour répondre à nos invitations de lutte commune comprendra qui pourra !

Hortefeux n'est pas venu , un président de communauté de commune pas clair!


Ainsi le M..S..inistre Hortefeux s'est décommandé juste avant l'inauguration , pas venu piétiner mon canton ! 
D'après certains témoignages des élus locaux mis devant le fait accompli ont décliné l'invitation , car d'après les bruits de téléphone, le président de la communauté de commune avait décidé seul cette invitation , les délégués n'ont pas apprécié , du coup une inauguration au ras des pâquerette , de plus nous nous étions chargés de mettre la pression afin de ne laisser aucune illusion à cet apprenti sorcier élever dans le luxe de Neuilly ; résultat des courses pas de tête blonde à l'horizon , le canton ne s'en portera pas plus mal , mais je ferai partie de ceux qui veilleront au grain! 
A l'avenir , nous pourrons nous interroger sur l'intégrité politique du président de la communauté de commune ........ 
   Bizarre vous avez dit bizarre ?  

mardi 2 novembre 2010

Quelques photos d'automne , histoire de se rappeler que la nature continue, son cycle!
























cliquez sur les images pour agrandir


Prendre son appareil , ne serais ce qu'une heure ,et respirer  un peu . L'automne , saison merveilleuse nous fait oublier- tout comme les promesses du capital- qu'elle nous emmène au coeur de l'hiver si rude pour les humbles.

