Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".




RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

mardi 16 novembre 2010

A la FNSEA au MEDEF , on ne doit pas connaitre le sens des mots , ou alors la vie des hommes n'a aucune importance : ce doit ètre çà!

«Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdent leur liberté».........CONFUCIUS 











      LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE






La fraude des mots


Si les mots ont un sens, leur mauvaise utilisation peut nuire gravement à la démocratie. La manipulation du langage est une constante de tous les régimes totalitaires. Cela leur permet de changer le monde à leur avantage. Aucun mot n'est anodin, surtout utilisé par des spécialistes en communication.


Pour faire croire que dans une entreprise tout le monde est logé à la même enseigne, on ne parle plus de salariés mais de : «collaborateurs». Bien sur parfois il arrive que l'on soit obligé de se séparer de ses collaborateurs, lorsque par exemple les actionnaires demandent plus de dividendes, pardon, lorsque que l'on veut consolider l'entreprise pour lui permettre d'affronter la concurrence.


On licencie moins (bien), on restructure (pas bien). Les«restructurations» sont obligatoires pour faire face aux défis de notre temps : c'est à dire une meilleure exploitation des salariés. On se sépare donc d'une partie de ses collaborateurs, et pour ceux qui restent on négocie «la flexibilité», que l'on peut traduire par la mise à la disposition de l'employeur, ce que l'on appelait autrefois exploitation patronale.


Il faut aussi améliorer la «communication», c'est à dire intensifier la propagande du MEDEF via le gouvernement et les différents médias pour baisser «les charges patronales», autrefois dénommées cotisations sociales patronales. Faire comprendre
aux salariés que leurs «acquis sociaux» doivent être supprimés pour faire face aux difficultés de l'entreprise et affronter la mondialisation. En clair pour rémunérer grassement les actionnaires avec des stocks options, des bonus et des parachutes dorés.




Répéter inlassablement que les caisses sont vides que «l'état providence»ne peut pas tout. Mais peut-être devrions nous plutôt parler d'état re-distributeur, ce qui sousentend que s'il y a redistribution c'est qu'au départ il y a des inégalités. Et l'on retombe sur l'épineux problème du partage des richesses. Et comme la redistribution ne se fait que dans un sens, il faut en conclure que la providence ne se fait que pour une poignée
de privilégiés proches du pouvoir, pour lesquels les caisses ne sont jamais vides !
Pour faire avancer le pays N. Sarkozy nous parle constamment de «réforme de l'état» que l'on peut traduire par destruction des services publics. Ceci dans le but de brader la santé, l'éducation, l'énergie … aux entreprises des amis choisis par le pouvoir. Ces entreprises auront des collaborateurs, et pour améliorer la rentabilité on effectuera des restructurations. La baisse des charges et la flexibilité ne suffisant pas, l'Etat providence, qui fonctionne très bien pour eux, viendra à leur secours, et le
contribuable mettra la main à la poche. Le public finance le privé !


Il faut sortir le pays de «l'immobilisme», attention ne pas croire que l'on parle de ces familles qui sont aux affaires depuis des générations. Non, on parle de ces millions de travailleurs qui après de difficiles luttes ont réussi à améliorer leurs conditions. Cela n'a jamais plu à une droite revancharde.


Après toutes ces réformes vous avez de grandes chances de vous retrouver au chômage, c'est à dire en «période d'inactivité». Et là vous risquez de culpabiliser car qui dit inactif dit un peu fainéant. Mais le bon coté de la chose, c'est que même si vous tes au fond du trou, que vous devenez un déchet, sachez que maintenant avec le parler écologique on «valorise les déchets»


Un autre monde est  possible !

Conscience Citoyenne Responsable

lundi 15 novembre 2010

Bloquage de Bigard : une humiliation de plus pour les paysans...................

graphique
Exportation de la viande brésilienne  



Alors que la demande minimum était de 50cc d'e par KG de carcasse , La FNSEA a levé le camp en criant victoire et  obtenu 5cc et encore , sans savoir comment ils seront calculés , une honte , u ne humiliation pour les paysans , une fois de plus agro alimentaire pouvoir et FNSEA se sont mis d'accord sur le dos des paysans .
 Bruno Vif ,qui avait proposé  la logistique du fait de la présence dans l'Allier de SOCOPA à Villefranche , a dénoncé cet accord , estimant qu'il  ne représentait qu'un 12 eme des besoins minimum  et de plus , provoquait un écoeurement , un ras le bol des paysans , c'était une mascarade .
 Lematayer vient de perdre 19 % de popularité chez les paysans , cela prouve bien que nous ne sommes pas tout à fait idiots avec notre analyse  , le marasme est terrible les répercutions incalculables , et les drames humains seront encore plus nombreux demain , car les paysans se sentent de plus en plus abandonner .

   Les rapaces de toutes plumes se perchent sur les branches proches des exploitations et attendent que le paysan décroche , l' UMP qui noyaute la FNSEA à réussit son coup et les copains à Sarko peuvent se frotter les mains .
Pour nous , pas de surprise , j'avais annoncé la couleur aussitôt l'action commencée , je ne  pensait pas qu'ils pousseraient le bouchon aussi loin , comme quoi le nul est quelques fois encore plus nul que l'on ne l'attend!

Une mise au point intéressante sur la dette publique!

