Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".




RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

lundi 12 novembre 2012

La crise , les caisses sont vides, et tati et tata, serrez vous la ceinture , des économies sont obligatoires , nous vivons au dessus de nos mayens , le coût du travail . Mon oeil oui , l'argent n'est seulement pas là ou il faut ,et là ou il y en a pas besoin ...



Thomas Piketty a également étudié la distribution des hauts-patrimoines dans les actifs successoraux français (vous noterez tout ce que nous lui devons en terme d’informations, je vous garantis qu’il y a très peu de choses facilement utilisables hors son travail).
Inégalités de patrimoine en France
Il apparaît ainsi que la répartition des actifs successoraux est nettement plus inégalitaire que celle du patrimoine. Comme nous l’avons vu, ceci est normal car les successions sont le reflet des patrimoines constitués plusieurs décennies auparavant. C’est en fait le reflet de la distribution du patrimoine 20 à 30 ans auparavant.
On constate qu’au niveau des successions, l’écart entre la France et les États-Unis est relativement limité au niveau du Top 2 %, et les distributions assez proches (cohérent avec la corrélation des revenus il y a 40 ans) – sauf pour le Top 0,1 %. On peut penser que la concentration du P80-98 est bien plus importante outre-Atlantique.
Par ailleurs, on observe depuis 1960 une tendance à la baisse de la part du Top 10 % en France – qui a représenté jusqu’à 85 % des actifs successoraux (donc bien plus qu’aux États-Unis aujourd’hui) vers 1910 et 1960. On constate d’ailleurs sur le graphique suivant que c’est la chute de la seule part du Top 1 % qui a permis la croissance du reste des patrimoines. La part du Bottom 90 % augmente sensiblement grâce à la baisse de la part de P95-99 depuis 1960 et de P90-95 depuis 1985.
Inégalités de patrimoine en France
Inégalités de patrimoine en France
Sur le graphique précédent, on a superposé l’évolution de la part du Top 10 % pour les revenus et pour le patrimoine, avec un décalage de 25 ans. Le parallélisme est ici frappant, plus encore qu’aux États-Unis. Sur le graphique suivant figure un extrait correspondant à une vingtaine d’années, base 100 en 1943 pour les successions, et 1918 pour les revenus. On observe à quel point la chute des revenus liée à la crise des années 1930 s’est répercutée sur les patrimoines au décès vingt ans plus tard (l’espérance de vie augmentant fortement dans la période, d’une année tous les 4 ans, il est normal que la « durée moyenne » séparant les deux courbes se déforme avec le temps).
Inégalités de patrimoine en France
Inégalités de patrimoine en France
Enfin, le graphique suivant présente comme pour les États-Unis l’évolution des successions. On retrouve la forte chute de la part des hautes successions intervenue durant le XXe siècle. Et on note la forte diminution du taux marginal des droits de succession intervenue dans les années 1960. Comme un effet sur les patrimoines ne pourrait se voir que sur la succession des descendants, une bonne trentaine d’années plus tard, il se situe donc en dehors de la période étudiée qui cesse en 1994.
Inégalités de patrimoine en France
Il apparaît ainsi que la répartition des actifs successoraux est nettement plus inégalitaire que celle du patrimoine. Comme nous l’avons vu, ceci est normal car les successions sont le reflet des patrimoines constitués plusieurs décennies auparavant. C’est en fait le reflet de la distribution du patrimoine 20 à 30 ans auparavant.
On observe enfin la forte chute de la part des très hautes successions intervenue durant le XXe siècle.
En conclusion de cette analyse, nous pouvons retenir les faits suivants pour la France :
  • présence d’un très fort niveau d’inégalités des revenus dans les années 20, jusqu’à la seconde guerre mondiale. Une période de réduction majeure des inégalités a alors suivi (la « Grande Compression »), qui ne s’est pas arrêtée à la fin des années 1970 comme aux États-Unis. Notre pays a su conserver un système relativement égalitaire pour les revenus – même si beaucoup de pressions ont lieu actuellement pour renverser ce mouvement. En fait, contrairement aux États-Unis, la part des riches (Top 10 %) n’a que peu augmenté : ils n’ont pas phagocyté les revenus, ce qui a permis aux ménages de ne pas sombrer dans le surendettement ;
  • les quinze dernières années ont vu une nette amélioration pour les plus pauvres mais aussi pour les plus riches, au détriment des classes moyennes et aisées ;
  • la forte hausse de l’impôt sur le revenu intervenue dans la période a très certainement joué un rôle majeur dans ces évolutions positives ;
  • la répartition des patrimoines français est en revanche nettement plus inégalitaire, même si une nette amélioration est intervenue tout au long du XXe siècle. Mais le pays manque considérablement de données pour affiner cette analyse. Les deux dessins de la page suivante illustrent graphiquement ce phénomène, en représentant le patrimoine de la française la plus riche, et des 10 français les plus riches, qui détiennent à eux 11 autant que les 20 millions (30 %) des français les plus pauvres.
Ainsi, ayant évité d’entrer dans les années 1980 dans le modèle néoconservateur d’inégalités croissantes, en particulier en préservant une fiscalité élevée, la France s’est trouvée dans une situation bien plus favorable que celle des États-Unis face à la Crise.

Propositions fiscales


Inégalités de patrimoine en France
Inégalités de patrimoine en France

source:http://www.les-crises.fr

dimanche 11 novembre 2012

Une fois de plus la Palestine s'embrase , à deux tirs de roquettes par les résistants palestiniens , la force d'occupation réagit, trois palestiniens au moins tués et des dizaines de blessés , rappelons quand que "l'opération plomb durci" avait fait en décembre 2008 et Janvier 2009 1400 morts palestiniens en majorité des civils , et 13 morts israéliens ; la France se taie , pire elle fait des ronds de jambe au premier ministre israéliens , premier ministre qui a du sang sur les mains jusqu'au coude...


Violents affrontement entre Israël et les palestiniens (MAJDI FATHI / AFP)
Violents affrontement entre Israël et les palestiniens (MAJDI FATHI / AFP)
Une salve de quatre roquettes a été tirée dimanche 11 novembre au matin à partir de la bande de Gaza contre le sud d'Israël, faisant quatre blessés, a indiqué le porte-parole de la police israélienne.
"Quatre roquettes tirées depuis la bande de Gaza se sont abattues ce matin dans le secteur de la ville de Sdérot, et ont fait quatre blessés légers", affirme Micky Rosenfeld.
Six Palestiniens ont été tués et quatre soldats israéliens blessés dans une nouvelle flambée de violences samedi 10 novembre à Gaza, un des plus lourds bilans pour l'armée israélienne dans ce territoire depuis sa dernière offensive en 2009.