Le monde diplomatique : une analyse objective

Pour sortir de la nasse
Par Slavoj Zizek *
A Madrid, Athènes, Bucarest ou Paris, la colère populaire témoigne d'une exaspération sociale, d'un profond désir de changement. Manquent encore la stratégie politique permettant de le faire aboutir et l'espérance qu'il adviendra. Faut-il prendre le risque de laisser passer l'occasion au motif que les conditions de sa réalisation n'existent pas encore ? Ou faire le pari que parfois «l'impossible arrive » ? Philosophe. Auteur de “Living in the End Times”, Verso, Londres, 2010.
Article paru dans “LE MONDE DIPLOMATIQUE” Novembre 2010
LES MOUVEMENTS de protestation qui déferlent en Europe cette année contre les politiques d'austérité — en Grèce et en France, mais aussi, dans une moindre mesure, en Irlande, en Italie, en Espagne —ont donné le jour à deux fictions. La première, forgée par le pouvoir et les médias, repose sur une dépolitisation de la crise : les mesures de restriction budgétaire édictées par les gouvernements sont mises en scène non comme un choix politique, mais comme une réponse technique à des impératifs financiers. La morale, c'est que si nous voulons que l'économie se stabilise, nous devons nous serrer la ceinture. L'autre histoire, celle des grévistes et des manifestants, postule que les mesures d'austérité ne constituent qu'un outil aux mains du capital pour démanteler les derniers vestiges de l'Etat-providence. Dans un cas, le Fonds monétaire international (FMI) apparaît comme un arbitre ayant à coeur de faire respecter l'ordre et la discipline; dans l'autre. il joue encore une fois son rôle de supplétif de la finance mondialisée.
Si ces deux perspectives contiennent chacune quelques éléments de vérité. l'une comme l'autre sont fondamentalement erronées. La stratégie de défense des dirigeants européens ne tient évidemment pas compte du fait que l'énorme déficit des budgets publics résulte en grande partie des dizaines de milliards engloutis dans le sauvetage des banques, et que le crédit accordé à Athènes servira en premier lieu à rembourser sa dette aux banques françaises et allemandes. L'aide européenne à la Grèce n'a d'autre fonction que de secourir le secteur bancaire privé. En face, l'argumentaire des mécontents trahit à nouveau l'indigence de la gauche contemporaine : il ne contient aucun volet programmatique, juste un refus de principe de voir disparaître les acquis sociaux. L'utopie du mouvement social ne consiste plus à changer le système, mais à se convaincre que celui-ci peut s'accommoder du maintien de l'Etat-providence. Cette position défensive appelle une objection difficile à réfuter : si nous demeurons dans les clous du système capitaliste mondialisé, nous n'avons pas d'autre option que d'accepter les sacrifices imposés aux travailleurs, aux étudiants et aux retraités.
Une chose est sûre : après des décennies d'Etat-providence durant lesquelles les coupes budgétaires restaient limitées et toujours accompagnées de la promesse que les choses
reviendraient un jour à la normale. Nous entrons à présent dans un état d'urgence économique permanent. Une ère nouvelle, qui porte en elle la promesse de plans d'austérité toujours plus sévères, d'économies toujours plus drastiques sur la santé, les retraites et l'éducation, ainsi que d'une préconisation accrue de l'emploi. Dos au mur, la gauche doit relever le défi redoutable consistant à expliquer que la crise économique est d'abord une crise politique — qu'elle n'a rien de naturel, que le système existant résulte d'une série de décisions intrinsèquement politiques —, tout en restant consciente que ce système, aussi longtemps que l'on se situe dans son cadre, obéit à une logique pseudo-naturelle dont on ne saurait bafouer les règles sans provoquer un désastre économique.
Il serait illusoire d'espérer que la crise toujours à l'oeuvre n'aura que des conséquences limitées et que le capitalisme européen continuera de garantir un niveau de vie correct à une majorité de la population. Et quelle étonnante conception de la radicalité que de miser sur le seul concours des circonstances pour atténuer les dégâts de la crise... Ce ne sont certes pas les anticapitalistes qui manquent. Nous sommes littéralement submergés de réquisitoires contre les horreurs du capitalisme : jour après jour déferlent les enquêtes journalistiques, les reportages télévisés et les ouvrages à succès consacrés aux industriels qui saccagent l'environnement, aux banquiers corrompus qui s'engraissent de bonus faramineux tandis que leurs coffres siphonnent l'argent public, aux fournisseurs des chaînes de prêt-à-porter qui emploient des enfants douze heures par jour.