La dette de la France est d’environ 1200 milliards

Robert GIL
ce qui représente approximativement 16000 euros par habitant. Ces chiffres sont impressionnants, mais si vous même êtes propriétaire, vous avez un crédit, donc vous êtes endetté … mais vous n’êtes pas en faillite, vous possédez un capital immobilier.
Il en est de même pour les administrations ; elles ont aussi des avoirs sous forme de bâtiments, de terrains, et des actifs financiers en France et à l’étranger ! Et quelle est la valeur de notre patrimoine culturel et touristique ou de nos infrastructures ? Si l’on attribue à chaque citoyen une dette de 16000 euros, il faut admettre qu’il possède aussi un avoir de plusieurs centaines de milliers d’euros. La situation n’est donc pas catastrophique.
Il est malhonnête de parler de dette sans examiner les avoirs. On n’est pas en faillite simplement parce qu’on est endetté, mais seulement quand on a plus de dettes que d’avoirs. Mais si l’on brade ses biens, et que l’on continue à rembourser sa dette on se met soi-même dans une situation difficile.
L’argumentation de la dette publique n’est qu’un prétexte pour justifier de nouvelles privatisations. Un gouvernement qui baisse les impôts des plus riches et qui multiplie les cadeaux sans contrôle ni contrepartie, ne peut s’étonner de la hausse du déficit de l’Etat. Plus de 45 milliards d’euros transitent chaque année des finances publiques vers les caisses des banques ou des individus qui détiennent des bons du trésor.
La dette publique ne vient pas d’une hausse des dépenses, mais d’une baisse des recettes. L’État dispose d’un moyen dont les particuliers sont dépourvus : il fixe lui-même ses recettes par l’impôt, alors que ce n’est pas nous qui décidons de nos salaires ! Et quand on limite soi-même ses propres recettes, il faut bien trouver d’autres sources de financement : c’est l’emprunt. Et à qui emprunte-t-on sous forme d’obligations du Trésor ? Aux plus riches évidemment ; si au lieu de faire payer les plus riches par les impôts, le gouvernement leur emprunte, cela ne peut qu’aggraver le déficit ! Alors, pour payer, il faut vendre EDF, GDF, autoroutes, ouvrages d’art, patrimoine administratif, industriel etc. Il faut vendre nos services publics aux services privés, réduire les effectifs de la fonction publique et nos dépenses sociales, fermer nos maternités, nos hôpitaux. Il faut ouvrir le secteur public au secteur marchand.
L’Etat n’est plus qu’une courroie de transmission qui sert à enrichir les riches et appauvrir les pauvres. Il n’y a donc pas transfert entre générations comme l’on veut nous faire croire, mais transfert entre couches sociales. Les uns hériteront de la dette, les autres de l’argent de la dette !
La seule solution est l’annulation de la dette publique, l’expropriation des banques et des sociétés de finance pour constituer un service bancaire unique sous contrôle de la population. La dette est illégitime, son remboursement aussi !
Robert Gil.

dimanche 14 novembre 2010

Chez Jean Ferrat , pour souffler un peu , pendant cet été de la Saint Martin , avant l'hiver : En Images

De nuit , Antraigue  
Sur la place d'Antraigue
Une ruelle de ce village 
L'hommage à la fois simple et émouvant de milliers d'"amis" de JEAN
Sa Montagne 
Le vin ne sera plus tiré..............
toujours prenante cette Ardèche 
Simple mais tellement authentique.. 
JEAN repose dans ce petit cimetière rien ne le différencie des autres tombes , l'humilité jusqu'au bout.....
Mon Châtaignier.....

cliquez sur les photos pour agrandir

mardi 9 novembre 2010

Un poême que je remet en ligne aujourd'hui tellement le marasme est grand et incompris

               " Le paysan meurt"




Un paysan meurt ; un paysan disparaît
Une place de plus pour un agri manager
Un paysan meurt, un paysan disparaît
Le soleil se lève, le Pays peut toujours
manger


Un paysan meurt, un paysan disparait
Une école en danger , l'élu s'inquiète
Un paysan meurt, un paysan disparaît
Les commerces ferment ,ne rien laisser
paraître


Un paysan meurt , un paysan disparaît
Le village s'endort , priorité :se taire!
Un paysan meurt, un paysan disparaît
Le canton ralentit,comprendre :on essaient,


Un paysan meurt, un paysan disparaît
La campagne change : espace vert!
Un paysan meurt, un paysan disparaît
De Nouvelle Zélande ,le gigot apparaît


Un paysan meurt, un paysan disparaît
L'engrais augmenté, rien n'y parait
Un paysan meurt, un paysan disparaît
D'Amérique la viande arrive en "minerai"


Un paysan meurt, un paysan disparaît
Des friches , des landes ,on se met au vert
Un paysan meurt, un paysan disparaît
La laiterie ferme , qu'importe le lait est frais


Un paysan meurt, un paysan disparaît
Plus une haie ne barre l'horizon , plus un arbre n'apparaît
Un paysan meurt , un paysan disparaît
Le vent souffle , le froid envahit la plaine


Un paysan meurt, un paysan disparaît
Le paysage est monotone ,souffre la terre
Un paysan Meurt, un paysan disparaît
La campagne vide, offre son ventre à la herse 


Les paysans ne sont plus là, qu'est devenu le pays
« Morne plaine » ,écrivait Hugo après Waterloo
Revenir en arrière ,trop tard , vive le Carbone
Construisons autoroutes , voies express
Traversons ,quittons ce désert ,allons ailleurs
Ailleurs , ailleurs .......
Mais où, AILLEURS
 


Jean Claude Depoil

lundi 8 novembre 2010

Avec humour le fils Bedos fait passer des messages d'une très grande profondeur , les invités ne savent plus ou se mettre : gagner!


