Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".




RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

mercredi 7 janvier 2015

wikileaksactu. /Philip Marshall, un auteur qui prévoyait des révélations sur les attentats du 11 septembre, est mort mystérieusement en février 2013

Philip Marshall, un auteur qui prévoyait des révélations sur les attentats du 11 septembre, est mort mystérieusement en février 2013

Philip Marshall, avec ses enfants Alex et Macaila
Philip Marshall, un auteur qui en savait trop sur le 11 septembre
Un ancien enquêteur de l’Agence nationale américaine de sécurité, Wayne Madsen, qui a passé huit jours sur place pour enquêter sur les circonstances exactes du décès, le 2 février dernier, de l’auteur du livre The Big Bamboozle Philip Marshall, a contesté la thèse officielle du suicide lors d’une entrevue radiophonique avec Kevin Barrett.
Philip Marshall a été trouvé mort chez lui avec ses deux enfants, tous tués par balle. Un voisin avait trouvé les trois corps (plus celui de leur chien) dans une maison laissée porte ouverte, chose inhabituelle pour un auteur de livres portant sur des questions aussi sensibles. Madsen a également expliqué dans l’interview que l’ordinateur de Marshall n’a toujours pas été localisé, et qu’il avait de plus confié à un ami qu’il travaillait sur un quatrième livre comportant des révélations encore plus « choquantes ».
Philip Marshall a été pilote de Boeing pendant plus de vingt ans, et avait publié en novembre 2012 un livre-enquête, The Big Bamboozle: 9/11 And the War on Terror (La grande tromperie: le 11 septembre et la guerre au terrorisme), documentant l’implication des autorités saoudiennes dans l’entraînement des quatre pilotes responsables des attentats du 11 septembre 2001. Marshall a piloté des Boeing 727, 737, 747, 757 et 767 à titre de capitaine et était convaincu, en raison de son expérience, que les quatre pirates de l’air avaient dû bénéficier d’une formation poussée, dans des conditions réelles et au-delà de celle qu’ils avaient reçue dans les écoles de pilotage habituellement citées dans les médias, et ce jusqu’aux derniers jours avant les attentats.
Marshall avait conclu que ces séances d’entraînement supplémentaire n’auraient pu avoir lieu que sur la base de Pinal Airpark, située entre Las Vegas et Tucson en Arizona, et souligne que seuls les quatre pilotes chargés de mener les attaques avaient été envoyés à Las Vegas au cours des six derniers mois précédant les attentats. Des Boeing 757 et 747 étaient disponibles sur place au moment de leur séjour, et ce site est connu pour avoir été utilisé par des agents de la CIA et des entreprises privées de mercenariat comme Blackwater.
Marshall ajoute que nombre de Saoudiens étaient sur place ou plus largement dans le pays à l’époque des attentats, dont des membres de la famille Ben Laden et plus particulièrement plusieurs membres de l’entourage du prince Turki al-Faisal, l’ancien ministre des renseignements saoudien. Lui-même avait séjourné près de Las Vegas et se trouvait dans le pays le jour même des attentats.
Marshall écrit que des pilotes-instructeurs auraient pu bénéficier de la couverture fournie par cette vaste suite princière pour entrer et sortir du pays sans être interrogés. A titre d’exemple, il souligne que le Prince Bandar, alors ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel dirigeant des services de renseignement saoudien, était le chef de son unité de chasseurs lorsqu’il était dans les forces aériennes saoudiennes dans sa jeunesse, et que deux agents saoudiens opérant à San Diego et en contact avec les terroristes du 11 septembre, Bayoumi et Bassan, étaient attachés à la Direction de l’aviation civile saoudienne.
Ces quelques éléments montrent, ainsi que de nombreux autres développés dans le livre, qu’une telle opération ne pouvait pas avoir été montée par une organisation terroriste clandestine, aussi riche et organisée soit-elle, mais qu’il fallait des moyens que seul un pays bénéficiant d’une large couverture diplomatique, de services de renseignements sophistiqués et de nombreux contacts pouvait mobiliser.
Quant aux raisons pour une telle implication des saoudiens, Marshall cite un document publié par la PNAC (Projet pour un nouveau siècle américain), intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique », en particulier le passage où on explique que « la transformation prendrait un long moment – nonobstant quelque événement catastrophique ayant un effet catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbour ».
De plus, en blâmant les attaques sur Osama ben Laden, on pourrait par la suite justifier une politique de guerre préventive contre l’Irak (qui n’avait pourtant rien à voir avec ben Laden), et éventuellement la Syrie et l’Iran, des pays traditionnellement opposés à la culture Wahhabite et ne partageant pas la même vision géopolitique sur l’avenir de l’Asie centrale.
Dans l’introduction de son livre, Marshall montre comment la version finale du Rapport d’enquête parlementaire sur le 11 septembre a été rédigée de manière à passer sous silence le rôle saoudien, en particulier par l’omission du chapitre classifié de 28 pages (retiré du rapport par l’administration Bush) consacré exactement à cette question. Marshall était en contact non officiel avec l’ancien Sénateur Bob Graham, et ancien co-président de la Commission conjointe d’enquête du Congrès américain, qui a exigé à de multiples reprises la publication de ces 28 pages. Une chose qu’a refusé de faire Barack Obama en dépit des promesses qu’il avait faites personnellement aux familles des victimes des attentats lors de sa campagne de 2008.

mardi 6 janvier 2015

J'ai froid (dit le pauvre) ..... C'est la saison qui veut çà , lui répond le riche .Méditons ... méditons.. SVP

A méditer ...

