mardi 13 janvier 2015
lundi 12 janvier 2015
Le terrorisme, parlons-en ! par Serge Garde
| Serge Garde |
| Serge Fuster allias Casamayor |
Le terrorisme, parlons-en ! Il y a trois décennies, Casamayor, publiait un ouvrage prémonitoire: « …Et pour finir, le terrorisme » (Gallimard, 1983.)
Casamayor, Serge Fuster de son vrai nom, était magistrat, écrivain et chroniqueur au Monde. Il fut l’un de mes mentors.
Je le revois m’expliquer que le « terrorisme moderne » allait devenir une forme essentielle des relations internationales, car il était « plus économique que la guerre en hommes et en moyens, » pour peu qu’il soit relayé par une propagande présentée comme une information « objective. »
Casamayor insistait : « le terrorisme, c’est idéal. On peut tout faire, et même assassiner ses amis pour faire accuser ses ennemis… »
Quelques bombes médiatiques venaient d’exploser. Quinze jours après l’odieux attentat de la rue des Rosiers (une grenade lancée dans le restaurant Goldenberg, en août 1982, six morts 22 blessés), la cellule antiterroriste de l’Elysée arrêtait à Vincennes, trois « terroristes » irlandais qui passèrent neuf mois de détention avant d’être relâchés et innocentés : les preuves « accablantes » trouvées au domicile de l’un d’eux, avaient été déposées par… les gendarmes du capitaine Barril !
Plus tard, en août 1985, le « Rainbow Warrior » bateau de « Greenpeace » était sabordé dans un port de Nouvelle-Zélande. Une explosion qui a tua Fernando Pereira, photographe de l’ONG écologique. Le bateau allait appareiller vers l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français. Un acte de terrorisme dans un pays allié, mené par un commando de l’armée française, malgré les dénégations du ministre de la Défense, Charles Hernu. Eh oui, il existe des terrorismes d’Etat !
Au lendemain du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, oui je repense à ce que me disait mon ami Casamayor : « en matière de terrorisme, tout est possible ! » Mon expérience professionnelle me permet d’ajouter prudemment: « tout est possible même la version officielle, même si elle est la moins probable… »
Il est tout de même regrettable que nos professionnels surentrainés du RAID et du GIGN n’arrivent jamais à neutraliser les « terroristes » sans les tuer. Même quand la vie d’otages n’est pas en jeu…
Les procès de ces criminels auraient pourtant pu nous en apprendre beaucoup sur les commanditaires des attentats barbares qu’ils ont commis.
Ces fanatiques sont si prévisibles, si manipulables dans l’excès… Des marionnettes, peut-être. Mais alors, qui tire les ficelles ? Et dans quel but ?
Serge Garde
dimanche 11 janvier 2015
Salah Amouri /Des assassins et des criminels de guerre dans la "Marche Républicaine" !
Des assassins et des criminels de guerre dans la "Marche Républicaine" !
La nouvelle est tombée ! Netanyahu, Lieberman et Bennett, les chefs de guerre de la nouvelle barbarie vont participer à la "Marche républicaine", à Paris. Quelle honte pour la France ! Quelle insulte !
Est-il réellement acceptable pour les valeurs de la France que des criminels de guerre qui ont du sang encore frais d’enfants sur les mains marchent sur la terre où des milliers d’hommes et de femmes se sont battu-e-s et se battent encore pour défendre la Liberté, et qui plus est qu’ils y marchent au sein d’une marche qualifiée de "Républicaine" ?
Tout d’abord, je voudrais adresser toutes mes condoléances aux familles des innocent-e-s tué-e-s dans les attaques perpétrées par des gens qui ne portent en eux qu’une idéologie de crime et de haine contre l’Humanité et la liberté. Ces personnes animées par la haine et le désir de tuer s’illustrent en Iraq, en Syrie, et ces derniers jours en France.
Ces attaques commises en France soulèvent quelques questions… Comment est-il possible que trois hommes tous fichés -dont deux fichés également par les services secrets américains et le troisième fraîchement sorti de prison - aient-ils pu ainsi s’entrainer à l’étranger, se procurer des armes et agir sans qu’à aucun moment les services français n’aient agi ? Les renseignements français et extérieurs connaissent certainement la réponse à cette question…
Revenons-en à la Marche d’aujourd’hui. J’imagine bien que si Charb et ses compagnons pouvaient s’exprimer aujourd’hui, ils auraient vomi la participation des criminels de guerre Netanyahu, Bennett et Lieberman. De plus, ces dirigeants de l’état guerrier d’"Israël"utilisent de manière honteuse la mort des victimes pour passer un appel à une deuxième grande "Alya" des Juifs Français. Il est inacceptable que l’histoire soit écrite deux fois de la même façon, la première fois dans les années 40 et la deuxième en 2015. Il faut que la France refuse fermement l’utilisation de ces crimes odieux pour accentuer la colonisation et perpétrer l’agression d’un peuple sous occupation. Dès le début de l’attaque meurtrière à Charlie Hebdo, les dirigeants israéliens ont tenté de faire le lien entre ces personnes inhumaines qui prétendent être Musulmans et les mouvements de libération en Palestine, au Liban et ailleurs… Une méthode classique pour salir la noble cause du peuple palestinien qui, une fois de plus, rappelons-le, est une lutte contre l’occupation et non une prétendue guerre-sainte.
Le trio de criminels n’est en rien légitime pour défiler lors de la "Marche Républicaine", qui prétend "défendre les valeurs de démocratie, de liberté et de pluralisme", trois valeurs totalement étrangères à ces assassins.