La Semaine de Bedos devant FinkielKraut [Fun] LSC 051110
envoyé par peanutsie. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

Bigard , un groupe qui s'est construit sur les ruines du mouvement coopératif


Le mouvement qui débute aujourd'hui réclame bien sûr une augmentation du prix de la viande  , mais c'est aussi une façon à la FNSEA de se dédouaner .
 Une longue explication s'impose , tout d'abord la FDSEA 03 apporte une logistique aux paysans sur place ils ne sont pas responsables de la stratégie suicidaire des décideurs.
Bigard ,en grande partie, a racheté des unités coopératives  et ce,  aussi faute d'un désengagement de toute la profession y compris du crédit agricole , qui ne l'oublions pas a été créé par les paysans mutualistes , comme GROUPAMA ,il ne reste rien de ces deux institutions sinon des slogans minables .
 Bigard a racheté SOCOPA qui était à Montmaraux dans l'Allier détenu à 51% par SOCAVIAC groupement de producteur. Mais l'outil avait là aussi a été créer par les paysans coopératifs ; il y a trente ans c'étaient des ringards dépassés , nous constatons les dégâts aujourd'hui , la FNSEA réclame 50cc d'augmentation sur le KG de viande certe utile , indispensable pour survivre , mais personnes ne dénonce la mise au norme américaine de tous ces centres, la fermeture programmées de sa ligne d'abattage  notamment  à Villefranche ; ce qui permet de supprimer les circuits courts et les ventes directes et la concentration dans des unités de plus en plus grosses en attendant de pur et simple délocalisations .
De même , excusez moi de rappeler un peu d'histoire , c'est SOCOPA- la viande arrivait à des prix insultants - qui sans vergogne pillait les pays de l'Est dans les années 90 ,, je me rappelle le 1 octobre 1991 le ministre des affaires étrangères Dumas avec le président de la FNSEA qui annonçaient une augmentation de 10 % des importations  de viande de ces pays ; le Soir nous décidions de passer à l'action , nous avions déjà interceptés de nombreux camions en provenance de l'Est avec de la viande avariée qui finissait sur les tables à découper de SOCOPA et sa machine à steaks hachés ! la nuit j'étais avec mes camarades arrêtés , et mis en examen après 24 heures de garde à vue et 3000 bourbonnais dans les rues de Moulins pour me sortir de là; ce que nous dénoncions à l'époque ce met en place implacablement et les paysans paient lourdement l'addition.Nous avions tort d'avoir raison trop tôt 
Je suis sûr que provisoirement une sortie de crise va être trouvée , mais à moyen et long terme si l'on ne s'en prend pas au fond ( ce n'est pas le FNSEA qui le  fera ) Bigard et les autres vont  continuer leur  plan et dans quatre matins la viande va arriver encore plus vite d'Amérique ou d'ailleurs à moins chers , jusqu’à présent ils avaient besoin de l'image du paysans français cela devient de moins en moins nécessaire car les budgets serrés du consommateur fera qu'il ira au moins cher, de toute façon .
Afficher l'image en taille réelle

En conclusion , il est urgent de réagir même si ,c'est déjà tard  , mais il faut revoir la politique agricole toute entière , sortir le dossier agricole de l'OMC.
Le prix de la viande , le prix du lait le prix de tous les produits agricole ne sont pas fixés en fonction des prix de revient mais en fonction de la main  mise de la finance dans l'agro alimentaire, mais à la FNSEA  les  administrateurs sont aussi responsables de ce qu'ont appelle encore des coopératives même si elles en ont que le nom.
Pendant ce temps les paysans  se battent pour conserver leur outil de travail , le transmettre , mais c'est une bataille inégale les banques décident et les paysans trinquent (mon banquier: "je suis le financier , c'est moi qui décide") 
C'est pourquoi j'appelle toujours de tous mes voeux , le travail en symbiose des syndicats paysans et ouvriers, nous avons tous les mêmes besoins , les mêmes problèmes le même adversaire: le  capitalisme , et le profit comme objectif essentiel 
JC DEPOIL Secrétaire Général FDSEA03



L'intellectuel Noam Chomsky, remet en cause la version officielle du 11 septembre!

Noam Chomsky : la guerre en Afghanistan, « illégale et criminelle », est basée sur des « contes de fées »

  
par Hicham Hamza - le dimanche 7 novembre 2010

Lundi dernier, Noam Chomsky, intellectuel mondialement reconnu, a fait sensation en affirmant sur Press Tv qu'il n'existait pas, selon lui, de preuve impliquant Al Qaida dans les attentats du 11-Septembre.

C'est le « plus grand intellectuel au monde » selon un sondage organisé en 2005 par la revue britannique Prospect et le magazine américain Foreign Policy. L'éminent linguiste et philosophe américain Noam Chomsky, particulièrement vénéré en France, a tenu des propos iconoclastes sur Press TV. Cette chaîne internationale d'informations, basée à Téhéran et à Londres, a consacré lundi dernier une émission sur les causes de la guerre en Afghanistan. Interrogé sur sa légalité, Noam Chomsky a réitéré sa condamnation de l'expédition militaire, toujours justifiée par l'Otan et la France, mais, surtout, il a incidemment donné son sentiment sur le 11-Septembre, prétexte officiel de l'intervention encore invoqué par le président Obama. Pour la première fois, l'influent penseur a nié l'implication du réseau d'Oussama Ben Laden, s'appuyant sur des conclusions méconnues du FBI qui a toujours conservé une approche plus ambivalente que l'Administration Bush.

Connu pour son contournement régulier du sujet, la nouvelle prise de position, frontale et inattendue, de Noam Chomsky au sujet d'une polémique toujours controversée, relative aux culpabilités et à l'instrumentalisation du 11-Septembre, circule déjà à toute vitesse sur Internet. Il n'est pas sûr que cette audacieuse déclaration soit approuvée, voire simplement relayée, par la plupart des faiseurs d'opinion en France, largement indifférents ou suivistes sur la question.



Traduction de la vidéo ci dessous

« En octobre 2001, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont commencé à bombarder l'Afghanistan. Il y a beaucoup de contes de fées concoctés par la suite mais le motif explicite, déclaré de la guerre était de contraindre les Taliban de remettre aux Etats-Unis les personnes qu'ils ont accusé d'être impliqués dans les actes terroristes du World Trade Center et du Pentagone. Les Taliban ont indiqué envisager l'extradition mais ils ont requis des preuves, ce qui est naturel, et l'Administration Bush a refusé d'en fournir (...).