Pourtant, aussi tranchantes que ces critiques puissent paraître, elles s'émoussent en sortant du fourreau : jamais elles ne remettent en question le cadre libéral-démocratique au sein duquel le capitalisme exerce ses ravages. L'objectif, explicite ou implicite, consiste invariablement à réguler le capitalisme — sous la pression des médias, du législateur ou d'enquêtes policières honnêtes — et surtout pas à contester les mécanismes institutionnels de l'Etat de droit bourgeois.
Des révolutions... oui, mais à bonne distance
C'EST là que l'analyse marxiste conserve toute sa fraîcheur, aujourd'hui peut-être plus que jamais. Pour Marx, la question de la liberté ne se situe pas en première ligne au sein de la sphère politique, celle du moins à laquelle se réfèrent les institutions internationales lorsqu'elles jugent d'un pays : les élections y sont-elles libres, les juges indépendants, les droits de l'homme respectés? La clé d'une liberté véritable est à chercher plutôt dans le réseau « apolitique » des relations sociales, depuis le travail jusqu'à la famille, où ce n'est pas la réforme politique qui apporterait le changement nécessaire, mais une transformation des relations sociales dans l'appareil de production.
Jamais en effet on ne demande aux électeurs d'établir qui doit posséder quoi, ou de se prononcer sur les normes de management en vigueur sur leur lieu de travail. Inutile d'espérer que la sphère politique consente à étendre la démocratie à ces domaines
relégués loin d'elle, en organisant par exemple des banques « démocratiques » sous contrôle des citoyens. Dans ce domaine, les transformations radicales se situent au-delà de la sphère des droits légaux.
Il arrive, bien sûr, que les procédures démocratiques débouchent sur des conquêtes sociales. Mais elles n'en demeurent pas moins un rouage de l'appareil d'Etat bourgeois, dont le rôle consiste à garantir la reproduction optimale du capital. Deux fétiches doivent donc être renversés simultanément : celui des « institutions démocratiques », d'une part, mais aussi celui de leur contrepartie négative, la violence.
Au coeur de la notion marxiste de lutte des classes, l'idée prévaut que la vie sociale «paisible» manifeste la victoire (temporaire) de la classe dominante. Du point de vue des opprimés, l'existence même de 1 'Etat, en tant qu'appareil de la classe dominante, constitue un acte de violence. Le credo selon lequel la violence n'est jamais légitime, mais parfois nécessaire, apparaît largement insuffisant. Dans une perspective radicale et émancipatrice, les termes du postulat devraient s'inverser : la violence des opprimés est toujours légitime — puisque leur statut même résulte d'une violence — mais jamais nécessaire : le choix de recourir ou non à la force contre l'ennemi relève strictement d'une considération stratégique.
Dans l'état d'urgence économique que nous connaissons, il saute aux yeux que nous avons affaire non à des mouvements financiers aveugles, mais à des interventions stratégiques mûrement pesées par les pouvoirs publics et les institutions financières, lesquels entendent résoudre la crise selon leurs propres critères et à leur propre avantage. Comment, dans ces conditions, ne pas envisager une contre-offensive ?
De telles considérations ne peuvent qu'ébranler le confort des intellectuels radicaux. A mener une existence moelleuse et protégée, ne sont-ils pas tentés de bâtir des scénarios-catastrophes pour justifier la conservation de leur niveau de vie? Pour nombre d'entre eux, si une révolution doit avoir lieu, c'est à bonne distance de leur domicile — à Cuba, au Nicaragua, au Venezuela —, afin qu'ils se réchauffent le coeur tout en veillant à la promotion de leurs carrières. Pourtant, avec l'effondrement de l'Etat-providence dans les économies industrielles avancées, les intellectuels radicaux pourraient trouver leur moment de vérité : ils voulaient un vrai changement, maintenant ils peuvent l'avoir.
Rien ne justifie que l'état d'urgence économique permanent conduise la gauche à abandonner le travail intellectuel patient, sans utilité pratique immédiate. Pourtant, progressivement disparaît la fonction véritable de la pensée. Non pas proposer des solutions aux problèmes que rencontre «la société» — c'est-à-dire l'Etat et le Capital —, mais réfléchir à la façon même dont ces questions se posent. C'est-à-dire interroger sur la façon dont nous percevons un problème donné.
Au cours de la dernière période du capitalisme post-1968, l'économie elle-même —la logique du marché et de la concurrence — s'est imposée comme l'idéologie
hégémonique. Dans le domaine de l'éducation, par exemple, l'école représente de moins en moins un service public indépendant du marché, choyé par l'Etat et sanctuaire de valeurs éclairées — liberté, égalité, fraternité. En vertu de la formule liturgique «à moindres coûts, meilleure efficacité », elle s'est laissé envahir par diverses formes de partenariat public-privé. Dans le domaine politique, le système électoral qui organise et légitime le pouvoir paraît de plus en plus se modeler sur la libre entreprise : le scrutin est conçu comme une transaction commerciale au cours de laquelle les électeurs «achètent» l'article susceptible de préserver au mieux l'ordre social, de punir les criminels, etc.