Raid israélien

Peu avant minuit, un raid aérien israélien au nord de la ville de Gaza a fait un mort et deux blessés, selon des sources médicales locales. L'homme tué, Mohammed Shwikani, 20 ans, appartenait aux Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique palestinien.
L'armée israélienne a mené dans la nuit de samedi à dimanche six autres raids aériens au nord et à l'est de la ville de Gaza et dans le sud du territoire palestinien, faisant deux blessés, ont indiqué des témoins et des sources médicales palestiniennes.
"En réponse aux événements récents, des appareils de l'armée de l'air ont attaqué dans la nuit une fabrique d'armes, deux entrepôts d'armes et deux sites de tirs de roquettes dans le nord de la bande de Gaza ainsi qu'un entrepôt d'armes et un site d'activité terroriste dans le sud de la bande de Gaza", a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué.
En fin d'après-midi samedi, trois Palestiniens avaient été tués et une trentaine d'autres blessés par des tirs d'artillerie israéliens, selon Achraf al-Qoudra, porte-parole des services de santé du Hamas, au pouvoir à Gaza. Un des blessés est décédé de ses blessures dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-il ajouté.
Il a précisé l'identité des Palestiniens tués dans les tirs d'artillerie: Matar Abou Al-Ata, 20 ans; Mohammed Harara, 17 ans; Ahmad Harara, 15 ans; Ahmad Al-Derdesawi, 18 ans.

Réplique des combattants palestiniens

Et, dimanche matin, le corps d'un autre Palestinien, Mohammed Abed, 20 ans, un combattant du Jihad islamique, a été retrouvé à l'est du camp de réfugiés de Jabaliya, a-t-on appris de source médicale palestinienne.
Selon des témoins, des combattants palestiniens avaient tiré une roquette sur une jeep militaire israélienne circulant à la lisière de l'enclave palestinienne, près du point de passage de Karni, à l'est de Gaza, provoquant des tirs d'artillerie israéliens.
"Un missile antichar a été tiré sur des soldats israéliens qui effectuaient une patrouille de routine dans le nord de la bande de Gaza. Ils ont répliqué aux tirs", a confirmé une porte-parole de l'armée israélienne.
Quatre soldats ont été blessés dans l'incident, selon un communiqué de l'armée, précisant que la riposte avait visé "plusieurs sites dans la bande de Gaza".
Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste) a revendiqué l'attaque contre la patrouille israélienne, affirmant qu'elle avait eu lieu à 16H55 (14H55 GMT).
En outre, cinq Palestiniens ont été blessés par des tirs d'artillerie israéliens à l'est de Khan Yogourts, dans le sud de la bande de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes.
Les groupes palestiniens ont condamné les tirs israéliens. "Nous considérons cette escalade comme très dangereuse. Elle doit stopper immédiatement", a déclaré Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas.
Un groupe radical de Gaza, les Comités de résistance populaire (CRP), a assuré que "l'ennemi sioniste" paierait "un prix élevé après ce crime contre Gaza". Et le Jihad islamique a prévenu que "toute agression contre le peuple palestinien" serait suivie d'une "réponse de la résistance".
Les brigades Al-Qods et les CRP se sont attribués la paternité de plusieurs tirs de projectiles.

Risque d'escalade

Dans la soirée, 25 roquettes ont été tirées sur le sud d'Israël sans faire ni blessés ni dégâts majeurs, selon un communiqué de l'armée. Au moins deux d'entre elles, dont une a été interceptée par le système antimissile "Iron Dome" au-dessus d'Ashdod, étaient des Grad, ont précisé des sources militaires.
Le poste-frontière de Kerem Shalom, seul point de passage par lequel transitent les denrées alimentaires entre Israël et la bande de Gaza, a été fermé "afin de ne pas mettre en danger les employés qui y travaillent", selon l'administration militaire dans les Territoires palestiniens.
Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a affirmé que l'armée avait déjà répondu "avec fermeté" et qu'il fallait s'attendre à des "réponses supplémentaires dans les prochains jours".
La tension entre Israël et les groupes armés palestiniens de Gaza était montée ces derniers jours.
Jeudi, un soldat israélien a été blessé dans l'explosion d'un tunnel rempli d'explosifs à la frontière, peu après la mort d'un adolescent palestinien tué par des tirs israéliens. Mardi, trois soldats israéliens qui patrouillaient le long de la frontière avaient été blessés par un engin explosif.
La trêve précaire régnant à Gaza entre groupes armés palestiniens et Israël avait été rétablie le 24 octobre, à l'issue de trois jours de violences qui avaient coûté la vie à huit combattants palestiniens et fait trois blessés graves en Israël.
Israël agite régulièrement la menace d'une opération militaire terrestre dans l'enclave palestinienne, sur le modèle de l'opération "Plomb durci" en décembre 2008/janvier 2009, qui avait fait plus de 1.400 morts palestiniens, en majorité des civils, et 13 morts israéliens, dont 10 soldats.

source:http://tempsreel.nouvelobs.com/

samedi 10 novembre 2012

une vidéo avec un texte émouvant de Aragon , mise en musique par l'immense Ferrat , un texte , l'un des plus beaux avec lequel Aragon s'autocritique après la mise à jour des atrocités de Staline , ce petit père des peuple qui s'était bombardé communiste et qui au final n'était qu'un dictateur et un liquidateur du rêve d'Octobre 1917

Quand les occidentaux soutiennent le Quatar comme il fut un temps ils soutenaient les intégristes pour virer l'URSS d'Afghanistan ...


A quoi joue l’émir du Qatar ?

L’émir du Qatar avec le leader du Hamas Ismaïl Haniye à Gaza.