Nous avons découvert par la suite l'une des raisons pour lesquelles ils n'ont pas fourni de preuve : ils n'en avaient pas.

8 mois plus tard, le directeur du FBI, après l'enquête internationale la plus sensible qui soit, a informé la presse que le FBI estimait que le complot avait pu être ourdi en Afghanistan mais qu'il avait probablement été mis en oeuvre dans les Emirats arabes unis et en Allemagne. Essentiellement, ils n'avaient aucune preuve donc ils ne pouvaient rien présenter.

Trois semaines après le début de la guerre, un officiel britannique-je ne sais plus lequel- annonça que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne continueraient leurs bombardements jusqu'à ce que le peuple afghan renverse les Taliban(...). C'est devenu par la suite la justification pour la guerre.

Tout cela était totalement illégal. Je veux dire...C'était plus que cela, c'était criminel. »

Un an auparavant, en octobre 2009, Noam Chomsky avait discrètement émis une opinionparticulièrement transgressive, notamment pour l'intelligentsia américaine et européenne, en indiquant que la thèse selon laquelle l'Administration Bush aurait pu laisser se commettre le 11-Septembre lui était dorénavant « concevable ». A 81 ans, et à la manière d'une grande figure du journalisme d'investigation, John Pilger, qui vient aussi d'exprimerla même opinion, le linguiste Noam Chomsky rejoint ces nombreuses personnalités dont les langues, précisément, semblent vouloir se délier.

oumma

samedi 6 novembre 2010

Au Chili il n'y avait que les mineurs coincés dans la mine ; des prisonniers politiques par leur lutte notamenrt par une grève de la faim ont réussi à imposer leur revendication dans le débat mondial un succès pour les indiens Mapuches , en France seul Daniel Mermet a réaliser une superbe émission radiophonique


 Ci dessous un article paru dans "Courrier International"


La fin de la grève de la faim des 32 prisonniers politiques mapuches incarcérés dans cinq prisons chiliennes a été célébrée le 9 octobre par nombre d’éditoriaux et d’articles d’opinion reconnaissant le succès du mouvement des Mapuches. C’est là, à n’en pas douter, la principale réussite politique de ce long jeûne volontaire [de 85 jours pour la plupart]. Cet écho compte beaucoup plus que les mesures négociées à Concepción, à Angol et à Temuco, permettant de démêler la situation juridique des Indiens, ou même que les réformes partielles au Congrès de la loi antiterroriste [adoptée sous la dictature (1973-1990) de Pinochet et au nom de laquelle les militants mapuches ont été arrêtés]. Le fait d’avoir replacé les exigences des Mapuches dans le débat public est un succès politique à marquer d’une pierre blanche. Le mérite en revient avant tout aux grévistes de la faim, à leurs familles et à leur communauté. Certes, ce débat braque aussi les projecteurs sur le contexte historique, politique et, disons-le également, “citoyen” et “démocratique” du combat mapuche d’aujourd’hui, avec des implications qui restent encore pour l’heure en souffrance. Des implications qu’il faudra faire figurer sur la prochaine liste de doléances, ajoutons-le. Car faire entrer un débat dans l’arène publique est une chose, mais faire en sorte que celui-ci sorte de la caricature en est une autre.

Pourtant les caricatures et les mauvaises plaisanteries sont légion dans les bilans que dressent de cette grève les médias chiliens. Les “gentils Mapuches”, les “méchants Mapuches”, le “leadership violent”, le “leadership paisible”… Parfois, heureusement, certains mettent dans le mille. C’est le cas d’un reportage remarquable d’Ana María Sanhueza dans Qué Pasa [dans notre prochain numéro, 1044, du 4 novembre 2010], qui décrit l’irruption d’une nouvelle génération mapuche, de jeunes conscients de leurs droits, fiers de leurs origines et, bien que formés dans le moule de la “connaissance occidentale”, résolus à ne pas oublier le chemin parcouru jadis par leurs grands-parents. Des jeunes d’une vingtaine d’années qui ont troqué la charrue contre les livres (ou l’ordinateur) et dont beaucoup, au cours de la grève de la faim, ont fait leur entrée en société. Gonzalo Müller, chroniqueur dans l’émission de télévision Estado Nacional et pour le journal La Segunda, leur a donné dans le quotidien du soir le nom de “Generación Weichafe” [génération de guerriers], décrivant presque avec terreur des “jeunes qui portent sur la question un regard rompant avec les exigences traditionnelles de ce peuple”. Les exigences traditionnelles de ce peuple ? Pour Gonzalo Müller, les concepts de “nation mapuche”, d'“autonomie” et d'“autogouvernement”, qu’on entend aujourd’hui à Concepción ou à Temuco dans la bouche de lycéens et d’étudiants aux cheveux longs, ne feraient donc pas partie des “exigences traditionnelles” des Mapuches. En font partie en revanche, comprend-on dans sa chronique, les programmes d’aide de l’Etat, l’engrais pour les semailles, les gravillons pour les chemins, le fourrage pour les bêtes et les paniers familiaux de produits de base, toujours indispensables dans cette société qui n’en peut plus de s’appauvrir.