En vertu du même principe, des fonctions réservées jadis à la force publique, comme la gestion des prisons, sont désormais privatisables. L'armée ne repose plus sur la conscription mais sur le mercenariat. Même la bureaucratie d'Etat a perdu son caractère universel hégélien, comme le montre à satiété l'appareil berlusconien. Dans l'Italie d'aujourd'hui, c'est la base bourgeoise qui exerce directement le pouvoir légal, exploitant celui-ci ouvertement et sans scrupules à seule fin de protéger ses intérêts. Il n'est pas jusqu'aux relations de couple qui ne s'adossent aux lois du marché : speed dating, rencontres sur Internet ou agences matrimoniales, les services proposés aux futurs partenaires les incitent à se considérer comme des marchandises, dont il leur incombe de vanter les qualités et de sélectionner les meilleures photos.
Aux confins d'une telle constellation, l'idée même d'une transformation radicale de la société ressemble à un rêve impossible. Mais c'est cet impossible, justement, qui doit nous arrêter et nous faire réfléchir. Aujourd'hui, la répartition entre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas s'organise de manière étrange, avec un même excès dans la définition de chaque catégorie. D'un côté, dans le domaine des loisirs et des technologies. On nous martèle que « rien n'est impossible» : nous pouvons jouir d'un vaste éventail de prestations sexuelles, des archives encyclopédiques de chansons, de films et de séries télévisées nous sont accessibles par téléchargement, nous pouvons même voyager dans l'espace (si nous sommes milliardaires). Et on nous promet que, dans un futur proche, il sera «possible» d'optimiser nos capacités physiques et psychiques par la manipulation du génome humain. Même le rêve technognostique de l'immortalité semble désormais à portée de main, par la transformation de nos identités en applications informatiques téléchargeables sur divers appareils.
Dans le domaine socio-économique, en revanche, notre époque se caractérise par la croyance en une humanité parvenue à pleine maturité, ayant su renoncer aux vieilles utopies millénaires et accepter les contraintes de la réalité (entendre : de la réalité capitaliste), avec tous les impossibles qui l'arment. «Vous ne pouvez pas» est son mot d'ordre, son premier commandement : vous ne pouvez pas vous engager dans de grandes actions collectives, qui s'achèveront nécessairement en terreur totalitaire ; vous ne pouvez pas vous accrocher à l'Etat-providence, sous peine de perdre votre compétitivité et de provoquer une crise économique ; vous ne pouvez pas vous couper du marché mondial, sauf à faire allégeance à la Corée du Nord. L'écologie, dans sa
version idéologique, ajoute à cet inventaire ses propres interdits, ces fameuses valeurs planchers — pas plus de deux degrés de réchauffement climatique — basées sur des avis d'experts.
« L’impossible arrive »
AUJOURD'HUI, l'idéologie dominante s'efforce de nous persuader de l'impossibilité d'un changement radical, de l'impossibilité d'une abolition du capitalisme, de l'impossibilité de la création d'une démocratie qui ne se réduirait pas à un jeu parlementaire corrompu, réussissant du même coup à rendre invisible l'antagonisme qui traverse nos sociétés. C'est pourquoi Jacques Lacan, pour surmonter ces barrières idéologiques, substituait à la formule «tout est possible» le constat plus sobre que «l'impossible arrive».
MM. Evo Morales en Bolivie. Hugo Chàvez au Venezuela ou le gouvernement maoïste du Népal sont parvenus au pouvoir par des élections démocratiques « équitables ». Et non par l'insurrection. Leur situation n'en est pas moins « objectivement» désespérée: ils prennent à contre-courant le flux de l'histoire et ne peuvent s'appuyer pour cela sur aucune « tendance objective ». Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est improviser dans une situation apparemment sans issue. Mais est-ce que cela ne leur donne pas aussi une liberté exceptionnelle ? Et ne sommes-nous pas tous, à gauche, dans la même galère ?
Notre situation actuelle se situe à l'exact opposé de celle qui prévalait au début du XX siècle, quand la gauche savait ce qu'elle devait faire, mais devait attendre patiemment le moment propice pour passer à l'acte. Aujourd'hui, nous ne savons pas ce que nous devons faire, mais nous devons agir tout de suite, car notre inertie pourrait bientôt avoir des conséquences désastreuses. Plus que jamais. nous sommes contraints de vivre comme si nous étions libres.
SLAVOJ ZIZEK.
(Ce texte reprend une analyse publiée par la New Left Review, ri' 64, Londres, juillet-août 2010.)