Le paradoxe d’un émir bourré de pétrodollars, ami des Frères musulmans et des Etats Occidentaux, qui maintient des liens privilégiés avec Israël et le Hamas et joue au sponsor des nouveaux régimes issus des « révolutions » arabes. Le paradoxe de l’émir du Qatar Hamad bin Khalifa Al Thani, c’est son double jeu : il joue les modernistes avec ses « amis » occidentaux, et soutient les extrémistes religieux chez ses « frères » orientaux… mais probablement avec l’approbation de ses amis occidentaux, les pétrodollars de l’émir servant à faire passer la pilule du paradoxe !
A moins que son « jeu » n’entre dans la stratégie des Etats-Unis : 1- neutraliser les extrémistes de « l’intérieur », tout en les soustrayant à une probable influence iranienne chiite ! Ce que vient de faire l’émir du Qatar avec le Hamas de la bande de Gaza qui flirtait avec l’Iran et soutenait Bachar el Assad. Et 2- permettre une reprise du dialogue entre les Palestiniens et les Israéliens à fin qu’Obama réélu concrétise son beau discours-programme lors de sa prise du pouvoir : en finir avec un problème qui empoisonne les relations internationales depuis plus de 60 ans !
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L’émir à vie apprend au président povisoire à poser devant les photographes.
Parasiter les révolution par l’exportation massive du wahhabisme
D’autant que le Qatar, avec l’Egypte, sont les rares pays « arabes » à reconnaître Israël et à entretenir avec ce pays de bonnes relations.Avec au passage une « reconnaissance » de la part du monde dit « arabe » au Qatar pour sa contribution à la résolution du « problème » palestinien, et pour avoir neutralisé les Ibn Saoud et leur nuisance, alors que le monde entier « découvre » le réel danger de cette dynastie moyenâgeuse qui ne doit son salut qu’auwahhabisme obscurantiste et rétrograde, et qui est « tenue » de l’exporter et d’en faire le prosélytisme pour respecter le deal avec Ibn Abdelwahhab, qui lui avait accordé le pouvoir temporel sur la oumma !
Mais comme cet émir veut faire de l’ombre à son frère ennemi Ibn Saoud, celui-ci tente de « parasiter » son jeu par une exportation massive du « wahhabisme saoudien », plus violent et totalement rétrograde, pour neutraliser le wahhabisme qui se veut « éclairé » de l’émir !
L’autre paradoxe, et celui-là il est occidental, est illustré par l’attitude de la France vis-à-vis d’un « ami » encombrant à certains égards.
Le gouvernement français, qui entend combattre l’islamisme radical sur son territoire, a pour partenaire privilégié l’émir du Qatar, doté d’un statut fiscal avantageux, à la tête d’une monarchie absolue au modernisme tapageur, mais trompeur, qui soutient partout les Frères musulmans et les salafistes armés !
Peut être le gouvernement français se réveillera-t-il après le renvoi de la mission française pour raison d’ingérence de l’émir dans le choix des livres jugés « haram » (illicites) pour les conformer à la doctrine wahhabite. Preuve s’il en est besoin que ces monarques exportent leur modèle sociétal, wahhabisme compris !
Les Français souhaitent équilibrer leurs liens avec les pétro monarques en se rapprochant des Ibn Saoud,, frères ennemis de l’émir du Qatar, mais là encore c’est un rapprochement avec des un régime fonctionnant sur le même modèle que celui du Qatar, pratiquant le wahhabisme comme système politico-religieux, en plus obscurantiste chez les Saoudiens ! Mais peut on faire autrement ?
Il est tout de même anormal qu’au nom de la realpolitik on collabore avec des régimes qui soutiennent les islamistes les plus radicaux ! Viendra, hélas, le jour du retour du boomerang car ces régimes seront probablement un jour les victimes de leurs créatures : « les salafistes jihadistes » !!
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L’émir du Qatar avec le président Obama
Qui aurait cru à la générosité de l’émir ?
Si on réfléchit bien, l’émir du Qatar est logique avec lui-même ! Il sert uniquement ses intérêts et protège ses arrières : étant à la tête d’un Etat pas plus grand que la Corse, très pauvre, vivant de la pêche perlière qui très vite a était concurrencée par les perles de culture développées par les Japonais, ne devant sa richesse subite qu’au gisement de gaz au large de ses côtes… mais conscient qu’une telle manne n’est pas inépuisable, investit et place ses pétrodollars dans le monde entier en achetant des actions, de l’immobilier, des terres… aussi bien en Occident que dans le monde arabe ! Comme la Tunisie sur laquelle il a jeté son dévolu depuis Ben Ali, mais que, grâce à son protégé Ghannouchi, il va pouvoir avoir pour une bouchée de pain !
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L’émir du Qatar reçu à l’Elysée par François Hollande.
S’il s’est invité dans les révolutions du « printemps arabe », ce n’est nullement par altruisme : il fera tout pour les avorter car le risque est trop grand pour lui qu’elles contaminent les pétromonarchies.
Et quoi de mieux, pour neutraliser ces peuples en révolte, que de diffuser parmi eux le wahhabisme, système politico-religieux parfait, qui maintient sur leur trône des pétro monarques au pouvoir absolu et incontesté comme le leur accorde l’imam Mohamed Abdelwahhab, fondateur du wahhabisme !
Qui aurait cru à la générosité de l’émir qui le conduirait à aider ses frères arabes du Hamas à Gaza ? Derrière cette aide se cache des intentions politiques et économiques plus terre à terre.
Des experts ont découvert récemment des gisements importants de gaz sur lesquels l’émir veut mettre la main. Son alliance avec Hamas coupe les liens qu’il entretenait avec l’Iran, voisin et ennemi héréditaire de l’émir dont il craint toujours la puissance ! Et sa « présence » à Gaza, lui assure le « contrôle » du voisin égyptien toujours imprévisible et qui prétend lui aussi au leadership du monde « arabe » », un leadership plus ancien que celui du Qatar et de l’Arabie …
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La reine Elizabeth et le prince Philip reçoivent le cheikh Hamad et son épouse.
Le réel paradoxe est celui des Occidentaux qui n’ignorent rien des intentions de l’émir et de sa capacité de nuisance aux peuples qui aspirent à la démocratie, mais pour lequel ils ferment les yeux par calculs géopolitiques et par intérêts économiques !
Toutes ces puissances « démocratiques » ou « financières » ne jouent-elles pas avec le feu au détriment de peuples qui ne leur demandent rien ? D’autant que laisser se propager le wahhabisme chez les peuples en révolte finira tôt ou tard de les atteindre de gré ou de force, les jihadiste salafistes ne reculant devant rien !
Seul un peuple éclairé peut déjouer ou du moins rejeter une telle ingérence !
Les Tunisiens sauront-ils résister à cette ingérence et rejeter le « colonialisme religieux » qui la sous-tend par l’exportation massive du wahhabisme des pétro monarques ?
Rachid Barnat
Source : Kapitalis http://www.kapitalis.com/63-fokus/12733-a-quoi-joue-l-emir-d...
URL de cet article 18262

veille du 11novembre , les allemands tentent leur interventionnisme en France en réffléchissant à des réformes française à faire en matière d'économie . JE SUIS ROUGE MAIS CE COUP LA DE COLÈRE !


En cette veille du 11 Novembre, une information est parvenue sur les téléscripteurs: le gouvernement allemand veut prendre des mesures concernant les décisions budgétaires françaises et 
donc de se mêler de notre propre politique.Cela montre bien les consèquences de ce traité européen qu'a signé Hollande et que les socialistes et la droite ont approuvé à l'Assemblée Nationale.

A quand les inspecteurs allemands débarquant en France pour nous imposer des plans d'austérité comme ils le font actuellement en Grèce ?

Je joins cet dépêche pour ceux qui ne l'aurait pas vu:

" Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble aurait demandé au Conseil des experts économiques de son pays de réfléchir à des propositions de réformes économiques pour la France, craignant une chute de la deuxième économie de la zone euro et de ses conséquences sur le devenir de l'Europe dans son ensemble... Malgré les démentis qui sont intervenus vendredi après-midi, le pavé dans la mare a été jeté ! Deux responsables s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, ont ainsi expliqué à Reuters que W. Schäuble avait demandé aux "sages" de réfléchir à un rapport susceptible de donner des pistes de réformes pour la France avant qu'il ne soit trop tard..."

Source FB: L M

Une seule nuit passée en prison suffit pour donner le goût de ce que signifie le fait d’être sous le contrôle total d’une force extérieure. Et il ne faut guère qu’un seul jour à Gaza pour apprécier ce que doit être la survie dans la plus grande prison en plein air au monde, là où un million et demi de personnes, dans la zone la plus peuplée de la planète, sont soumis en permanence à une terreur aléatoire souvent sauvage et à des châtiments arbitraires n’ayant d’autre but que d’humilier et de dégrader, voire de ruiner tout espoir palestinien d’un avenir décent et de s’assurer que le soutien mondial dominant en faveur d’un règlement diplomatique garantissant ce droit soit réduit à néant.:"Noam Chomsky"


Noam Chomsky s’est rendu dans la bande de Gaza, du 25 au 30 octobre de cette année.