Gonzalo Müller, éminent professeur à l’Ecole d’administration de l’Université pour le développement, ignorerait-il que dans les années 1930 un des principaux chefs mapuches, Manuel Aburto Panguilef, appelait à l’instauration dans le sud d’une “république indienne” fédérée à l’Etat chilien ? Ignorerait-il que, entre 1925 et 1973, 8 parlementaires mapuches (souvent alliés aux conservateurs) ont représenté les intérêts de leur “race” dans l’honorable hémicycle du Congrès national ? Ne sait-il pas que, dans les années 1970, Alejandro Lipschutz, anthropologue letton et conseiller sur les questions ethniques pour l’Unidad popular [l’Unité populaire, la coalition de gauche qui conduisit Allende à la présidence], plaidait en faveur de la création d’un “territoire indien autonome” comme solution au problème déjà persistant des conflits territoriaux ? Alejandro Lipschutz, qui avait senti dans sa chair le joug assimilateur et uniformisant du communisme soviétique dans sa Lettonie natale, se refusait à “paysannifier” (comme le faisait Allende lui-même) la lutte des Mapuches. Les descendants de Lautaro [illustre guerrier mapuche qui s’opposa aux colonisateurs espagnols au XVIe siècle] ne seraient rien que de “pauvres paysans chiliens” ? Aux yeux de l’anthropologue, quelque chose clochait dans cette affirmation qui, admettons-le, continuait (et continue aujourd’hui encore) de transcender les clivages au sein de la classe politique chilienne, de la gauche à la droite. Et, bien que Müller ne se l’imagine pas un seul instant, nos grands-parents, à l’époque, s’éloignaient déjà de cette conception, prenant prudemment leurs distances avec la gauche et ses rêves de révolution. Ouvrant, non sans difficultés, un chemin revendicatif bien à eux.

Le fait est que les “nouveaux discours”, les “nouveaux récits”, la “nouvelle épopée” que Gonzalo Müller croit voir affleurer, comme par génération spontanée, chez les jeunes Mapuches n’ont en réalité rien de nouveau ou presque rien. Bien au contraire : ils tiennent pour beaucoup d’une mémoire recouvrée, de retrouvailles générationnelles avec un passé pas si lointain, avec des voix familières qui, il y a trente, quarante ou cinquante ans nous parlaient d’un peuple possédant une histoire, un présent et, surtout, un avenir à construire. C’est de cela que parlent aujourd’hui les nouvelles générations. C’est de tout cela, à leur façon, qu’ils parlent au pays entier. Tantôt timidement, tantôt en élevant la voix. Quelquefois de façon contradictoire et confuse. Et peut-être ne le savent-ils pas eux-mêmes, mais par leur voix renaît la voix de leurs ancêtres. S’agit-il d’une voix qui nous renvoie dans le passé, vers cette “communauté perdue” que dépeignent les anthropologues et les sociologues, vers cette “réduction rurale” idéalisée par les dirigeants et les poètes ? Absolument pas. La voix mapuche, dans l’actuel Chili conservateur, est une voix riche de modernité et d’avenir. Une voix qui renvoie, pour qui veut bien l’écouter, à des débats de tout premier ordre dans le concert international : multiculturalisme, approfondissement de la démocratie, citoyenneté et interculturalité, décentralisation du pouvoir et nouvelles formes de représentation sociale et politique, modèles de développement et impact de ces derniers sur l’humanité et sur la planète, etc. Rien de tout cela ne parle du passé. A l’inverse, ce sont des voix qui, à travers cette jeunesse, font faire aux Mapuches et à tous les Chiliens un pas de plus vers l’avenir. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

Cette nouvelle génération va dans peu de temps, si je peux me hasarder à un pronostic, rompre avec toutes les images préconçues en vigueur sur ce que nous, Mapuches du Chili, sommes censés être : des paysans, des domestiques asservis, des boulangers, des vendeurs sur le marché de la Vega à Santiago, de simples soldats dans les rangs de l’armée – des chasseurs-cueilleurs peut-être encore ? Il serait bon, messieurs les représentants des classes politique et intellectuelle de ce pays, de leur accorder un peu plus d’attention. Ils sont nombreux, il serait temps de s’en rendre compte. On estime à 2 000 le nombre de jeunes Mapuches dans les seules universités publiques et privées de Temuco. Ils sont plusieurs centaines d’autres sur les campus et dans les facultés de Concepción, de Valdivia, d’Osorno et de Puerto Montt. Sans parler de Santiago et de Valparaíso, deux villes où se concentrent désormais la majorité des nôtres, une diaspora qui peu à peu rompt avec la timidité et exige elle aussi sa place dans cette Histoire. Ces milliers d’étudiants mapuches, ajoutés à plusieurs autres milliers de jeunes qui, dans les communautés rurales, renforcent l’identité et le discours mapuches, unis à une classe moyenne émergente formée d’intellectuels et d’actifs qui au quotidien conquièrent symboliquement des espaces qui jusque-là leur étaient fermés, forment une génération montante extrêmement puissante. C’est le passage du panier d’aide à la lutte pour le pouvoir politique. Le passage de l’assistanat à la reconnaissance et à la pleine jouissance des droits. Ils annoncent, en somme, l’aube du Mapuche et le crépuscule du “Mapuchito”.


Le monde diplomatique.: analyse sur le réveil français

Le Monde Diplomatique (novembre 2010)