L'étranger ne nous comprendrait pas selon les médias à la solde de l'Elisée ; Ha bon lisons ce qu'écrit ce journaliste dans The Guardian




Par Mark Weisbrot, The Guardian, 20 octobre 2010 - extrait
Une fois encore, la plupart des médias disent que les français sont irréalistes et devraient accepter la réforme comme tout le monde. Avec pour argument le fait que l’espérance de vie augmentant, nous devrions tous travailler plus longtemps. Mais cela revient à ne rendre compte que de la moitié du score d’un match de baseball (ou de football, si vous préférez). L’autre moitié, c’est que la productivité et le PIB s’accroissent également avec le temps, et qu’il est de ce fait possible pour les Français de choisir de bénéficier d’une retraite plus longue et de la financer.
L’âge de la retraite en France a été modifié la dernière fois en 1983. Depuis lors, le PIB par personne a augmenté de 45%. L’augmentation de l’espérance de vie est très faible en comparaison. Le nombre de travailleurs par retraité est passé de 4,4 en 1983 à 3,5 en 2010, mais la croissance du revenu national a été bien plus que suffisante pour compenser l’évolution démographique, y compris l’évolution de l’espérance de vie.
La situation est similaire concernant le futur : la croissance du revenu national au cours des 30 ou 40 prochaines années sera bien plus que suffisante pour financer les augmentations des dépenses de pension due à l’évolution démographique, tout en permettant aux générations futures de bénéficier d’un niveau de vie bien plus élevé qu’aujourd’hui. Il s’agit d’un choix social, consistant à déterminer de combien d’années de retraite les gens veulent bénéficier et comment ils veulent les financer.
Si les Français veulent conserver l’âge de la retraite actuel, il existe de nombreux moyens de financer les coûts futurs des pensions, sans nécessairement augmenter l’âge de la retraite. L’un d’eux, qui a le soutien entre la gauche française (et que Sarkozy promeut au niveau international), consisterait en une taxe sur les transactions financières. Une telle « taxe sur la spéculation » pourrait lever des milliards de dollars de recettes - comme c’est le cas actuellement au Royaume-Uni -, tout en décourageant les transactions spéculatives sur les actifs financiers et les produits dérivés. Les syndicats français et les manifestants exigent que le gouvernement examine quelques-unes de ces solutions alternatives progressistes.
Il est donc tout à fait raisonnable de s’attendre à ce qu’avec l’augmentation de l’espérance de vie, les travailleurs puissent bénéficier d’une retraite plus longue. Et c’est ce que la plupart des citoyens français attendent. Ils n’ont peut-être pas vu tous les chiffres, mais ils saisissent intuitivement que lorsqu’un pays s’enrichit d’année en année, ils ne devraient pas avoir à travailler plus longtemps.
L’augmentation de l’âge de la retraite est une mesure très régressive, qui va frapper les personnes qui travaillent le plus durement. Les travailleurs les plus pauvres ont une espérance de vie plus courte et perdraient une proportion plus élevée de leurs années de retraite. Les salariés qui doivent prendre une retraite anticipée pour cause de chômage ou d’autres difficultés auront une pension réduite à la suite de cette décision. Et, bien entendu, cette réduction ne concerne pas les plus riches, qui ne comptent pas sur le système public pour assurer la plus grande part de leurs revenus durant la retraite.
La France a un niveau d’inégalité plus faible que la plupart des pays de l’OCDE et est l’un des seuls cinq pays - sur 30 - qui les a vu se réduire (pdf) entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 2000. Elle a également connu la plus forte baisse de l’inégalité de cet échantillon, bien que cela se soit déroulé entre le milieu des décennies 1980 et 1990.
Jusqu’à présent, la France a résisté à quelques-uns au moins des changements qui ont fait régresser la situation des travailleurs et, surtout, des citoyens à faible revenu dans les pays riches. Les autorités européennes (y compris la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International) impulsent une accélération de ces mesures régressives dans les économies les plus faibles de la zone euro (comme la Grèce, l’Espagne et l’Irlande). Ces institutions, tout comme de nombreux politiques, tentent d’utiliser les problèmes économiques actuels de l’Europe comme prétexte pour adopter des réformes droitières.
Les sondages montrent que plus de 70% des sondés soutiennent les grévistes en France, malgré les inconvénients des pénuries de carburant et des autres perturbations. Les Français sont fatigués de leur gouvernement de droite, et cela explique aussi ces protestations. Malgré la faiblesse du parti socialiste aux élections récentes, la gauche est plus forte en France que dans de nombreux autres pays, et elle a la capacité et la volonté d’organiser des manifestations de masse, des arrêts de travail et des campagnes de sensibilisation.
En fait, les Français se battent pour l’avenir de l’Europe - et sont un bon exemple pour les autres pays. Nous ne pouvons qu’espérer qu’aux États-Unis, nous serons en mesure de repousser toute mesure contre notre système de sécurité sociale - bien moins généreux - lors des attaques sur les prestations qui se profilent à l’horizon.
Mark Weisbrot