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Noam Chomsky
Une seule nuit passée en prison suffit pour donner le goût de ce que signifie le fait d’être sous le contrôle total d’une force extérieure. Et il ne faut guère qu’un seul jour à Gaza pour apprécier ce que doit être la survie dans la plus grande prison en plein air au monde, là où un million et demi de personnes, dans la zone la plus peuplée de la planète, sont soumis en permanence à une terreur aléatoire souvent sauvage et à des châtiments arbitraires n’ayant d’autre but que d’humilier et de dégrader, voire de ruiner tout espoir palestinien d’un avenir décent et de s’assurer que le soutien mondial dominant en faveur d’un règlement diplomatique garantissant ce droit soit réduit à néant.
L’intensité de cet effort de la part des dirigeants politiques israéliens vient d’être puissamment illustrée ces derniers jours, puisqu’ils préviennent qu’ils seront « fous de rage » si l’ONU reconnaît tant soit peu les droits palestiniens. Ce n’est pas un nouvel écart. La menace de devenir « fou [de rage] » est profondément ancrée depuis les cabinets travaillistes des années ’50, de même que le « complexe de Samson » : nous allons faire s’écrouler les murailles du Temple si on nous contrarie. C’était jadis une menace vaine ; plus aujourd’hui.
L’humiliation volontaire elle non plus n’est pas nouvelle, mais elle prend sans cesse de nouvelles formes. Il y a trente ans, des dirigeants politiques, notamment certains des faucons les plus marqués, soumettaient au premier ministre Begin un compte-rendu choquant et détaillé de la façon dont les colons maltraitent régulièrement les Palestiniens avec la plus grande dépravation et en toute impunité. Le fameux analyste politico-militaire Yoram Peri écrivit avec dégoût que la mission de l’armée n’est pas de défendre l’Etat, mais « de démolir les droits de gens innocents simplement parce que ce sont des Araboushim (des "nègres", des "sous-chiens") qui vivent dans les territoires que Dieu nous a promis ».
Les Gazaouis ont été élus pour un châtiment particulièrement cruel. Il est presque miraculeux que des gens puissent supporter pareille existence. La manière dont ils le font a été décrite il y a 30 ans dans les éloquentes mémoires deRaja Shehadeh (The Third Way), basées sur son expérience d’avocat engagé dans une impossible mission - tenter de protéger les droits fondamentaux au sein d’un système légal conçu pour garantir leur faillite - et sur son expérience personnelle en tant que Samid(1) « ferme dans ses convictions » qui voit sa maison transformée en prison par une occupation brutale et ne peut rien faire d’autre « qu’endurer » d’une façon ou d’une autre.
Depuis ce texte de Shehadeh, la situation a empiré.
Les accords d’Oslo célébrés en grande pompe en 1993 ont décrété que Gaza et la Cisjordanie sont une seule entité territoriale. A ce moment, Israël et les USA avaient déjà entamé leur programme de séparation totale, afin de bloquer un règlement diplomatique et de punir les Araboushim dans les deux territoires. Le châtiment des Gazaouis s’est encore aggravé en janvier 2006, lorsqu’il commirent un crime majeur : ils votèrent « mal » lors de la première élection libre dans le monde arabe, élisant le Hamas.
Faisant montre de leur « désir de démocratie », les Etats-Unis et Israël, soutenus par la timide Union Européenne, imposèrent sans tarder un siège brutal ainsi que des attaques militaires intenses. Les USA se tournèrent aussi immédiatement vers la procédure traditionnelle lorsque des populations désobéissantes élisent le mauvais gouvernement : préparer un coup d’état militaire pour rétablir l’ordre.
Un an plus tard, les Gazaouis commettaient un crime encore plus grand en bloquant la tentative de coup d’état, déclenchant une forte escalade du siège et des attaques militaires. Celles-ci culminèrent à l’hiver 2008-2009 avec l’Opération Plomb Durci, l’un des exercices les plus lâches et les plus vicieux de la force militaire, puisqu’une population civile sans défense, piégée par l’absence de toute issue, fut soumise à une attaque sans répit par l’un des systèmes militaires les plus avancés au monde, appuyé par l’armement et la diplomatie des Etats-Unis. Un compte-rendu inoubliable du massacre - « infanticide » est le terme qu’ils ont utilisé - a été donné par les deux courageux médecins norvégiens qui ont travaillé dans le principal hôpital de Gaza au cours de ce siège impitoyable, Mads Gilbert et Erik Fosse, dans leur livre remarquable « Les yeux à Gaza ».
Le Président élu Obama fut incapable de dire un mot, sinon en réitérant sa sincère sympathie pour les enfants sous attaque - dans la ville israélienne de Sderot. L’assaut, minutieusement préparé, fut achevé avant son intronisation, de sorte qu’il put affirmer qu’il s’agissait maintenant de regarder devant nous, pas derrière nous, refuge habituel des criminels.
Bien sûr il y avait des prétextes - il y en a toujours. Le plus courant, débité à l’envi, est la « sécurité : dans ce cas, des roquettes de fabrication maison tirées depuis Gaza. Comme c’est généralement le cas, le prétexte manquait totalement de crédibilité. En 2008 une trêve avait été établie entre Israël et le Hamas. Le gouvernement israélien reconnaît formellement que le Hamas l’observait pleinement. Pas une seule roquette Hamas ne fut tirée jusqu’à ce qu’Israël rompe la trêve sous couvert de l’élection américaine le 4 novembre 2008, envahissant Gaza sous de prétextes grotesques et tuant une demi-douzaine de membres du Hamas. Les plus hauts cadres du renseignement conseillèrent au gouvernement israélien de renouveler la trêve en allégeant le blocus et en mettant fin aux attaques militaires. Mais le cabinet de Ehud Olmert, une prétendue colombe, choisit de rejeter ces options, préférant utiliser son gros avantage comparatif en matière de violence : ce fut l’Opération Plomb Durci.
Les faits basiques sont repassés en revue par le politologue Jerome Slater dans la dernière livraison de la revueInternational Security publiée par l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) à l’Université Harvard.
Le mode de bombardement de Plomb Durci a été minutieusement analysé par l’avocat gazaoui des droits humainsRaji Sourani, très bien informé et mondialement respecté. Il souligne que le bombardement a été concentré sur le nord, ciblant des civils sans défense dans les zones les plus densément peuplées, ce qui exclut tout prétexte militaire. L’objectif, suggère-t-il, était peut-être de pousser la population vers le sud, près de la frontière égyptienne. Mais les Samidin n’ont pas bougé, en dépit de l’avalanche de terreur israélo-étatsunienne.