Bernard GENSANE
Dans le numéro de novembre 2010 du Monde Diplomatique, Serge Halimi salue « le réveil français » : « Jamais la France n’a connu semblables manifestations depuis quarante ans. La personnalité de M. Nicolas Sarkozy, son arrogance, son souci d’écraser l’« adversaire » ont permis que se rassemble contre lui un très large front. Mais la houle et les foules ne sont pas enfantées par les foucades d’un homme. Elles répondent à un choix de civilisation injuste opéré, au prétexte de la crise financière, par des gouvernements européens dont la palette partisane va de la droite décomplexée à la gauche qui capitule. En Italie, M. Silvio Berlusconi ne fait ni davantage ni pire que les socialistes Georges Papandréou en Grèce ou José Luis Zapatero en Espagne. Tous mettent en danger les services publics et la sécurité sociale. Tous, pour complaire à des agences de notation, prétendent faire payer aux salariés ce qu’a coûté au pays le saccage perpétré par les banques. Lesquelles continuent de se repaître, préservées de toute obligation de se montrer « courageuses » et solidaires des générations à venir.
Ce n’est pas « la rue » qui s’ébranle, c’est le peuple français qui remonte en scène. Aucune légitimité des gouvernants ne saurait être opposée à sa protestation. L’Assemblée nationale a été élue dans la foulée d’une campagne présidentielle au cours de laquelle M. Sarkozy a dissimulé ses intentions relatives à une réforme des pensions, présentée après coup comme le « marqueur » de son quinquennat. « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer », proclamait-il quatre mois avant d’être élu. Un an plus tard, évoquant l’éventuel report de ce droit, le nouveau président de la République insista : « Je ne le ferai pas (...). Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour faire cela. Et ça compte, vous savez, pour moi. » Déjà gouvernés par un traité constitutionnel européen qu’ils ont rejeté massivement par référendum et que les élus de droite (épaulés par quelques socialistes) ont alors imposé par voie parlementaire, les Français manifestent également contre l’autoritarisme méprisant du pouvoir.
Les jeunes ont compris ce qui les attend. À mesure que le capitalisme enchaîne les crises, il durcit sa logique. Pour qu’il tienne, la société doit craquer davantage : évaluations permanentes, concurrence entre les salariés, fatigue au travail (lire « “Métro, boulot, tombeau” »). La dernière mouture du rapport Attali recommande désormais le gel du salaire des fonctionnaires jusqu’en 2013, le transfert sur les malades d’une partie de la charge financière des affections de longue durée (cancer, diabète), le relèvement du taux de la TVA ; le tout bien sûr en conservant le « bouclier fiscal ». « Nous avons devant nous dix ans de rigueur », a promis avec gourmandise l’ancien conseiller spécial de François Mitterrand, qu’à coup sûr la rigueur épargnera. »
Une réflexion marxiste de Slavoj Zizek qui donne quelques pistes pour « sortir de la nasse » : « À Madrid, Athènes, Bucarest ou Paris, la colère populaire témoigne d’une exaspération sociale, d’un profond désir de changement. Manquent encore la stratégie politique permettant de le faire aboutir et l’espérance qu’il adviendra. Faut-il prendre le risque de laisser passer l’occasion au motif que les conditions de sa réalisation n’existent pas encore ? Ou faire le pari que parfois « l’impossible arrive » ? Les mouvements de protestation qui déferlent en Europe cette année contre les politiques d’austérité – en Grèce et en France, mais aussi, dans une moindre mesure, en Irlande, en Italie, en Espagne – ont donné le jour à deux fictions. La première, forgée par le pouvoir et les médias, repose sur une dépolitisation de la crise : les mesures de restriction budgétaire édictées par les gouvernements sont mises en scène non comme un choix politique, mais comme une réponse technique à des impératifs financiers. La morale, c’est que si nous voulons que l’économie se stabilise, nous devons nous serrer la ceinture. L’autre histoire, celle des grévistes et des manifestants, postule que les mesures d’austérité ne constituent qu’un outil aux mains du capital pour démanteler les derniers vestiges de l’Etat-providence. Dans un cas, le Fonds monétaire international (FMI) apparaît comme un arbitre ayant à cœur de faire respecter l’ordre et la discipline ; dans l’autre, il joue encore une fois son rôle de supplétif de la finance mondialisée.
Anne Gervais et André Grimaldi expliquent pourquoi l’hôpital public en France est aujourd’hui « à vendre » : « Le cri d’alerte est venu du professeur Bernard Debré [qui se situe pourtant à la droite de la droite : on n’est pas pour rien le fils d’un chantre de l’Algérie française] : “ C’est l’hôpital public qu’on assassine ”, a-t-il lancé. […] Il a suffit d’un arrêt de travail de trois infirmières pour que l’hôpital Tenon soit contraint de fermer son service des urgences pendant tout un week-end. […] La politique du gouvernement vise à mettre progressivement les hôpitaux en déficit pour les obliger à supprimer des emplois, quitte à diminuer leur activité au profit des cliniques commerciales – lesquelles sont jugées moins coûteuses pour la Sécurité sociale, même si elles le sont beaucoup plus pour les patients (en 2007, les ménages payaient de leur poche 400 millions d’euros de dépassement d’honoraires dans les cliniques privées). […] En Allemagne, les CHU de Hambourg et Marburg oint été vendus au privé. Chez nous il est prévu l’introduction de cliniques commerciales dans les hôpitaux. Jean-François Copé, [fils d’un grand proctologue qui a fait toute sa carrière dans le public avant de devenir comédien professionnel] réclame la fin du monopole de la Sécurité sociale. »
Au Québec, nous dit Benoît Bréville, « La révolution tranquille n’a pas eu lieu » : « Comme nombre de pays subissant la domination de leurs voisins ou de puissances impérialistes, le Québec a tenté d’associer nationalisme et transformation sociale. Cette Révolution tranquille, qui ne se fit pas dans la rue mais dans les bureaux, a débuté il y a tout juste cinquante ans. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? »
Isabelle Saint-Mézard s’intéresse à l’alliance insolite entre l’Inde et Israël : « Les deux capitales ont tissé un réseau dense de relations, notamment dans le domaine militaire. New Delhi étant par ailleurs un partenaire important de Téhéran. »