Merci à tous les visiteurs ! à tout(es) celles et ceux qui font vivre ce blog

 voilà , voilà les 200 000  pages lues sont dépassées .. pendant les fêtes  .. et largement  donc Merci à tous  !

 Ce blog va continuer sans langue de bois  , et , dénoncer toujours avec autant de virulence  ce système violent . Nous allons toujours et encore se  battre pour  plus d'humanité  , de solidarité , de fraternité , en combattant la Haine , le racisme et le pouvoir du fric qui tue...

lundi 5 janvier 2015

Juncker , cette crapule qui chante les merveilles de L'Europe capitaliste , se vautre dans l’arrogance propre aux dictateurs financiers

A Montluçon, le FN tente de s'approprier la mémoire des résistants


Publié par RegardActu

A Montluçon, le FN tente de s'approprier la mémoire des résistants

A Montluçon, le FN tente de s'approprier la mémoire des résistants
C'est à une incroyable scène à laquelle ont assisté les montluçonnais ce dimanche matin devant le monument qui commémore l'acte de résistance des montluçonnais le 6 janvier 1944. Alors que les anciens combattants, les élus, ainsi que des représentants des différentes familles politiques rendaient hommage à celles et ceux qui s'étaient allongé sur les rails ce jour là pour empêcher le train de partir pour l'Allemagne, une quinzaine de militants du FN ont fait irruption à la fin de la cérémonie avec la ferme intention de déposer une gerbe de fleurs devant le monument.
Cette inqualifiable provocation a suscité une vague d'indignation parmi la foule rassemblée. Ce sont les anciens combattants ainsi que des militants de la CGT, du Parti communiste, du Front de Gauche, du Parti socialiste et des Verts qui se sont instinctivement portés au-devant d'eux pour les empêcher d'accomplir ce geste sacrilège, aussitôt rejoints par les représentants de la majorité municipale et de l'UMP.
Soucieux d'apaiser les esprits, le Maire de Montluçon, Daniel Dugléry a demandé aux militants du FN de quitter les lieux, ce qu'ils ont fait, avec cependant beaucoup de réticence.
Le Parti des fusillés a immédiatement réagi dans un communiqué à la Presse le jour même :
A Montluçon, le FN tente de s'approprier la mémoire des résistants
Communiqué de presse du Parti communiste de Montluçon :
Aujourd'hui, 4 Janvier 2015, la commémoration du 6 janvier 1943, avait lieu place de la gare à Montluçon. Le Parti Communiste Français a fait partie du protocole et a déposé officiellement une gerbe de fleurs.
A l'issue de la cérémonie, le Front national ,sans aucune vergogne s'est avancé et a voulu faire de même. Les forces progressistes présentes ont empêché cet acte considéré par tous les présents comme une offense à l'égard des résistants et de toutes les personnes qui se sont allongées sur les voies ferrées le 6 Janvier 1943.Les idées nauséabondes de ces individus font du chemin. Ils osent tout. Soyons vigilants et réactifs. Notre liberté est en danger.
Pour la Section du Parti Communiste Français de Montluçon :
Fabienne Comiti, Secrétaire
Nanou Ferrier, correspondante de regard-Actu se trouvait sur place. Elle aussi s'interposa comme les autres entre le FN et le monument dédié aux résistants du 6 janvier 1944. Elle nous décrit cette scène surréaliste. Laissons-lui la parole :
La manifestation du 6 janvier 1943
A Montluçon, le FN tente de s'approprier la mémoire des résistants
Louis Bavay, dit Tilou pour le différencier de son père prénommé également Louis, revient des Chantiers de jeunesse le 10 novembre 1942. Le lendemain, il voit les Allemands entrer dans Montluçon. À cette époque, il y a plusieurs entreprises industrielles à Montluçon : la Sagem, Dunlop, les Fers Creux, Saint-Jacques. Leurs ouvriers sont directement menacés par la réquisition car les Allemands ont surtout besoin de métallurgistes. Tilou tente une première fois de s’opposer au départ de jeunes pour l’Allemagne le 29 décembre 1942, mais c’est un échec car les autorités se sont entourées d’un maximum de précautions pour opérer ce transfert.
Quand il entend parler d’un autre départ, il décide avec ses amis Pierre Katz, Marcel Zwilling, René et Lucien Marchelidon qui partagent ses idées communistes et antinazies, de s’y opposer.
Ils écrivent des messages sur les murs de la Sagem et de Dunlop afin d’inciter les Montluçonnais à manifester. Pierre Katz rédige un tract en allemand pour inviter les soldats incorporés de force dans l’armée allemande à rejoindre la Résistance avec leurs armes. La famille Barbat imprime de façon artisanale des tracts contre le départ des requis. A côté de l’action des Jeunesses communistes, il faut citer aussi l’action de Libération (Sud), du Comité des femmes et des cheminots.
Le jour de la manifestation, le 6 janvier 1943, il y a foule autour de la gare de Montluçon. Deux mille à trois mille personnes se sont rassemblées. Le groupe de Tilou Bavay enfonce le cordon de policiers français qui empêchent l’accès aux quais. Les Montluçonnais s’engouffrent dans la brèche et incitent les réquisitionnés à s’enfuir. Le chauffeur et le mécanicien se rangent de leur côté, tandis que le chef de gare, un collaborateur notoire, cherche par tous les moyens à faire partir le train. Des femmes se couchent sur la voie. Les groupes mobiles de réserve interviennent contre la foule qui les repousse à coups de pierres. Il faut l’intervention des soldats allemands baïonnette au canon pour que la foule se disperse.
Cependant, l’essentiel est atteint : sur les 120 requis qui se sont présentés à la gare, un peu plus de 80 se sont échappés. La répression ne se fait pas attendre. Une cinquantaine de requis sont très vite retrouvés et envoyés dès le lendemain outre-Rhin. Une quinzaine de manifestants sont arrêtés et se voient infliger des peines allant d’un à quinze jours d’emprisonnement. Les principaux responsables sont recherchés. Tilou Bavay a réussi à s’enfuir, mais son père est arrêté.
Cependant, trente à trente-cinq réfractaires ont pu échapper aux arrestations et la manifestation est citée par la radio de Londres quelques jours plus tard. La manifestation du 6 janvier a donc eu un retentissement mondial. Voilà rappelée à grands traits l'histoire de cette commémoration qui cette année avait lieu le 4 janvier .
Une commémoration qui prit tout son sens, peut-être même retrouva son sens, le sens essentiel, le seul en fait, lorsque le FN arriva pour déposer sa gerbe se réclamant de la Résistance, et assimilant Pétain et Hitler au socialisme, à la gauche . Plus que du révisionnisme, un renversement total de l'histoire .
Ici il y avait les élus municipaux , le Maire, des syndicats, des anciens combattants, des résistants de l'époque, des communistes,des anticapitalistes, des socialistes, des Front de Gauche, des non encartés, des vieux, des jeunes, des d'accord, des pas d'accord, or d'un seul coup et spontanément tout ce beau monde parfois si divisé a fait rempart contre le FN , sans mot d'ordre, sans préparation, mais tous avec cette même absolue nécessité de dire NON à l'impensable FN .
Fermement . Dignement . Sans répondre aux provocations ils ont fait ENSEMBLE un mur entre le monument rappelant ce jour de combat contre le nazisme et le FN . Un mur de silence. Un mur absolu . A Montluçon, ce sera NON au FN, à ses ridicules et fausses caricatures d'Histoire, çà sera NON à cette soi-disant résistance qui défend l'ignoble, le repli nationaliste et la haine de l'autre.
Une camarade dit haut , mais sans crier " Vous ne pouvez à la fois allumer les fours et déposer les Fleurs " ( Geneviève D G )
Il semble urgent et important de veiller à la défense de nos derniers symboles de lutte contre le nazisme, de lutte pour la Liberté . De ne point entendre les sirènes du révisionnisme d'extrême droite, de tenir ferme la barre !
De nombreuses fautes ont été commises et sont encore par cette République qui s'est servi et se sert des idées d'extrême droite les plus nauséabondes soit pour terroriser soit pour asseoir sa politique inique et anti-sociale . Ces fautes sont à reconnaitre par les uns et par les autres, si de République encore ils veulent parler .
Le sens de l'action de résistance de ce matin laisse penser que c'est possible, qu'au delà des électoralismes de bas étage, ils le sont tous, subsiste, résiste une idée non négociable de ce que doit être une société respirable, où l'Histoire a sa place , où l'Histoire doit prévenir du pire, où la haine de l'autre ne doit à aucun moment être tolérée .
En espérant que cet acte symbolique éveille, fasse prendre conscience du danger auquel nous sommes immédiatement confrontés
Nanou Ferrier