Un autre objectif pouvait être de les pousser au-delà. Dès les premiers jours de la colonisation sioniste, les colombes ont largement argué que les arabes n’ont pas vraiment de raison d’être en Palestine ; ils peuvent aussi bien être heureux ailleurs, et ils devraient partir - en termes polis « transférés », suggérait-on. Ce n’est sûrement le moindre souci des Egyptiens, et peut-être une raison en Egypte pour ne pas ouvrir la frontière librement aux civils ni même aux matériaux si désespérément nécessaires.
Sourani et d’autres sources bien documentées font observer que la discipline des Samidin recèle un baril de poudre qui peut exploser à tout moment, inopinément, comme la première Intifada à Gaza en 1989, après des années de répression lamentable qui ne suscita ni attention ni signal d’alarme.
Il suffit d’évoquer un de ces innombrables cas : peu avant l’explosion de l’Intifada, une jeune fille palestinienne, Intissar al-Atar, fut tuée par balle dans une cour d’école par un résident d’une colonie proche. C’était l’un des milliers de colons israéliens amenés à Gaza en violation du droit international, protégés par une importante présence de l’armée, accaparant une grande partie des terres et de l’eau - si rare - de la bande, vivant « luxueusement dans vingt-deux implantations au milieu de 1,4 millions de Palestiniens dépouillés », ainsi que le crime est décrit par l’universitaire israélien Avi Raz.
Shimon Yifrah fut arrêté mais rapidement libéré sous caution quand la Cour statua que « l’infraction n’était pas assez grave » pour requérir la détention. Le juge commenta que Yifrah avait seulement voulu choquer la jeune fille en tirant un coup de fusil vers elle dans une cour d’école, pas la tuer : donc « ceci n’est pas le cas d’une personne criminelle qui doit être châtiée, empêchée, et recevoir une leçon en étant emprisonnée ». Yifrah obtint une peine de 7 mois avec sursis, tandis que les colons dans le prétoire éclataient en chants et en danse. Et le silence habituel régna. Après tout, rien que la routine.
Et voilà. Quand Yifrah fut libéré, la presse israélienne rapporta qu’une patrouille de l’armée avait tiré sur une cour d’école pour garçons de 6 à 12 ans dans un camp de réfugiés cisjordanien, blessant cinq enfants, et allégué que leur intention était uniquement « de les choquer ». Il n’y eut pas de mise en examen, et l’événement n’attira pas davantage l’attention. Ce n’était qu’un autre épisode du programme « l’illettrisme comme châtiment », rapporta la presse israélienne, avec la fermeture d’écoles, l’usage de bombes lacrymogènes, le tabassage d’étudiants avec des crosses de fusils, le blocage de l’assistance médicale aux victimes ; et au-delà des écoles, le règne d’une brutalité plus grave encore, devenue de plus en plus sauvage pendant l’Intifada sous les ordres du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, une autre colombe tant admirée.
Mon impression initiale, après une visite de plusieurs jours, c’est la stupéfaction, non seulement devant la capacité de vivre, mais aussi devant la vitalité éclatante des jeunes, en particulier à l’université, où j’ai passé une bonne partie de mon temps dans un colloque international. Mais là également, on peut déceler des signes de ce que la pression peut devenir trop lourde à supporter. Selon des rapports, la frustration parmi les jeunes gens est bouillonnante, ils prennent conscience que sous l’occupation israélo-étatsunienne l’avenir ne leur réserve rien. Il y a des limites à ce que peuvent endurer des animaux en cage, et il pourrait y avoir une éruption, peut-être sous des formes haïssables - offrant ainsi l’occasion aux apologistes israéliens et occidentaux auto-satisfaits de condamner les gens qui sont "culturellement arriérés", comme Mitt Romney l’a expliqué en toute perspicacité.
Gaza a l’allure d’une société typique du tiers monde, avec des poches de richesse entourées de pauvreté hideuse. Néanmoins, elle n’est pas « sous-développée ». Elle est plutôt « dé-développée », et ce de manière très systématique, pour emprunter les termes de Sara Roy, l’éminente universitaire spécialiste de Gaza. La bande de Gaza aurait pu devenir une région méditerranéenne prospère, avec une agriculture riche et une industrie de pêche florissante, des plages merveilleuses et, comme on l’a découvert il y a une dizaine d’années, de bonnes perspectives de ressources en gaz naturel dans ses eaux territoriales.
Coïncidence ou non, c’est à ce moment qu’Israël a intensifié son blocus maritime, repoussant les bateaux de pêche vers la côte, actuellement à 3 miles ou moins.
Les perspectives favorables ont avorté en 1948, quand la bande a dû absorber le flux de réfugiés palestiniens fuyant la terreur ou expulsés de force de ce qui est devenu Israël, expulsés dans certains cas des mois après le cessez-le-feu officiel.
En fait, il étaient encore expulsés quatre ans plus tard, comme rapporté par Haaretz (25.12.2008), dans une riche étude de Beni Tziper sur l’histoire de l’Ascalon israélienne remontant jusqu’aux Cananéens. En 1953, écrit-il, il y a eu « le calcul froid qu’il était nécessaire de nettoyer la région des arabes ». Le nom ancien d’Al-Majdal avait déjà été « judaïsé » en l’ Ashkelon d’aujourd’hui, une pratique usitée.
C’était en 1953, alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’une nécessité militaire. Tziper lui-même est né en 1953, et tandis qu’il arpente les vestiges du vieux secteur arabe, il se dit : « il est vraiment difficile pour moi, vraiment difficile d’imaginer que pendant que mes parents célébraient ma naissance, d’autres personnes étaient chargées sur des camions et expulsées de leurs maisons ».
Les conquêtes d’Israël en 1967 et leurs suites administrèrent encore d’autres coups. Puis vinrent les terribles crimes qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Les signes sont faciles à voir, même lors d’une courte visite. Assis dans un hôtel près du rivage on entend le feu des mitrailleuses sur les canonnières israéliennes qui repoussent les pêcheurs hors des eaux territoriales de Gaza en direction de la côte, les contraignant à pêcher dans des eaux fortement polluées à cause du refus d’Israël-USA d’autoriser la reconstruction des systèmes d’épuration d’eau et de fourniture d’énergie, systèmes qu’ils ont détruits.
Les Accords d’Oslo ont établi les plans de deux usines de dessalement, une nécessité dans cette région aride. L’une, une installation avancée, fut construite : en Israël. La seconde est à Khan Younis, dans le sud de Gaza. L’ingénieur chargé d’essayer d’obtenir de l’eau potable pour la population expliquait que cette usine était conçue de manière à ne pas pouvoir utiliser l’eau de mer, mais bien l’eau du sous-sol aquifère, processus moins coûteux qui contribue encore plus à dégrader la mince nappe aquifère et qui garantit de graves problèmes dans le futur. Même ainsi, l’eau est sévèrement limitée. L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine) qui s’occupe de réfugiés (mais pas des autres Gazaouis), a récemment publié un rapport avertissant que les dommages causés à la nappe aquifère deviendront bientôt « irréversibles » et que sans remédiation active et rapide, en 2020 Gaza ne serait plus « un endroit vivable ».