Un député , une démonstration formidable , Jean Pierre BRARD UN GRAND UN TRES GRAND ,un digne disciple de JAURES


Si la démocratie  existait comme disait mon ami Daniel , ce discours aurait fait la une des journaux , des JT , en plus ce député a une verve à la Victor Hugo , et une vérité tellement éblouissante qu'elle vous fait cligner les yeux , c'est un discours qui entre de fait dans l'histoire ; l'Histoire de la république démocratique  






Formidable exposé de la situation de Jean Pierre Brard
envoyé par achblog. - L'actualité du moment en vidéo.

lundi 1 novembre 2010

Sur Bellacio en pensant à tous les camarades qui se sont tant battu pour nos acquits, à tous ceux qui sont tombés sous les balles nazis , à mes camarades morts car ils en ont oubliés de se soigner , à mon père qui en 45 en a perdu un oeil , à ceux du métro Charonne, à tous ceux qui ont été jetés comme des mal- propres , à toutes celles et tous ceux de 1848 ,DE 1871 , DE 1936 DE 40/ 45 à TOUS CES MILLIONS DE GENS CONSCIENTS QUE L' ETRE HUMAIN VAUT MIEUX QUE N' IMPORTE QUELLE FORTUNE

Cuba : les !USA condamnés à l'ONU par 187 nations contre 2 . Lisez ce discours du ministres Cubain il nous apprend plusieurs choses et nous enlève beaucoup d'idées reçues!

LGS publie ici le plaidoyer à l’ONU du Ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, dans lequel le lecteur non averti découvrira trois choses :
1 - Il ne s’agit pas d’une question bilatérale entre Cuba et les Etats-Unis. Le blocus a une application extraterritoriale qui concerne beaucoup d’autres Etats, y compris la France, et d’autres pays européens. Des entreprises françaises peuvent être frappées de lourdes sanctions en cas d’infraction aux lois états-uniennes sur le blocus).

2- Il inflige d’inutiles souffrances physiques à des enfants.
3- Sur ce point, Obama et Bush, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

C’est pourquoi 187 pays, dont la plupart sont loin de voir en Cuba un modèle (cela n’est pas nécessaire), viennent de dire aux USA d’arrêter ça. La résolution de l’ONU intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis d’Amérique contre Cuba » a en effet été adoptée le 26 octobre 2010 par 187 nations, contre 2 (Les Etats-Unis et Israël) et 3 abstentions (La Micronésie, Les Îles Marshall et Palau).
LGS.