samedi 3 janvier 2015

Le Venezuela fait vivre la démocratie , à des années lumière de la caricature proposée par les médias capitalistes français

Manifestation pour célébrer les quinze ans de la Constitution Bolivariene, Caracas, 15 décembre 2014.
Manifestation pour célébrer les quinze ans de la Constitution Bolivarienne, Caracas, 15 décembre 2014.
On connaît la musique : chaque fois que le Venezuela approfondit la démocratie, les grands médias en remettent une couche pour créer l’image d’un régime répressif (1). Qu’une population passe de l’état de paysage colonial muet a celui de sujet politique actif explique la réaction locale de la minorité blanche, riche et raciste. Celle-ci sait comment fabriquer les violences dont les médias internationaux ont besoin pour mettre en images leur “révolte populaire contre le gouvernement vénézuélien“. Cette alliance entre les grands groupes médiatiques et une droite locale du seizième siècle – médiatiquement majoritaire au Venezuela – rappelle que l’Occident reste, lui aussi, profondément colonial face à l’émergence du Sud comme sujet politique.
Depuis l’approbation par les électeurs de la Constitution Bolivarienne il y a quinze ans, les gouvernement Chavez puis Maduro ont travaillé à la concrétisation de la “participación protagónica”, à savoir la participation effective et efficace des citoyens au pouvoir d’État. En 2014, dans cette deuxième année de révolution sans Chavez, tout en surmontant toutes sortes de déstabilisations violentes, économiques, médiatiques et politiques, Nicolas Maduro a franchi une étape fondamentale sur cette voie : la création des Conseils Présidentiels.
Formés de porte-paroles désignés par les mouvements sociaux, sont baptisés “présidentiels” parce qu’ils disposent du même rang que le Conseil des Ministres – des décisions gouvernementales pouvant être prises directement au cours de ces réunions.  “Ces Conseils ont été créés pour construire les institutions, précise Maduro, et pour réorienter les investissements. Ce sont des conseils de gouvernement, au plus haut niveau présidentiel, au plus haut niveau constitutionnel et des pouvoirs publics”. Cerveau collectif, flux constant de critiques, de propositions, de solutions émanant des mouvements sociaux, ils sont une manière de démultiplier la fonction présidentielle, d’en faire un inspecteur collectif sur le terrain, qui rend compte en connaissance de cause au Président de la république des retards, problèmes, dans la réalisation des accords et des nouveaux besoins en matière de politiques publiques.
Le premier Conseil installé le 19 septembre 2014 fut celui des Communes. A quoi bon parler de “révolution citoyenne” ou de “socialisme bolivarien” sans transformer les relations sociales de production et la division sociale du travail liées à la globalisation néo-libérale ? Basée sur le concept de “toparquía” (“gouvernement local”) créé au 19ème siècle par le philosophe Simón Rodriguez, la commune vénézuélienne – qui regroupe des conseils communaux liés par une même problématique sociale – commence à incarner ce nouveau mode de production centré sur les besoins directs d’une population et administré par celle-ci (2).
En décembre 2014 on note une forte progression du nombre de communes (930 enregistrées dans tout le pays) et de conseils communaux (47 mille 332). “Aucune de ces communes, aucun de ces conseils communaux ne resteront sans financement de leurs projets en 2015 » explique le Vice-Président pour le Socialisme Territorial, le sociologue Elías Jaua. Ce nouveau pouvoir citoyen commence à bousculer les vieilles formes de pouvoir local alors que pour de nombreux maires, gouverneurs, y compris certains chavistes, la politique restait un négoce clientéliste et autoritaire.
Autre Conseil créé ces derniers mois, celui des Travailleurs, articule les politiques impulsant l’économie productive, les avancées du droit du travail et le plan de travail pour les entreprises nationalisées : un nouveau modèle de direction des entreprises publiques sera mis en place en 2015.
MinMujer - Noticias - 2014-11-26 04-36-28 - Múltiples anuncios realizados durante la instalación del Consejo Presidencial de Gobierno de las Mujeres  
Le Conseil des Femmes réuni avec le président Maduro, novembre 2014.
Le Conseil des Femmes a déjà renforcé les programmes visant à éliminer la violence contre la femme, dénoncé l’image dénigrante que diffusent de la femme les médias privés, majoritaires au Venezuela. Sont mises en place de nouvelles politiques sociales pour les femmes de milieu populaire – historiquement, le secteur le plus vulnérable à l’extrême pauvreté. L’accent sera mis en 2005 sur la création de nouvelles “Bases de missions sociales” (qui regroupent tous les services publics et sociaux essentiels) dans les communautés les plus pauvres, avec priorité pour les femmes.
Le président Maduro réuni avec le Conseil des Paysans et des Pêcheurs
Le président Maduro réuni avec le Conseil des Paysans et des Pêcheurs, décembre 2014.