Israël autorise l’entrée de béton pour des projets UNRWA mais pas pour les Gazaouis engagés dans les importantes nécessités de la reconstruction. Les équipements lourds, limités, sont à l’arrêt puisqu’Israël ne permet pas que le matériel soit réparé. Tout ceci fait partie du programme général décrit par le fonctionnaire israélien Dov Weisglass, un conseiller du premier ministre Ehud Olmert, après que les Palestiniens eurent omis de suivre les ordres aux élections de 2006 : selon lui, « L’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais pas de les faire mourir de faim ». Cela n’aurait pas l’air bien.
Et le plan a été suivi scrupuleusement. Sara Roy en a fourni des preuves complètes dans ses études de recherche. Récemment, après plusieurs années d’efforts, l’organisation israélienne pour les droits de l’homme Gisha a réussi à obtenir une décision de justice enjoignant le gouvernement à publier ses archives détaillant les plans de la diète, et leur mode d’exécution. Le journaliste Jonathan Cook installé en Israël les résume comme ceci : « Les fonctionnaires de la Santé ont établi le calcul du nombre minimum de calories nécessaires au million et demi d’habitants de Gaza pour éviter la malnutrition. Ces chiffres ont ensuite été traduits en camions de nourriture qu’Israël était censé autoriser chaque jour [...] En moyenne 67 camions seulement - beaucoup moins de la moitié des besoins minimum - sont entrés quotidiennement à Gaza. A comparer à plus de 400 camions avant le début du blocus ». Mais même cette estimation est trop généreuse, affirme un agent humanitaire de l’ONU.
Comme l’observe le spécialiste du Moyen-Orient Juan Cole, le résultat de cette diète imposée est que « 10 % environ des enfants palestiniens gazaouis de moins de cinq ans ont la croissance des cheveux freinée par malnutrition ... de plus, l’anémie est largement répandue, affectant plus des deux-tiers des bébés, 58,6 % des écoliers et plus d’un tiers des mères enceintes ». Les Etats-Unis et Israël veulent s’assurer que rien n’est possible hormis la stricte survie.
« Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit » fait remarquer Raji Sourani, « c’est que l’occupation et la fermeture absolue sont une attaque menée contre la dignité humaine du peuple de Gaza et de tous les Palestiniens en général. C’est la dégradation, l’humiliation, l’isolement et la fragmentation systématique du peuple palestinien. La conclusion est confirmée par beaucoup d’autres sources. Dans une des plus grandes revues médicales au monde, The Lancet, un médecin invité de l’Université Stanford, horrifié par ce qu’il a vu, décrit Gaza comme « quelque chose comme un laboratoire pour observer une absence de dignité », condition qui a des effets « dévastateurs » sur le bien-être physique, mental et social. « La surveillance constante depuis le ciel, la punition collective par le blocus et l’isolement, l’intrusion dans les maisons et les communications, et les restrictions frappant ceux qui tentent de voyager, ou de travailler, ou de se marier, rendent difficile de vivre une vie digne à Gaza ». Il faut que les Araboushim apprennent à ne pas relever la tête.
On espérait que le nouveau gouvernement Morsi en Egypte, moins asservi à Israël que la dictature Moubarak tournée vers l’Occident, pourrait ouvrir le poste-frontière de Rafah, seul accès à l’extérieur pour les Gazaouis piégés qui ne soit pas sous contrôle israélien direct. Il y a eu une petite ouverture, mais pas grand-chose. La journaliste Laila el-Haddad écrit que la réouverture sous Morsi « est simplement un retour au statu quo des années passées : seuls les Palestiniens porteurs d’une carte d’identité Gaza approuvée par Israël peuvent utiliser le passage de Rafah », ce qui exclut beaucoup de Palestiniens, notamment la famille el-Haddad, où seule une épouse a sa carte. En outre, ajoute-t-elle, « le passage ne mène pas en Cisjordanie et il ne permet pas le passage de marchandises, lesquelles sont limitées aux postes-frontières contrôlés par les Israéliens et sujettes à des interdictions sur le matériel de construction et l’exportation ». Le passage restreint de Rafah ne va pas changer le fait que "Gaza reste sous un contrôle maritime et aérien serré et continue d’être fermée au capital culturel, économique et académique des Palestiniens dans le reste des [territoires occupés], en violation des obligations US-Israël conformes aux Accords d’Oslo".
Les effets sont douloureusement évidents. A l’hôpital de Khan Younis, le directeur, qui dirige également la chirurgie, décrit avec colère et passion comment même les médicaments pour soulager la douleur des patients sont manquants, de même que l’équipement chirurgical le plus simple, laissant les médecins impuissants et les patients dans les affres. Les histoires personnelles ajoutent la texture de la vie au dégoût général que l’on ressent devant l’obscénité de cette âpre occupation. Un exemple : le témoignage de cette jeune femme désespérée parce que son père, qui aurait été fier qu’elle soit la première femme dans le camp de réfugiés à décrocher un haut diplôme, « était mort après 6 mois de lutte contre le cancer à l’âge de 60 ans. L’occupant israélien lui avait refusé un permis pour aller se faire soigner dans des hôpitaux israéliens. J’ai dû arrêter mes recherches, mon travail et ma vie pour aller le voir alité. Nous étions tous assis près de lui, mon frère médecin et ma sœur pharmacienne, tous impuissants et désespérés de le regarder endurer la douleur. Il est mort pendant l’inhumain blocus de Gaza à l’été 2006 avec très peu d’accès aux services sanitaires. Je pense que se sentir impuissant et sans espoir est le sentiment le plus mortel pour un être humain. Il tue l’esprit et brise le cœur. On peut combattre l’occupation mais on ne peut combattre son propre sentiment d’impuissance. On ne peut même pas dissoudre ce sentiment ».
Dégoût devant l’obscénité, mêlé de culpabilité : il est en notre pouvoir de mettre fin aux souffrances et de permettre aux Samidin de jouir d’une vie de paix et de dignité qu’ils méritent.
(1) Ceux qui sont fermes dans leurs convictions, càd ceux qui font preuve de sumud, sont appelés des samidin (au singulier : samidet, samida).
Noam Chomsky est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur, après bien d’autres ouvrages, de "Pirates et empereurs. Le terrorisme dans le monde contemporain", Fayard, Paris, 2003. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.
De Noam Chomsky :
6 novembre 2012 - Al Qassam Website - Vous pouvez consulter cet article à : 
http://www.qassam.ps/opinion-6294-I...
Traduction : Info-Palestine.net - Marie Meert