Discours du Ministre des affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, dans la session de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à cuba par les États-Unis d’Amérique ». New York, le 26 octobre 2010.
Monsieur le Président,
De graves dangers, des dangers imminents, menacent l’existence de notre espèce. Pour préserver la vie humaine, il faut préserver la paix. Rien que l’emploi d’une partie minime de l’énorme arsenal nucléaire serait la fin de l’espèce. La seule garantie qu’elles ne soient jamais employées par des États ni par qui que ce soit, c’est leur destruction et la non-fabrication d’armes classiques mises au point ces derniers temps et tout aussi meurtrières qu’elles. La seule solution est le désarmement.
Pour survivre, il est absolument indispensable que l’Humanité prenne toujours plus conscience, ce qui ne pourra se faire que par la diffusion d’une information véridique sur ces thèmes que la plupart des hommes politiques occultent ou ignorent, que la presse passe sous silence et qui sont si horribles pour les gens qu’ils préfèrent ne pas y croire.
Nous sommes à une nouvelle époque. Il incombe de toute urgence à cette Assemblée générale, comme ne cesse de le réclamer Fidel Castro, de mener une mobilisation mondiale visant à exiger le respect du droit des êtres humains et des peuples à la vie.
Bâtissons un autre ordre mondial ; établissons une morale collective fondée sur la solidarité humaine et la justice ; réglons les conflits par le dialogue et la coopération ; mettons un terme à l’égoïsme et au pillage qui conduisent à la guerre et au recours à la force. Face à ce danger sérieux, écartons ce qui nous oppose ou nous divise et unissons-nous pour sauver la paix, la planète et la vie des générations futures.
Monsieur le Président,
La politique des États-Unis contre Cuba ne repose, surtout en de pareilles circonstances, sur aucune fondation morale ou légale, n’est pas crédible et ne bénéficie d’aucun appui. Ainsi le démontrent les plus de 180 voix qui pendant les dernières années dans cette Assemblée Générale des Nations Unies ont réclamé la fin du blocus économique, commercial et financier. Dans le rapport du Secrétaire général mis à notre disposition, plus de 180 pays et agences spécialisées du système des Nations Unies fournissent des exemples de leur opposition à cette politique.
L’Amérique latine et la Caraïbe refusent énergiquement et à l’unanimité cette mesure. Le Sommet de l’unité tenu à Cancún en février 2010 l’a exprimé résolument. Les leaders de la région l’ont directement communiqué au président nord-américain. Nous pouvons affirmer qu’aussi bien la répudiation exprimée vis-à-vis du blocus que de la Loi Helms-Burton identifie, comme peu de thèmes, le patrimoine politique de la région.
Des visions également manifestes ont été ratifiées par le Mouvement des pays non alignés, les Sommets ibéro-américains, les Sommets de l’Amérique latine et la Caraïbe avec l’Union Européenne, l’Union africaine, le Sommet du Groupe ACP et pratiquement par tout ensemble de nations s’ayant prononcé en faveur du droit international et du respect des buts et des principes de la Charte des Nations Unies. Le consensus contre le blocus et en faveur d’un changement de politique envers Cuba est large et croissant dans la société nord-américaine et l’émigration cubaine dans ce pays. Des sondages récents démontrent que 71% des Étatsuniens préconisent la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis tandis, que 64% des citoyens de ce pays et une proportion semblable des Cubains résidant au sud de la Floride s’opposent à l’interdiction de voyager à Cuba qui déroge aux droits de l’individu.
Monsieur le président,
Deux ans après la proclamation du président des États-Unis « d’un nouveau début avec Cuba » et comme pour d’autres thèmes, les faits confirment que rien n’a changé. Il n’a pas utilisé ses prérogatives étendues pour assouplir le blocus.
Les sanctions contre Cuba demeurent intactes et sont appliquées avec une extrême rigueur.
En 2010 le blocus économique s’est durci et ses retombées quotidiennes sont toujours évidentes sur tous les aspects de la vie à Cuba. Il entraîne des conséquences sérieuses notamment dans des domaines si sensibles pour la population comme celui de la santé et l’alimentation.
Les services ophtalmologiques cubains ne peuvent pas avoir recours à la thérapie thermique trans-pupillaire au moyen d’un microscope chirurgical pour le traitement de la tumeur rétinoblastome, c’est-à-dire, du cancer de la rétine, chez les enfants parce qu’ils leur est impossible d’acquérir l’équipement nécessaire à ce traitement. Ces équipements ne peuvent être achetés qu’à la compagnie nord-américaine Iris Medical Instruments. L’absence de cette technologie ne permet pas d’administrer un traitement contre la tumeur de la rétine afin de garder l’œil affecté.
Les enfants cubains ne peuvent pas avoir à leur disposition le Sevofluorane, médicament anesthésique général d’inhalation, considéré le plus avancé et efficace pour l’induction anesthésique infantile et cela parce qu’il est interdit à son fabricant, la compagnie nord-américaine Abbot, de le vendre à Cuba.
Il nous est également impossible d’acheter le scanner à cohérence optique pour des études de la rétine et du nerf optique de la firme allemande Carl Zeiss parce qu’il contient des composantes fournies par la compagnie nord-américaine Humphrey.
Les conditions onéreuses et discriminatoires prévalant pour l’achat de denrées alimentaires aux Nord-Américains, prétendument dans le cadre d’une exception humanitaire alors qu’elles transgressent toutes les règles du commerce international, ont eu des retombées sur la diminution radicale des opérations pendant la dernière année. Réalité qui porte préjudice non seulement à notre peuple mais aussi aux agriculteurs nord-américains. Si quelqu’un dans cette salle qualifiait à nouveau de « partenaire commercial » un pays auquel Cuba ne peut vendre, ni une seule dose de médicament ni un gramme de nickel, il manquerait à la vérité.
Bien que Washington ait autorisé de manière sélective certains échanges culturels, universitaires et scientifiques, ils sont toujours soumis à des restrictions sévères. Des permis, des visas et d’autres autorisations ont été refuses, empêchant de mener à bien des projets multiples. L’interdiction pour les artistes cubains de percevoir des rémunérations au titre de leurs prestations dans ce pays est peu connue.
La chasse aux biens et aux avoirs cubains, aux transferts de capitaux depuis et vers Cuba concernant des institutions ou des individus résidant dans notre pays s’est intensifiée.
Les amendes imposés pendant cette dernière année par le Département du trésor et le Département de la justice à des organismes de leur pays ou européens dépassent au total les 800 millions de dollars. Le gouvernement nord-américain, en une escalade évidente, s’est aussi approprié des transferts réalisés en monnaies de pays-tiers comme l’euro. La confiscation d’un transfert s’élevant à plus de 107 mille euros appartenant à la compagnie Cubana de Aviación réalisé à travers Banco Popular Español depuis Madrid vers Moscou a été du vrai vol.
Le dommage économique direct causé au peuple cubain par l’application du blocus ces cinquante années durant dépasse les 751 milliards de dollars, chiffre calculé à partir de la valeur actuelle de cette monnaie.
Monsieur le président,
Malgré le refus universel à l’égard de cette politique, des hauts fonctionnaires de ce gouvernement ont réitéré qu’elle restera invariable. Le 2 septembre dernier, le président Obama lui-même a ratifié les sanctions contre Cuba évoquant le prétendu « intérêt national » des États-Unis. Pourtant, il est connu de tous que la Maison-Blanche continue de faire d’avantage attention aux « intérêts spéciaux », bien financés d’une minorité qui a fait de la politique contre Cuba une affaire très lucrative.