Du Conseil Présidentiel des Paysans et des Pêcheurs ont émergé un plan général de développement agricole et la décision saluée par les mouvements sociaux de restructurer le Ministère des Terres et de l’Agriculture, avec de nouvelles mesures contre les mafias privées qui interceptent et gonflent les prix des produits agricoles avant qu’ils n’arrivent aux mains des habitants.
Les pénuries passagères de certains aliments ont mis en évidence la faillite du capitalisme au Venezuela, où le secteur de l’alimentation reste à 70 % aux mains du secteur privé. Le géant privé Polar, quasi monopolistique sur des produits d’usage quotidien comme la farine de maïs, produit moins qu’il n’importe… grâce aux dollars préférentiels que lui octroye l’Etat.
Le président Maduro a également défendu la réactivation de l’agriculture familiale en petite surface (le traditionnel “conuco”), suivant ainsi les recommendations de la Via Campesina et de la FAO (ONU) qui insistent sur l’importance de ce mode de production pour la souveraineté alimentaire, le développement rural soutenable, une nourriture saine produite de manière agro-écologique.
Il fut aussi question de la lutte accrue contre les exactions de  grands propriétaires qui ont assassiné à ce jour près de deux cents paysans – un thème dont ne parlent jamais les médias internationaux car cela les obligerait à évoquer la réforme agraire. Cette volonté de mettre fin à l’impunité se heurte encore à une justice liée aux grands lobbies terriens – pour preuve la récente tentative – qui a heureusement échoué – du Tribunal Suprême de Justice d’abroger la charte agraire de la commune “El maizal” – modèle de participation populaire dans l’État de Lara. Maduro a aussitôt pris la défense des communards de El Maizal, jugeant cette décision “anticonstitutionnelle et attentant aux droits fondamentaux des paysans”.
Qui aurait cru que 522 ans plus tard, les 44 peuples indigènes qui ont résisté au colonisateurs, allaient être assis au centre du pouvoir politique, au palais présidentiel ? Le Conseil Présidentiel des Peuples Indigènes doit être une nouvelle structure d’État et de gouvernement pour décider et diriger. C’est une rénovation de la révolution, et c’est une révolution dans la révolution”. C’est en ces termes que le président Maduro a salué l’installation du Conseil des Peuples Indigènesavec lequel il a décidé d’augmenter les investissements de projets socio-productifs formulés par les peuples originaires, d’assurer la couverture sociale intégrale de toutes les communautés et de “fonder immédiatement l’institut des langues indigènes, avec une équipe qui travaille de manière permanente, scientifique, à enregistrer, retrouver et rendre vie à toutes les langues indigènes qui existent sur le territoire vénézuélien”.
Le Conseil des Peuples originaires réuni au Palais présidentiel
Le Conseil des Peuples originaires réuni au palais présidentiel, octobre 2014.
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Autres conseils en pleine installation : le Conseil des Jeunes et des Étudiants, et celui des Travailleurs de la Culture qui vise a développer les systèmes de sécurité sociale pour tous les créateurs sans exception. S’y ajouteront en janvier 2015 le Conseil de la classe moyenne et des associations de voisins, celui desorganisations de persones âgées et des associations de personnes handicapées.
Pour renforcer cette participation populaire au plus haut niveau de l’État, Maduro a signé dans les derniers mois plusieurs lois importantes : telle la Loi organique des Missions Sociales qui protège légalement tous les travailleurs de ces services publics, assortie de la création du fonds économique unique des grandes missions; La loi de financement des projets du pouvoir citoyen pour accélérer les conditions d’octroi de crédits aux entrepreneurs individuels ou associés, aux conseils communaux, aux communes, aux coopératives, aux personnes de faibles revenus et à toute autre instance de pouvoir populaireLaLoi organique de la gestion communautaire des Services, compétences et autres attributions; La Loi de l’Emploi productif pour les Jeunes qui garantit à ceux-ci la protection légale lors de leur premier emploi, avec salaires et horaires décents, contre l’habituelle exploitation dont ils sont victimes; La Loi d’Alimentation des Travailleurs qui augmente le niveau du ticket alimentation (en complément du salaire); La Loi organique de Planification Publique et Populaire qui oblige l’État à consulter en permanence les citoyens et à planifier de manière participative  l’octroi des ressources pour leurs projets.
Vice-présidents, faites du pouvoir citoyen une priorité. Obligez les ministres qui sont sous votre responsabilité à le faire aussi. Et vous, ministres, exigez à ceux qui travaillent dans vos équipes à en faire la priorité : le nouvel État doit être l’État du pouvoir populaire, tel qu’il est prévu dans la Constitution de la République Bolivarienne. C’est ce nouvel État qui doit substituer l’ancien – l’État bourgeois qui possède encore des tentacules de corruption et de bureaucratie, seul le pouvoir populaire en action pourra y mettre fin”a déclaré Maduro pour résumer l’esprit des lois signées en novembre 2014.