Pour Michel Galy, la Côte d’Ivoire semble sur la bonne voie : « Si le vote pour l’élection présidentielle ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus, il ouvre la voie à une consolidation du régime et de la démocratie. »
« Mais où est passée l’Égypte », demande Sophie Pommier ? « Condamnées à ressembler aux précédentes – fraude massive et reconduction de la confortable majorité du Parti national démocratique du président Moubarak –, les élections législatives égyptiennes de l’automne 2010 ne consolideront pas la légitimité du pouvoir. Pour y parvenir, M. Moubarak entend réaffirmer la place du Caire sur la scène régionale. »
« Emirates veut faire redécoller Dubaï » (Jean-Pierre Séréni) : « La compagnie Emirates a inauguré une liaison aérienne directe entre Dubaï et Dakar. La Sénégal est ainsi devenu la 19è destination africaine de la compagnie, qui dessert déjà plus de soixante pays. À l’heure où l’émirat traverse une grave crise financière, Emirates, qui vient de commander 62 longs courriers gros-porteurs pour vingt milliards de dollars, sera-t-il le remède miracle permettant d’en sortir ? »
Christophe Ventura explique comment les immigrés en Calabre sont dans « les rets de la mafia » : « Avec l’arrivée de la saison agricole, la petite ville italienne de Rosarno se prépare à celle des travailleurs saisonniers. Ceux-là même que les émeutes de janvier 2010 avaient chassé de la ville. Les médias avaient alors dénoncé le racisme de la population. Mais il y d’autres raisons à cette violence. À noter que 95% des ouvriers sont recrutés de manière irrégulière, qu’ils perçoivent comme salaire la moitié de ce que perçoit un travailleur régulier local.
« Cinq Cubains à la Une », un article sur une bien sombre histoire : « Si l’influence des mafias sur la vie politique n’échappe plus à personne, le procès de cinq agents cubains infiltrés dans les milieux de l’exil anticastriste aux États-Unis illustre leur emprise dans un autre domaine : la justice ».
Deux articles passionnants sur les délires de la droite américaine par Walter Benn Michaels et Robert Zaretski. Pour ces dingues, Obama est un musulman socialiste et des Mexicaines vont mettre au monde leurs enfants aux Etats-Unis, pour qu’ils deviennent des agents dormants qui, ensuite, sèmeront le chaos. Janice Brewer, gouverneur de l’Arizona, affirme que des Mexicains décapitent de bons étatsuniens dans le désert. Quant au chanteur Kinky Friedman, il déclare désormais vouloir voter pour un chien car il n’y a pas d’autre choix (normal pour un hurluberlu qui s’est choisi un prénom pareil).
Moi qui ne connaissais pas l’existence des Terres rares (rare Earths), j’ai été passionné par l’article d’Olivier Zajec « Comment la Chine a gagné la bataille des métaux stratégiques » : Des métaux indispensables à la fabrication des appareils de haute technologie – les « terres rares » –, une production mondiale dominée par la Chine, une restriction des exportations : le « grand jeu » géopolitique commence. Pour asseoir son contrôle sur ces minéraux stratégiques, la Chine a mis en œuvre ce que le capitalisme occidental rejette : une politique industrielle de long terme. On attendait plutôt les exploitations à ciel ouvert de Mongolie-Intérieure, ou les mines profondes du bush australien. Mais c’est en plein cœur des brouillards de la mer de Chine orientale que la problématique des « terres rares », ces métaux à haute valeur ajoutée technologique, a une fois de plus émergé dans l’actualité. Le 7 septembre 2010, un chalutier chinois, hasardant ses filets dans les eaux territoriales japonaises, est cerné par les garde-côtes. Il tente de fuir, et ce faisant éperonne un bâtiment militaire nippon. L’équipage est arrêté. L’incident se déroule non loin de l’archipel des Senkaku (Diaoyu pour les Chinois). Éparpillées à cent soixante-dix kilomètres au nord-est de Taïwan, ces huit îles presque désertes appartiennent à Tokyo, mais Pékin en revendique la souveraineté depuis les années 1970. Revendications autrefois émises recto tono, mais qui s’affirment désormais avec plus d’âpreté, reflétant l’évolution progressive du rapport de force entre une Chine en ascension, à l’étroit dans ses eaux peu profondes, et un Japon sur la défensive. »
Wendy Kristiansen raconte la lutte des musulmans contre les islamistes en IndonésiE : « Début octobre, la police indonésienne a tué cinq membres présumés d’un réseau terroriste à Sumatra. Toutefois, la menace islamiste serait en recul – à la satisfaction des organisations musulmanes qui craignent l’amalgame. De fait, l’Indonésie est plus connue pour ses attentats que pour son élection présidentielle au suffrage universel. »
Excellent article de Danile Linhart (« Métro, boulot, tombeau ») sur l’horreur de la condition ouvrière, et plus généralement salariale, en France, aujourd’hui : la classe dirigeante « détruit les institutions fondées pour rendre vivables nos sociétés. […] Pour asseoir son autorité et tenter de placer les salariés en situation d’auto-exploitation, le management moderne pratique la déstabilisation systématique. Il s’emploie à créer un climat hostile : les travailleurs ne doivent pas se sentir chez eux dans l’entreprise [on se souvient de l’ânerie rocardienne ou aubryenne de l’entreprise « citoyenne », la pédagogie, déjà] ; ils ne doivent pas se trouver en situation de maîtriser leur travail. […] Plus de la moitié des Français répondent aux sondeurs qu’ils redoutent de se retrouver un jour sans domicile fixe. »
Dany Lang et Gilles Raveau reviennent sur l’attribution du (faux) Prix Nobel d’économie par la Banque de Suède : « Les lauréats ont déployé toute la sophistication théorique de la science économique pour démontrer … qu’il n’est pas si facile de trouver un emploi. »
Pierre Grimbert explique comment, à l’occasion du mouvement contre la casse du système de retraites, « la question de la dégradation de s’information s’est invitée sur le terrain politique. »
Enfin, Ignacio Ramonet retrace l’évolution politique de Vargas LLosa, de Castro et de la nécessité de la lutte armée à Thatcher, Reagan, Aznar (« l’un des plus grands hommes d’État de l’histoire » selon le Prix Nobel de littérature, alors que le désormais employé de Murdoch fut sûrement l’un des plus médiocres), Sarkozy et Berlusconi.