Il est évident que les USA n’ont pas la moindre intention d’éliminer le blocus. Il n’est même pas possible d’entrevoir la volonté de ce gouvernement de démanteler les aspects les plus irrationnels de ce qui constitue déjà l’ensemble de sanctions et des mesures économiques coercitives les plus larges et prolongées jamais mises en place contre un pays.
Au long de l’histoire, à chaque fois que les prétextes invoqués comme obstacles à la levée du blocus contre Cuba s’effondrent ils sont remplacés par de nouveaux prétextes afin de justifier le maintien d’une politique insoutenable à tout point de vue.
Très récemment, le 19 octobre, d’après plusieurs agences de presse, le président Obama a qualifié d’insuffisants les processus qui ont lieu à présent à Cuba. Il a conditionné tout nouveau pas à la mise en place de changements intérieurs qu’il souhaiterait voir dans notre pays. Le président a tort lorsqu’il se croit en droit de qualifier et de s’immiscer dans les processus en cours à Cuba. Il est regrettable qu’il soit si mal informé et conseillé.
Les transformations que nous entreprenons aujourd’hui répondent aux aspirations des Cubains et aux décisions souveraines de notre peuple. Elles cherchent à mettre à jour et à rendre plus efficace notre modèle économique, perfectionner notre société, renforcer notre culture et développer notre socialisme. Elles ne se proposent pas de faire plaisir au gouvernement des USA ou de satisfaire à leurs intérêts, jusqu’à présents contraires à ceux du peuple cubain.
Pour la superpuissance tout ce qui ne conduira pas à l’établissement d’un régime subordonné à ses intérêts sera toujours insuffisant. Or, cela n’arrivera jamais. Beaucoup de générations de Cubains ont consacré et consacrent leurs vies à la défense de la souveraineté et l’indépendance de Cuba.
En outre, le gouvernement nord-américain a ignoré les diverses déclarations et les propositions présentées par le gouvernement cubain, en public ou privé, qui ratifient notre volonté de renouer un dialogue sérieux et constructif dans des conditions d’égalité et de total respect de notre indépendance.
Les nouveaux projets de coopération présentés en 2010 par le gouvernement cubain n’ont pas reçu de réponse. Ils visent à avancer dans des thèmes d’intérêt commun comme le combat contre le trafic de stupéfiants et le terrorisme, la protection de l’environnement, la prévention de désastres naturels et même la manière d’agir face à des possibles accidents dans l’exploitation pétrolière dans le golfe du Mexique. Une fois de plus, l’on élude l’occasion de faire des progrès dans des domaines qui seraient bénéfiques aux deux peuples.
Au contraire, le gouvernement des USA a continué d’inclure à Cuba dans des fausses listes y compris celle des États qui prétendument parrainent le terrorisme international. Liste fabriquée par le Département d’Etat pour qualifier le comportement d’autres nations. Ce pays n’a pas d’autorité morale pour dresser des listes pareilles dont il devrait sans cesse être à la tête. Et il n’existe pas une seule raison pour inclure Cuba dans une de ces listes. Le gouvernement nord-américain maintient injustement incarcérés les cinq cubains combattants antiterroristes dont la cause a suscité la plus importante solidarité de la communauté internationale. Cuba, qui a été et continue d’être victime du terrorisme d’État, réclame au gouvernement des USA de mettre fin aux deux poids deux mesures et à l’impunité dont jouissent sur leur territoire les auteurs d’actes terroristes organisés sous la protection de la politique anti-cubaine de ce pays. Politique conçue pour nous déstabiliser, dans les années 60, et qui a inclus le sabotage, le détournement, l’assassinat et l’agression armée. Parvenir à y mettre fin serait une véritable contribution à la lutte internationale contre ce fléau.
Monsieur le président,
Il est révoltant et insolite que la politique de blocus et de subversion des États-Unis contre Cuba soit toujours guidée par la logique du mémorandum du sous-secrétaire d’État adjoint Lester D. Mallory, rédigé le 6 avril 1960, rendu public voilà quelques années et dont je cite le texte :
« La majorité des Cubains soutiennent Castro […] Il n’existe pas d’opposition politique effective […] Le seul moyen possible de lui faire perdre le soutien interne [au gouvernement] passe par le désenchantement et le découragement à travers l’insatisfaction économique et la pénurie […] Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement […] refuser faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement » . Fin de citation.
Il s’agit-là d’une politique d’agression, cruelle et absolument contraire au droit international que ce gouvernement persiste à maintenir sachant qu’elle est à l’origine de dommages, de souffrances et qui transgresse les droits humains de tout un peuple.
Ce n’est pas une question bilatérale telle que les représentants nord-américains ont l’habitude de le répéter. Son caractère extraterritorial marqué est fondé sur des lois nord-américaines. Il y a suffisamment d’exemples de l’application de mesures coercitives à l’encontre d’individus ou d’organismes dans des pays tiers.
Tenant compte de la nature et l’ampleur du blocus, il peut être qualifié d’acte de génocide conformément à l’article II de la Convention de Genève de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi qu’acte de guerre économique conformément à la Déclaration relative au droit de guerre maritime adopté en 1909.
Le blocus est un acte hostile et unilatéral qui doit prendre fin de manière unilatérale.
Une fois de plus, et au nom du peuple cubain, je demande aux représentants de tous les pays réunis ici de voter en faveur du projet de résolution que j’ai l’honneur de présenter sous le titre de « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique ».
Monsieur le président,
Nous, les Cubains, sommes fiers de notre œuvre. C’est grâce aux efforts consentis et aux sacrifices fait par les Cubains ainsi qu’à la volonté et l’engagement de leur gouvernement que cette guerre économique bien qu’elle cause des privations ne nous fait pas regretter la perte de vies humaines et n’arrive pas à provoquer un dommage traumatique et généralisé chez notre population.
Malgré la persécution économique, principal obstacle au développement du pays et à l’élévation du niveau de vie du peuple, Cuba a atteint des résultats incontestables dans l’élimination de la pauvreté et la faim ; dans les indicateurs de santé et éducation de référence mondiale ; dans la promotion de l’égalité entre les sexes ; dans la liberté et le bien-être équitable des Cubains ; dans le consensus sociale ; la participation démocratique des citoyens dans les décisions du pays ; la réparation des dommages causés à l’environnement et dans le développement de la coopération internationale avec une centaine de pays du tiers-monde. Voilà quelques semaines, Cuba a pu déclarer ici un niveau élevé et exceptionnel dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Les résultats atteints par Cuba sont encore une utopie pour une grande partie de la population de la planète.
Nous, les Cubains, envisageons notre destin historique avec optimisme, engagement et créativité. Nous sommes inspirés des sentiments de paix, justice et solidarité qui caractérisent notre peuple et de l’amitié avec laquelle le monde s’identifie avec notre île libre et rebelle.
Cuba sera toujours prête à entretenir des relations de paix et de respect avec les Etats-Unis comme celles qui l’unissent à l’immense majorité de la communauté internationale et à tout l’hémisphère.
Cuba ne renoncera jamais à dénoncer le blocus ni cessera de réclamer le droit légitime de son peuple à vivre et à travailler pour atteindre un développement socio-économique dans des conditions d’égalité en coopérant avec le reste de nations sans être soumise à un blocus économique ou à des pressions extérieures.
Cuba remercie la communauté internationale pour sa solidarité déterminée avec notre peuple, dans la certitude qu’un jour justice sera faite et que cette résolution ne sera plus nécessaire.
Je vous remercie.