2015, année de la relance économique

Alors que des journalistes européens euphoriques annonçaient dès la chute des cours du pétrole que le “Venezuela allait devoir faire des coupes dans son budget”, le président Maduro a maintenu la hausse du budget social pour 2015, aux antipodes des politiques d’austérité pratiquées en Europe. La majorité des députés socialistes – contre la minorité des députés de droite – a voté un budget de 741 mille 708 millions de bolivars – soit 21,6% du PIB – financé en grande partie par les recettes fiscales non-pétrolières (517 mille 455 millions de Bolivars), les recettes pétrolières (124 mille 74 millions) et un complément d’emprunts publics. Ce qui garantit le financement d’activités et de projets de secteurs aussi divers (à titre d’exemples) que les producteurs agricoles, les organisations communales, les infrastructures publiques – centrales électriques hydro- et géothermiques, le renforcement de 240 centres hospitaliers, l’alimentation destinée aux 4 millions 351 mille étudiants de l’enseignement primaire ou celle que le gouvernement distribue à bas prix à la population en général à travers les réseaux MercalPDVAL et les “Maisons d’alimentation” destinés aux secteurs les plus pauvres.
Courbe du salaire minimum jusque fin 2014
Courbe du salaire minimum jusque fin 2014.
Le chômage poursuit sa baisse (5,9 % en novembre 2014, un des meilleurs chiffres en quinze ans de révolution) tandis que sur l’ensemble de l’année le salaire minimum intégral a augmenté de 68,28% pour éviter qu’il soit rogné par l’inflation encore très haute (64% en 2014). Selon le rapport de la Banque Centrale de décembre 2014, celle-ci a été renforcée en 2014 par les “guarimbas” violentes de l’opposition, la guerre économique via le dollar parallèle et la contrebande massive de produits subventionnés par le gouvernement, revendus plus cher à l’étranger.
En 2015, Maduro l’a annoncé, les efforts du gouvernement se centreront sur l’élimination de ces mafias économiques par la lutte accrue contre la contrebande, la fixation des prix justes au consommateur, et surtout le passage définitif de l’économie rentière-pétrolière, avec sa culture médiatique d’ultra-consommation, à une économie productive et rationnelle.
Pour que la structure économique ne corsette pas le déploiement des nouvelles formes de participation et de production citoyennes, Maduro a également signé en noviembre 2014 une série de 28 lois en matière économique. Nulle mesure d’austérité, nulle augmentation de l’essence (écartée à court terme). Il s’agit d’assainir une économie depuis longtemps empêtrée dans la corruption et la bureaucratie anti-productives. Ces lois transforment les conditions d’accumulation du capital pour les réorienter en faveur de l’investissement productif – règlementant les investissements étrangers, empêchant les monopoles, simplifiant l’administration pour les mouvements communaux et les secteurs productifs nationaux, fixant une contribution sérieuse du secteur capitaliste – bancaire notamment, qui a engrangé 13% de bénéfices en 2014 – au budget de l’État.
Ces lois fortifient la courbe de croissance des revenus fiscaux non-pétroliers (qui participent déjà pour 72% au budget de l’État) et seront multipliées par deux. Exemple : une des 28 lois modifie les “concessions molles” accordées aux transnationales exploitant le sous-sol vénézuélien et met fin à leur hégémonie, la restituant à l’État. En récupérant l’extraction de cette quantité plus importante que prévue, l’État pourrait en dix ans porter ses réserves internationales à 50 milliards de dollars et renforcer la valeur de la monnaie nationale et la stabilité économique en général.
Sans doute la Sainte Alliance qui va des médias de la droite locale à la majorité des journalistes occidentaux commet-elle la même erreur que celle qu’ils ont commise contre Chavez : celle de sous-estimer Maduro et le “peuple-président”.
Thierry Deronne, Caracas, le 31 décembre 2014.