Le rêve américain................ Par RFI

TATS-UNIS/ELECTIONS DE MI-MANDAT - 
Article publié le : dimanche 31 octobre 2010 - Dernière modification le : dimanche 31 octobre 2010

Détroit, la ville fantôme où seuls restent les plus pauvres
A Détroit, on ne compte plus les maisons abandonnées quant elles ne sont pas brulées par les dealers.
A Détroit, on ne compte plus les maisons abandonnées quant elles ne sont pas brulées par les dealers.
RFI/Murielle Paradon
Par RFI
Alors que les élections législatives ont lieu mardi 2 novembre 2010 aux Etats-Unis, la principale préoccupation des Américains reste l’économie. Avec le chômage qui atteint 9,6%, la population s’est paupérisée. Aujourd’hui, selon les statistiques officielles du Census Bureau, un Américain sur 7 est pauvre. A Détroit, dans le Midwest, c’est un sur trois. La ville, touchée par la désindustrialisation depuis des décennies a subit plus récemment la crise de l’automobile.
Avec notre envoyée spéciale à Détroit, Murielle Paradon
Ils sont des dizaines à attendre dehors, de pouvoir entrer à leur tour. De l’extérieur, le bâtiment aux allures de hangar ne paie pas de mine mais il abrite l’une des plus vénérables institutions humanitaires de la ville : Capuchin soup kitchen, la « soupe populaire des capucins », crée en 1929 pendant la Grande Dépression, pour nourrir les plus pauvres. Déjà…
Au chaud à l’intérieur, des dizaines de personnes attablées engouffrent un chili con carne, un des trois repas servis chaque jour par des bénévoles. Ici, la population est à 100% noire, venue des alentours de Conner street. C’est l’un de ces nombreux quartiers défavorisés de Détroit où il est déconseillé de s’attarder. Prince Moore habite au coin de la rue, chez un cousin. Mère célibataire, elle est venue à la soupe populaire avec l’un de ses deux enfants :
« On vient ici par ce qu’on n’a rien à manger. En attendant d’obtenir des tickets alimentaires de la FIA », une agence de l’Etat du Michigan chargée d’aider les familles en difficulté. Je suis sur une liste d’attente. Quand ils m’enverront ma carte, je pourrai acheter à manger », affirme Prince. A côté d’elle, sa fille Katrice, lycéenne rondouillarde de 16 ans, cache mal sa gêne. « C’est dur de devoir venir manger ici tous les jours, même si je sais que ma mère fait tout pour nous sortir du ghetto ».
Crise automobile

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
Les élections de mi-mandat : le test pour Obama
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Prince Moore, la quarantaine fatiguée, était serveuse dans un fast-food mais depuis qu’elle a eu un accident à la main, elle ne travaille plus et vit d’aides sociales. Elle touche 400 dollars par mois de l’Etat. Elle doit débourser 30 ou 40 dollars à chaque fois qu’elle va consulter un médecin, le reste est pris en charge par Medicaid, la sécurité sociale des pauvres aux Etats-Unis. « Avec les factures à payer, les vêtements des enfants, dit-elle, il ne nous reste plus rien pour vivre ».
Le travail, c’est ce qui manque à Détroit. La ville et son agglomération affichait un taux de chômage officiel de 15,7% en août dernier, contre 9,6% de moyenne nationale. « Ca fait un an que je cherche du travail », raconte Cliff, 55 ans, attablé un peu plus loin. « Je travaillais dans la maintenance, j’ai été licencié. Il n’y a plus d’embauche, beaucoup d’entreprises ont fait faillite ou sont allées s’installer dans d’autres régions ou d’autres pays. C’est une période difficile pour les Etats unis et surtout pour Détroit ».
Surnommée Motor city, « la ville moteur », Détroit est le berceau de l’automobile. Mais cette industrie qui a fait la gloire et la richesse de la ville autrefois a subit de plein fouet la crise de 2008. Avec les fermetures d’usines, des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus. Même si les constructeurs américains Ford et General Motors renouent aujourd’hui avec les bénéfices, les emplois ne sont pas pour autant revenus. Et cette crise de l’automobile n’a fait que se rajouter à une lente désindustrialisation de la ville.
« Shrinking city »
Dans son bureau , Mike Breene est fataliste. Cela fait 17 ans que cet homme placide à la queue de cheval blonde, dirige l’un des deux centres de l’organisation Capuchin soup kitchen. « Nous servons dans notre association entre 1200 et 1500 repas par jour. Ça n’a pas changé depuis que je travaille ici, ça fait 17 ans. Il y a peut être un peu moins de monde qui vient maintenant mais c’est uniquement parce que les gens quittent la ville ». Et pas parce que la situation économique s’est améliorée.
Au gré des crises, Détroit se vide de sa population. Elle est ce que les Américains appellent une « shrinking city », une ville qui rétrécit. De 2 millions en 1950 elle est passée à 800 000 habitants aujourd’hui. Les commerces ont déserté bien des quartiers. Les bâtiments industriels sont en ruine et on ne compte plus les maisons abandonnées, quant elles ne sont pas brûlées par des dealers. Détroit possède aussi un des taux les plus élevés de criminalité aux Etats-Unis.
Dans cette ville fantôme, seuls les plus pauvres semblent rester, ceux qui n’ont pas les moyens de partir ou plus l’envie de tenter leur chance ailleurs. « Ici, j’ai mes quatre enfants, plaide Arcelia, une retraitée de 65 ans qui vient aussi à la soupe populaire. Si on a un problème, on s’entraide. Et puis partir, pour aller où ? Mes parents m’ont amené de l’Ohio à Détroit quand j’avais 10 ans. Alors Détroit, c’est à peu près tout ce que je connais ».
Ecoutez le Reportage International sur la pauvreté à Detroit
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