mercredi 7 novembre 2012

Quand Le Pen devient révolutionnaire ! non je rigole c'est une blague ....enfin presque


Appelons un chat un chat…
Donc, au sujet de la réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les mal logés, suggérée par Cécile Duflot, Marine Le Pen s’insurge en déclarant sur LCI :
« C’est une grave violation du droit à la propriété ! La révolution française a fait de la « propriété » un des grands principes de notre République. »
Passons sur l’amalgame, comme si son parti, qui se fait ici le défenseur des propriétaires, était un héritier de la révolution française. Les montagnards sont là !!
Notons tout de suite que ceux que défend Mme le Pen ne sont pas des propriétaires lambdas, propriétaires de l’appart dans lequel ils vivent. Non. Il s’agit de propriétaires qui possèdent plusieurs appartements. Si j’appartenais à la classe des ouvriers et des modestes qui votent FN, j’ouvrirais quand même un peu les yeux pour voir que ma chef, au nom de la sacro-sainte règle « révolutionnaire » de la propriété, préfère qu’on meure dehors.
Bien. Continuons.
«Si les mots de Mme Duflot se transforment en actes, cela aura pour conséquence d’empêcher les investissements dans l’immobilier parce que l’immobilier deviendra risqué.»
Ah ! Là voici donc préoccupée à présent des investisseurs. Mais on croyait qu’elle n’était pas de droite Mme le Pen. De quels investisseurs parle-t-elle ??? Ceux qui mettent de côté sur un livret A de quoi s’acheter un garage à Romorantin ??
Mais le meilleur reste à venir
«La solution à la crise du logement passe par la lutte contre l’immigration.»
What a surprise !
Après avoir cligné de l’œil à ses électeurs fortunés, elle se tourne sans perdre de temps vers son électorat populaire qui pense que l’Islam, plus que le libéralisme américain, nous conduit au chaos.
En fait, n’importe quelle phrase prononcée par Mme Le Pen pourrait se terminer par « la solution à…passe par la lutte contre l’immigration ».
C’est le torchon rouge qu’elle agite frénétiquement : « Immigration ! »
Et elle en vient alors à cette démonstration d’une bêtise grave, bêtise, on s’en doute destinée à des électeurs qu’elle doit juger bêtes et pour lesquels on peut raconter n’importe quoi.
« Mme Duflot nous dit qu’il manque 800.000 logements et nous avons accueilli 1 million d’étrangers en cinq ans en France. Alors commençons par arrêter l’immigration et l’on va résoudre assez facilement le problème des logements manquants »
Ahahahahahahahaaa !
Je dois dire que je n’en ai jamais entendu une d’aussi bonne à un tel niveau (présidentiable) si ce n’est dans les discours de Romney ! Comme quoi, elle a quand même un grand avenir devant elle !
Donc résumons les propos de Mme le Pen. 1 million d’étrangers arrivés en France depuis 5 ans habitent donc des logements alors que les Français sont à la rue.
800 000, si je suis bien.
Donc, si on chassait ce million d’étrangers qui laisserait alors 1 million de logements vacants, les 800 000 français pourraient être logés « assez facilement ». (Sauf qu’il s’agit de SDF qui n’ont pas d’argent. Mais « chut !! » Madame s’adresse à ses électeurs !)
Nous notons l’emploi de « facilement », adverbe démagogue qui ouvre de nouveaux horizons au public et « assez » qui modère tout de même l’enthousiasme.
Je vous fiche mon billet que si on chasse 1 million d’immigrés ça ne va guère changer le problème du logement dans les centre ville où même les purs français qui travaillent n’arrivent pas à se loger….
Ceci dit revenons au sujet oublié par notre blonde radicale : il y a des gens qui meurent dans la rue. Il y a des appartements qui sont vides.
Que fait-on ?
Ah ! J’ai compris ! On chasse les immigrés et les propriétaires d’appartements vides, enfin rassurés, les louent à des SDF et à de pauvres travailleurs !
Mais rassurons Mme Le Pen. Mme Duflot « envisage » seulement cette éventualité.
On a le temps de voir venir…
Et avec cette fin du monde en décembre 2012, peut-être que tous les problèmes seront réglés.
Pour conclure, merci à Mme Le Pen de nous avoir bien amusés de son talent indéniable de femme politique, dans un monde où ce mot, trop souvent hélas, mais pas toujours quand même, n’évoque que démagogie, complaisance, intérêt, mépris et manque total de réflexion.
Stupidité : caractère d’une chose qui est produite sans intelligence, sans discernement. Parole qui manque de jugement.

mardi 6 novembre 2012

L'équipée givrée de Carole, Pascal et leurs mille moutons blancs; l'histoire la transhumance hivernale de deux bergers qui suivent quelque soit le temps leur troupeau , magique ; ils nous ramènent aux temps premiers de la sédentarisation , à la naissance de l'agriculture , à la naissance de l'humanité avec comme socle l'agriculture paysanne ...


Le film Hiver nomade, produit et réalisé par des Vaudois, salué et primé dans de nombreux festivals, vient raconter l’histoire vraie et âpre de la transhumance.

Où vont-ils, ces deux bergers enveloppés dans leur cape de laine, et ces centaines de moutons qui traversent à pas lents les bourrasques de neige et les brumes de la campagne romande? Que cherchent-ils entre les routes et les forêts? Les réponses à ces deux questions – parmi les milliers qui furent posées à Carole et à Pascal durant leur épopée – sont dans le beau film Hiver nomade, qui sort dans les salles romandes.
Ce film 100% vaudois mais profondément universel raconte une histoire, celle de la transhumance, dont nous sommes si nombreux à ignorer qu’elle se pratique encore. En fait, c’est tout simple, si on ose dire: un éleveur achète des moutons avant l’hiver, les confie à un berger, qui les balade, les dirige, les maîtrise, les protège, les soigne, et surtout les fait manger pendant quatre mois, le temps qu’il faut pour qu’ils engraissent avant d’être abattus.
Quand il a vu Pascal Eguisier et Carole Noblanc passer devant ses fenêtres de Vucherens avec leurs moutons, durant l’hiver 2008, le réalisateur Manuel von Stürler a craqué. Lui, le musicien, le photographe, le voyageur, a immédiatement décelé là le sujet d’un film documentaire. «Cette esthétique du flot des moutons, cette culture du savoir-faire, cette façon de traverser des territoires conquis par la civilisation et l’urbanisme, j’étais sous le choc.»
Il est donc allé voir Elisabeth Garbar et Heinz Dill, de Louise Productions, à Lausanne, qui travaillent beaucoup avec de jeunes auteurs, avec des gens en mouvement et en quête de sens. Les producteurs, qui aiment être perçus comme des «éditeurs de films», sont tout de suite d’accord, mais veulent donner au projet une orientation davantage cinéma que télévision et, à leur demande, Claude Muret (qui réalisa Les petites fugues) et Camille Cottagnoud (cameraman au talent réputé) viennent former équipe avec Manuel von Stürler.
Un film sans fard
Dès lors, les voilà tous sur les chemins et les routes en compagnie de Pascal et Carole. Sous la pluie, la neige, dans les forêts, le givre, les fesses sur les talus glissants, entre chien et loup au cœur des villages figés par l’hiver. Le berger, 55 ans, pratique la transhumance hivernale depuis trente ans. L’été, il dorlote des vaches allaitantes à La Vare, près de Pont-de-Nant. La transhumance, les voyages lointains, c’est sa façon de vivre libre.
Carole (29 ans), il y a quelques années, a lâché sa Bretagne natale, sa famille, son travail, pour la montagne. Elle y a rencontré Pascal, appris et vécu la transhumance pendant six ans. Dans sa vérité âpre, dans son approche si nette du temps et des êtres, le film ne cache rien: la dureté du climat, les dangers des routes, mais aussi la rigueur du berger envers sa partenaire, ses coups de gueule, ses reproches.
Jusqu’à la rupture: unis dans le film, le berger et la bergère ne le sont plus dans la vie. Pascal s’apprête à entamer une nouvelle transhumance au départ d’Yverdon fin novembre, Carole se prépare à ouvrir – le 26 décembre, c’est sûr – sa crêperie à Gryon, où elle vient de trouver un appartement. «J’ai fait un choix difficile, énorme, car ma vie me plaisait, la transhumance l’hiver, l’alpage l’été à La Vare, les voyages entre deux. Mais un livre m’a éclairée, m’a donné envie de ne plus être sous l’autorité de quelqu’un, de faire mes propres choix.»
Carole est donc partie avec le chien Titus à pied du Léman à la Méditerranée, à Menton exactement. Elle a appris à faire du savon. Elle a erré, elle a eu peur, elle a été heureuse, elle a croisé des loups en gardant – seule, archiseule – des moutons dans le Mercantour! Elle est revenue. Et partage maintenant la vie… du film: «Avec la maison de production, nous préparons des projections d’Hiver nomade et des rencontres, des discussions dans les écoles.»
Pascal, lui – comme Carole ces temps-ci –, assure la promotion du film. Il est allé à Reykjavík, sera bientôt à Amsterdam. «Le film fait sa transhumance, elle est belle!» sourit le berger, en rappelant avec fierté qu’Hiver nomade est nominé aux Oscars du film européen. Il est fier, oui, mais ne lâcherait pour rien au monde ses lits de peaux sur feuilles mortes, ses moutons, ses ânes et ses chiens. Il retrouvera bientôt sur le chemin d’autres personnages du film, discrets mais respectables: l’éleveur, les agriculteurs qui ne veulent pas voir le troupeau passer sur leurs terres, la dame qui offre un repas, et ces curieux innombrables qui questionnent et photographient ce héros de conte qu’est le berger en transhumance.(24 heures)


La démocratie ,une idée mise en pratique il y a de plus de 2000 ans dont il ne reste qu'une pâle imitation....