Notes

(1) Exemple : le mensonge, relayé par le très controversé Paulo Paranagua du “Monde”, d’une “dessinatrice licenciée pour un dessin anti-Chavez”. En réalité le départ de la dessinatrice Rayma (ouvertement raciste et d’extrême droite) provenait de son conflit personnel avec la direction de son journal ”EL Universal” (droite). Il n’ y a eu aucune censure du gouvernement et ses livres sont disponibles dans toutes les bonnes librairies. Rappelons qu’au Venezuela les trois quart des médias écrits, web, radio et télévision (inter-) nationaux, régionaux ou locaux, appartiennent au secteur privé, que leur nombre a augmenté en quinze ans de révolution, et qu’ils propagent en majorité des idées de droite. Pour une liste non-exhaustive des mensonges sur les “atteintes-à-la-liberté-d’expression-au-Venezuela”, voir le site ACRIMED http://www.acrimed.org/spip.php?page=recherche&recherche=venezuela
URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-1H8

samedi 27 décembre 2014

Lettre ouverte au maire d'Angoulême ( j'ai pris soin de lui envoyer ce message sur le site d' Amgoulème , rubrique : contacter le cabinet du maire )


Félicitation monsieur le maire 
 Monsieur le maire vraiment bravo , il faut remonter au régime de Vichy pour retrouver une telle haine des marginaux  ; comment pouvez vous encore dormir tranquille après avoir barricader de la sorte les blancs publics ?  Je suppose encore que vous êtes catholique pratiquant et que sans trembler vous prononcez les paroles évangélique .
   Ha ! vraiment vous insultez  par votre action "dite sécuritaire "  le mot "Fraternité" pourtant écrit au fronton de votre mairie  . 
Que faudra t'il donc pour vous faire comprendre vous les défenseur de ce système que la solution passe par la redistribution des richesses et non par la répression aveugle pour protéger " votre bien " ; j'ai entendu votre adjoint à la sécurité , c'est à vomir .
 Bravo monsieur pour la mise en place de cette politique d'extrême droite  qui ressemble comme une soeur  à celle qui était en vigueur sous l'occupation nazi 

mardi 23 décembre 2014

Le racisme ordinaire ..../J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler./Que retiendra l'Histoire de notre période noire ou le racisme est entré dans la culture de base du populisme

Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.

Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.
J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"
Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."
J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...
A mon arrivée au journalen juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.
On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.
Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.
Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays""T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"
A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.
Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye "Euhhhhh... Mus... Mustapha."
Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi - comme par hasard - il n'y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant "M. Kessous" ! Certains m'ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu'ils étaient soudainement pressés. J'ai demandé de l'aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l'appartement à deux. Visiblement, ça rassure.
En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d'une grande marque qui ne m'a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) - producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d'un restaurant a refusé de nous servir...
La nuit, l'exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l'entrée d'une boîte ou d'un bar. Il y a quatre mois, j'ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien "tendance". Le videur nous a interdit l'entrée : "Je te connais pas !" Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j'étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur - dont je faisais le portrait pour Le Monde - et son ami, le chanteur Pascal Obispo.
Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une "Française". Le portier nous assène le rituel "Désolé, y a trop de monde." Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes - que des Blancs - entre. Je veux des explications. "Dégage !", m'expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J'appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu'il n'y avait pas assez d'"éléments suffisants".
Que dire des taxis qui après minuit passent sans s'arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m'a-t-elle contrôlé - y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d'une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m'accompagnait : elle était blonde.
En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : "T'as vu le cul qu'elle a !", lance l'un d'eux. "C'est quoi votre problème ?" rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : "Il veut quoi le garçon ?" Le lendemain, j'en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m'a demandé si j'avais noté la plaque de leur voiture. Non...
En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m'arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j'étais sur un Vélo'v. On me demande si j'ai le ticket, si je ne l'ai pas volé. L'autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m'arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.
Des histoires comme celles-là, j'en aurais tant d'autres à raconter. On dit de moi que je suis d'origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un "beurgeois", un enfant issu de l'immigration... Mais jamais un Français, Français tout court.

Un conseil signé Thomas Sankara : « l’ennemi n’est pas souvent celui qui te fait face, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos. »

N’étant plus un perdreau de l’année et pouvant afficher une petite expérience, je me permets de vous prévenir : « méfiez-vous », comme le chantait Jean Ferrat, « les flics sont partout ». J’ajoute que dans le panier crabalesque, on trouve les anciens révolutionnaires reconvertis dans les affaires et passés avec armes et bagages au service des médias patronaux, les ex-maoïstes et castristes hystériques d’hier, aujourd’hui retraités cacochymes, les défroqués du PS et du PC, les fouilleurs de poubelles de la CGT, les jeune prétendument guevaristes des Buttes Chaumont.
Bref, tous les aigris souvent reconvertis en revanchards et les nouveaux nés de la lutte contre le capitalisme qui hantent les médias et dispensent leur méthode (la seule bonne) pour transformer la société. Tous, un jour ou l’autre, ont ou vont collaborer avec ceux qu’ils vomissent actuellement. Et alors ?
Un conseil signé Thomas Sankara : « l’ennemi n’est pas souvent celui qui te fait face, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos. »
José Fort

L’alliance sur la base de l’anticommunisme primaire… minable…

L’alliance sur la base de l’anticommunisme primaire… minable…
Ils s’y sont tous mis de l’UMP aux « écologistes » pour prendre Villejuif la Rouge… mais non contents de cet exploit il leur faut effacer le passé de cette ville rouge et de l’un de ses enfants… Georges Marchais était une force de la nature et l’affronter tenait de l’exploit, mais il était dénué de véritable rancune si la bonne foi était mutuelle et si cela ne nuisait pas au parti qu’il avait en charge. J’ai toujours respecté la manière dont il était proche des exploités, des pauvres, des faibles, la manière dont il prétendait leur faire un rempart de sa force. J’aimais aussi la tendresse qu’il éprouvait pour Aragon, la manière dont il a assuré au vieil homme une aide discrète et amicale jusqu’au bout. Alors quand je vois ces gens oser effacer son nom, j’ai l’impression d’un temps qui se désagrège un peu plus dans la haine et le déshonneur… Ils n’auraient pas osé l’affronter vivant, ils crachent sur sa tombe…
C’était un homme superbement intelligent et un travailleur acharné, il était bon, attentif à la misère, respectueux des militants… Que cette bande de nains de toutes obédiences, ce ramassis de minables veuille effacer son nom de la mémoire de sa ville est une infamie, ils ne l’atteignent pas, il se rendent aujourd’hui un peu plus crasseux… Il semble qu’ils aient pris cette décision dans la foulée d’un renforcement de la police, tout un programme… Comme j’aurais aimé qu’il soit là et dresse sa haute silhouette, les toise de son regard bleu pour qu’ils se taisent, parce qu’ils l’auraient fermé, c’est sûr…
Je pourrais dire et tant dire en particulier comme ce chêne fut foudroyé, sa faiblesse était le cœur… Je n’ai qu’un regret que certains de ses camarades si serviles devant lui, le flattant dans ses travers, ne l’aient pas assez défendu, assez honoré sa mémoire, ce qui permet aussi à ces gens-là de se conduire aussi mal…
Peut-être faut-il faire oublier ce qui est dit de toute part encore aujourd’hui : s’il y avait un Georges Marchais, ils n’oseraient pas se conduire contre nous comme ils le font…
Danielle Bleitrach

La stratégie de la peur en Grèce orchestrée par la droite et les forces du capital mise en échec ... pour l'instant la démocratie résiste