Voici un extrait du livre : « La Cité et les Lois »,un recueil de séminaires par Castoriadis (1983-1984).

Il faut, si l'on peut, lire TOUT castoriadis. Il démonte point par point tous les enfumages sur les 2 derniers siècles d'une part mais aussi sur l'ensemble des 25 derniers siècles après la chute de la démocratie athénienne.

Tous les textes castoriadiens se recoupent entre eux. Celui que j'ai choisi ci-dessous offre un assez bon résumé de bon nombre de points. Et d'une manière générale, le livre « La Cité et les Lois » est en lui-même un bon résumé des autres.

Cornelius Castoriadis

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LA DÉMOCRATIE

Il s'agit du pouvoir du peuple et non celui de ses représentants - l'idée de représentation politique, spécifique de la société et de l'aliénation d'aujourd'hui, est là totalement absente ; ensuite, le peuple ne saurait être remplacé par les experts, qui sont certes reconnus comme tels dans leurs domaines respectifs, mais sans qu'ils puissent prétendre à une expertise politique générale, qui n'existe pas : il n'y a pas de science de la politique ou du gouvernement ; enfin, il s'agit bel et bien de la communauté politique et non d'un État au sens moderne du terme, séparé de la société, qui lui fait face et la gouverne. Tout cela implique aussi queles membres de la communauté participent effectivement à l'activité politique. Non pas, bien-sûr, que 100% d'entre eux prennent part à tout instant aux délibérations ou aux décisions ; mais tout simplement qu'une majorité substantielle du peuple est présente et se manifeste activement chaque fois qu'il s'agit de délibérer et de décider. Cette participation n'est pas un droit abstrait, mais une pratique effective ; et elle n'est pas laissée au hasard ou au bon vouloir des citoyens. C'est toute la vie de la cité, toute l'éducation des citoyens, la paideia pros ta koina,l'éducation en vue des affaires communes, qui conditionne cette participation effective. Et cela est manifeste, dans la vie politique d'Athènes, pratiquement de la révolution de Clisthène à la fin de l'indépendance d'Athènes (bataille de Chéronée, domination macédonienne, etc.), c'est-à-dire à peu près pendant deux siècles. Parmi les composantes du dispositif qui rend possible cette pratique de la démocratie, il y a la création d'un espace public, (...), à savoir la publicité des affaires, par opposition radicale au secret - monarchique, étatique ou bureaucratique - (...), la création aussi d'un temps public, (...), par temps public, j'entends une mémoire qui, là encore, n'est pas la possession privée de prêtres, de fonctionnaires, du monarque ou d'une bureaucratie, mais est explicitement mise en commune et publiquement élaborée, (...).

Dès qu'il s'est institutionnalisé, le monde politique moderne, (...), a commencé par reconnaître les principes, les significations imaginaires politiques constitutives du monde grec, tout en affirmant que ces principes sont inapplicables dans les sociétés modernes. (...), il est absolument clair, en tout cas chez Ferguson, dans l'Essai sur la société civile, mais déjà avant chez Montesquieu, que la véritable démocratie signifie la participation de la communauté entière ; c'est évidemment aussi l'idée centrale de Rousseau. Et dans la mesure où une théorie libérale de la constitution politique s'élabore et prévaut à partir de la fin du XVIIIe siècle, elle s'appuie surl'affirmation explicite de l'impossibilité de cette participation dans les sociétés contemporaine et sur l'acceptation de l'État comme distinct de la communauté politique, étranger à elle. (...) Cette philosophie politique se trouve face à une quadrature du cercle : on maintient un État séparé dont on essaie de limiter le pouvoir, on tient pour acquis que les citoyens ne peuvent ou ne veulent pas, sauf exception passagère, s'occuper des affaires publiques, et en même temps on prétend fonder là-dessus un régime qui se réclame de la souveraineté du peuple et qui se donne le nom de démocratie. On aboutit à l'autoorganisation de la société dite civile à travers le marché - la dimension essentielle de la société étant ici la dimension économique -, processus avec lequel la communauté politique devrait donc s'abstenir d'interférer.

La grande question de la démocratie, est de savoir qui fait la loi et comment. Autrement dit, dans le langage de Rousseau, qui est le souverainRéponse évidente : le peuple ; c'est « nous » qui faisons la loi, et c'est dans ce « nous » qui se trouvent impliquées l'égalité, la liberté et la communauté comme réalité concrète sans laquelle ce « nous » ne serait pas. (...) C'est en ce sens que la démocratie grecque antique instaure vraiment l'autonomie : en disant que la loi est faite par nous et pour nous, et en définissant ce nous comme la collectivité des citoyens libres, adultes, mâles, etc. (...) Il y a donc là, (...) auto-institution explicite de la société. Ce qui, bien entendu, pose immédiatement le problème des limites de cette auto-institution. (...) Nous pouvons tout faire ; mais évidemment, nous ne devons pas tout faire : c'est la question de l'autolimitation. Y répondent, d'abord, un certain nombre d'institutions formelles, dont j'ai donné un exemple avec la graphè paranomôn. (...) Il y a un extraordinaire développement à Athènes de ce que nous appellerions le pouvoir judiciaire, qui n'est qu'une autre forme du pouvoir que le peuple exerce aussi à travers l'agora et l'Ekklèsia. Il y a aussi des institutions qui, sans être politique au sens strict, apparaissent comme une réponse à cette question de l'autolimitation, en particulier la tragédie.

Tout cela sera étouffé par la contre-révolution platonicienne, et par la constitution, à sa suite, d'une philosophie politique qui va s'édifier en opposition frontale avec ce qui avait été créé au cours du VIe et du Ve siècle (avant J.C.).

(...) Ce choeur de l'Antigone de Sophocle où il est dit explicitement que c'est l'homme lui-même (c'est-à-dire l'humanité) qui invente, crée, pose les lois qui constituent les cités. (...) C'est la communauté qui forme l'individu tel qu'il va devenir. On reconnaît l'idée de la paideia explicité par Aristote, mais qui est là bien avant lui, pratiquement depuis toujours. (...) polis andra didaskei,c'est la cité qui éduque l'homme, qui fait de lui un homme. (...) Chez les humains le nomosdevient phusis, c'est-à-dire que leur nature, c'est ce qui leur a été imposé et inculqué par l'institution de la cité dans laquelle ils ont grandi.

(...) C'est bien évidemment à partir du moment où l'ont reconnaît, (...), cette autocréation de l'humanité, autoconstituante et auto-instituante, que la question du nomos et de la doxa surgit avec toute sa profondeur. Il n'y a plus lieu, alors, de penser à une naturalité ou à une quelconque origine divine ou transcendante des dispositions qui règlent la vie sociale des êtres humains : tout cela, c'est du nomos ; et quant aux vues de ces mêmes humains sur le monde, c'est de la doxa, de l'opinion.


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Rappel, un tableau comparatif entre la vraie démocratie athènienne et fausse démocratie d'aujourd'hui : https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AhAmxGY-VaJ8dHU4MmVIYlhwSEpqS21LSTl6M3BET2c&single=true&gid=0&output=html