Par Vangelis Goulas (coordinateulr de la Section Syriza-Paris) et Vassiliki Papadaki. "Conscient du danger d'un échec au premier tour de l'élection présidentielle, et craignant surtout le verdict populaire sur sa politique d'austérité dictée par la « troïka », le gouvernement grec a eu la mauvaise idée d'utiliser pour protéger son avenir politique l'arme de la peur."
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
L'élection du candidat choisi par le Premier ministre grec, Antonis Samaras, paraît compromise malgré ses efforts pour recruter des alliés de tout bord.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
Mercredi 17 décembre s'est tenu au Parlement grec le premier tour de l'élection présidentielle. Une élection dont l'issue, malgré le rôle purement honorifique attribué par la constitution grecque au Président de la démocratie, peut déterminer l'avenir politique grec et provoquer un changement du rapport de forces au sein de l'Europe. Car l'enjeu de cette élection a changé de nature pour deux raisons: par l'usage, d'abord, qu'a voulu en faire le premier ministre grec, Antonis Samaras, en l'utilisant comme une arme pour extorquer le vote d'une nouvelle série de mesures d'austérité, mais aussi par la maladresse de ses soutiens européens qui emportés par l'hybris de leur pouvoir ont bafoué encore une fois les règles élémentaires de la démocratie.
L'espoir d'une victoire politique pour continuer sans entraves la politique de l'austérité
Le 8 décembre, après la décision de l'Eurogroupe de prolonger de deux mois son programme de « sauvetage », le gouvernement grec a décidé, pour tenter sa survie politique, de raccourcir de deux mois le mandat du Président actuel, Karolos Papoulias, et d'avancer au 17 décembre le premier tour de scrutin pour l’élection du président de la République.
La décision de la coalition gouvernementale Samaras-Venizelos, probablement prise en accord avec la troïka, avait également comme objectif de cacher les nouvelles mesures imposées par cette dernière et d'extorquer le vote des députés par chantage. Toutefois, incertain sur l'issue de son initiative, le gouvernement grec s'est assigné un troisième
objectif: celui d'éviter à tout prix l'expression libre et démocratique du peuple grec par le recours aux urnes prévu par la Constitution si la majorité requise des trois-cinquièmes (180 voix) n'est pas atteinte au troisième tour. En effet, la majorité actuelle ne possédant que 155 voix, l'élection du candidat choisi par M. Samaras paraît compromise malgré ses efforts pour recruter des alliés de tout bord.
Conscient de ce danger, et craignant surtout le verdict populaire sur sa politique d'austérité dictée par la « troïka », le gouvernement grec a eu la mauvaise idée d'utiliser pour protéger son avenir politique l'arme de la peur. A. Samaras, a donné le signal à ses troupes en laissant tout d'abord insidieusement circuler une fuite selon laquelle il aurait dit "si SYRIZA passe, il ne restera plus un euro dans les banques". Son fidèle ancien ministre – repêché chez l'extrême droite à l'occasion d'un autre suffrage – A. Georgiadis, a déclaré aussitôt son intention de «sortir son argent de Grèce si le gouvernement tombait". Le ton a continué à monter les jours suivants avec la mobilisation de tous les «personnages familiers» de M. Juncker. Ainsi, l'ex ministres des Finances et actuel gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, au mépris du principe de la neutralité auquel le soumet son statut actuel, a déclaré quelques jours avant le premier tour du scrutin:"Au cours de ces derniers jours, la crise a pris des dimensions préoccupantes, la liquidité sur les marchés financiers décroît à un rythme rapide (...) et le risque de dégâts irréparables pour l'économie grecque est très élevé". La frénésie gouvernementale a atteint son paroxysme avec les déclarations de la porte parole du gouvernement, S. Voultepsi: «Nous avons été avertis par les agences de notation internationales que l'annonce d'élections nationales sera considéré comme un événement de crédit pour le pays.» Jusqu'où peuvent ils arriver? Jusqu'à la mise en scène d'un bank run, à l'aide des entrepreneurs sympathisants comme le craint le Président de SYRIZA, Alexis Tsipras?
L'inadmissible assistance extérieure à la propagande de la peur
Plus grave encore est de constater que cette propagande de la peur qui atteint directement le peuple grec dans le droit démocratique fondamental, dans le libre exercice de son droit de vote, a été menée avec l'aide étrangère. Les déclarations de Juncker, l'arrivée en Grèce de Moscovici ont suffisamment instillé dans les esprits les germes de cette propagande délétère pour que même les titres des articles de la presse française se fassent le relais de cette soi-disant nécessité pour l'UE de soutenir un gouvernement présenté comme le dernier rempart de la démocratie devant le spectre du « péril rouge ». «L’UE soutient le gouvernement à la veille d’une présidentielle à risque» titrait Libération il y a quelques jours. Le même titre était partagé par L'Express. « L'UE veut éviter l'arrivée de la gauche radicale au pouvoir en Grèce» affichait le lendemain Le Monde.
Mais la stratégie de la peur s'est effondrée
Le premier tour du scrutin présidentiel au parlement grec a été marqué par une défaite politique pour Samaras avec 160 votes "oui", 135 "présents" qui ont refusé d'accorder leur vote, et 5 députés absents, alors même que le gouvernement espérait 166 votes en faveur de son candidat. Les députés grecs conscients du véritable enjeu du scrutin, ont refusé de cautionner la poursuite de la politique d'austérité et de céder au chantage de la peur. « La démocratie ne cède pas au chantage, la décision viendra du peuple. L'alarmisme de ces derniers jours n'a pas porté les fruits qu'espérait le gouvernement de M.Samaras. La stratégie de la peur s'est effondrée » a déclaré après l'annonce des résultats du premier tour A. Tsipras. Quant à M. Samaras, il a déclaré qu'aux deux prochains tours les députés devront prendre en compte le fait que « les conditions sont difficiles et que le pays ne doit pas entrer dans de nouvelles aventures ».
Mais on sait qu'en attendant les prochains tours le gouvernement grec et les pouvoirs financiers qui le soutiennent ne vont pas attendre stoïquement le retournement de l'intention de vote des parlementaires. Les coulisses du pouvoir se mobilisent déjà en pensant à une autre candidature qui pourrait fédérer les députés du centre gauche tout en leur offrant un alibi idéologique pour ne pas les exposer très ouvertement à l'opinion publique. Déjà, avant l'ouverture du scrutin du premier tour; le nom de Mme Damanaki circulait comme candidature probable pour le troisième tour. Selon certains scénarios, la présentation de cette candidature pourrait être accompagnée d'un projet de création d'un gouvernement «à but spécifique» et de la promesse d'élections législatives pour la fin de l'année 2015, afin de permettre l'accomplissement du programme d'austérité dicté par la troïka et de sauvegarder les intérêts des bailleurs de fonds.
Ces scénarios déjà rejetés par SYRIZA peuvent cependant se heurter aussi au refus de A. Samaras et de E. Venizelos qui ne désirent pas forcement renoncer à leur pouvoir personnel.
Quoi qu'il en soit, tous les moyens seront utilisés afin d'éviter le « danger » des élections législatives et le « défaut du pays ».
En rejetant ces arguments de façade, SYRIZA prône en revanche le recours immédiat aux urnes.
Car le peuple exsangue ne peut pas endurer les maux d'une longue période préélectorale qui par ailleurs ne vise que l'accomplissement d'une politique à ses dépends. Un nouveau départ est nécessaire. Pour la Grèce mais aussi pour le reste de l'Europe. « Celui de la solidarité et de la justice sociale et non pas celui de l’exténuation des sociétés par les programmes d’austérité. Le danger de récession qui menace l’Europe et par ricochet l’économie mondiale fait de ce changement immédiat de la politique de notre pays par un gouvernement de SYRIZA une nécessité pour le salut social de notre pays et un sujet d’émulation pour l’Europe. Nous, nous sommes prêts à négocier et nous multiplions les contacts pour l’élaboration de plans communs et d’associations collaboratives au sein de l’Europe, pendant que le gouvernement Samaras se contente de préserver uniquement son alliance avec le gouvernement allemand et de se soumettre aux décisions des créanciers.
Voilà donc deux approches différentes qui posent le dilemme suivant: Une négociation européenne avec un gouvernement SYRIZA ou la contre-signature de toutes les décisions des créanciers concernant la Grèce par le gouvernement Samaras? SYRIZA ou Nouvelle Démocratie ? 
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(1) Extrait du discours de Thessalonique d'Alexis Tsipras
Vangelis Goulas (coordinateur de la Section Syriza-Paris) et Vassiliki Papadaki