Ces criminels n’ont de cesse de violer les droits de l’homme et toutes les Conventions et Traités internationaux, d’instaurer des politiques coloniales et racistes, de bafouer la liberté d’expression des journalistes. Il est utile de rappeler que durant la guerre, l’été dernier à Gaza, 16 journalistes ont été tué par ce trio sanguinaire…
Souvenons-nous également que le dessinateur et caricaturiste Palestinien Naji al-Ali, très célèbre au Proche-Orient, a été assassiné par le Mossad à Londres, le 22 juillet 1987. Preuve supplémentaire - s’il en faut-, que les sionistes n’ont que faire de la liberté d’expression !
Il est bien évidemment honteux mais si peu surprenant de sa part, que le Président de l’autorité palestinienne, Mahmud Abbas n’ait aucun problème à défiler aux côtés des bourreaux de son peuple, au moment même où des enfants meurent de froid à Gaza…
Enfin, il faut absolument que la France change sa politique extérieure, surtout au Proche-Orient et qu’elle arrête de suivre aveuglement les projets Américains dans la région. On sait très bien que les dernières interventions Françaises en Irak, au Mali, et en Centrafrique n’avaient pas pour but prétendu de "lutter contre les djihadistes" (que la France arme par ailleurs) mais uniquement de protéger les intérêts impérialistes et les dictateurs amis. Il était tristement prévisible que la politique de la "porte ouverte" menée par la France et d’autres pays permettant à leurs citoyens d’aller combattre en Syrie et en Iraq se retournerait tôt ou tard contre elle.
Les crises sociales internes de la France doivent trouver leurs solutions en France !
L’ "union nationale" derrière les impérialistes, derrière les criminels de guerre, derrière des partis politiques qui depuis trois décennies n’ont fait que creuser les différences entre les citoyen-ne-s Français-e-s, en tapant sur les immigré-e-s, les musulman-e-s, les Rroms, les précaires, les quartiers populaires, cette union n’a aucun sens et est une insulte aux victimes décédées mais également au peuple français dans son ensemble.
Le peuple français doit s’unir contre l’impérialisme, contre le racisme, contre ce système qui ne produit que division, injustice et horreur !
Cher-e-s citoyen-ne-s, n’acceptez pas que votre douleur soit récupérée par des gens qui n’ont que faire de la liberté, ces pompiers-pyromanes qui ont allumé la mèche de l’extrémisme en France et dans le monde, ces manipulateurs qui n’ont pour but que de vous diviser et de justifier leurs politiques racistes et liberticides. Tout mon soutien à celles et ceux qui en cette sombre période s’organisent au quotidien pour construire une société alternative basée la solidarité, l’égalité, la liberté, l’auto-détermination des peuples, la lutte contre les discriminations, contre-l’impérialisme et contre le racisme.
Le présent est fait de luttes; l'avenir nous appartient !
Salah Hamouri
une marche républicaine ? avec cette clique de requins dont le 1er ministre Israélien qui en est à 17 journalistes tués . Piree que ce que j'imaginais , et l'on me fera croire que c'est pour rendre hommage à des journalistes libertaires ? Bandes de salauds!
Près d'une cinquantaine de dirigeants d'Etats du monde ont confirmé leur présence, dimanche 11 janvier, à la manifestation en hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la France, ainsi qu'un ensemble de personnalités politiques et religieuses française. En voici une liste non exhaustive.
LES REPRÉSENTANTS POLITIQUES
- François Hollande, Manuel Valls et plusieurs ministres,
- L'ancien chef de l'Etat et secrétaire national de l'UMP Nicolas Sarkozy,
- Les anciens premiers ministres Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin,
- La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et son prédécesseur Bertrand Delanoë,
- De très nombreux responsables politiques de tous les grands partis, de Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche, à Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France (droite souverainiste), en passant par François Bayrou, le président du parti centriste MoDem (qui défilera non dans le cortège de tête mais au sein de la foule).
- Joël Mergui (président du Consistoire central israélite),
- Moché Lewin (directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens),
- Roger Cukierman (président du Conseil représentatif des institutions juives de France, CRIF),
- Mgr Stanislas Lalanne (évêque de Pontoise en région parisienne),
- Mgr Pascal Delannoy (évêque de Saint-Denis, à la périphérie de Paris) au nom de la Conférence des évêques de France.
DES DIRIGEANTS EUROPÉENS
- La chancelière allemande Angela Merkel,
- le premier ministre britannique David Cameron,
- le président du conseil italien Matteo Renzi,
- le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy,
- le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,
- le président du Parlement européen, Martin Schulz,
- le président du Conseil européen Donald Tusk,
- le chef du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt,
- le chef du gouvernement belge Charles Michel,
- le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte,
- le chef du gouvernement grec Antonis Samaras,
- le chef du gouvernement portugais Pedro Passos Coelho,
- le chef du gouvernement tchèque Bohuslav Sobotka,
- le chef du gouvernement letton Laimdota Straujuma,
- le chef du gouvernement bulgare Boïko Borisov,
- le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban,
- le chef du gouvernement croate Zoran Milanovic,
- le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel,
- le président roumain, Klaus Iohannis,
- la première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt,
- la présidente de la Confédération suisse Simonetta Sommaruga,
- le premier ministre suédois Stefan Löfven.
- Le ministre de la justice américain Eric Holder représentera les Etats-Unis, les rumeurs évoquant la présence d'Obama ont été démenties par l'administration américaine,
- le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, son chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman et son ministre de l'économie Naftali Bennett,
- le président palestinien Mahmoud Abbas,
- le roi de Jordanie Abdallah II et la reine Rania,
- le ministre de la sécurité publique canadien Steven Blaney,
- le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov,
- la présidente du Kosovo Atifete Jahjaga,
- le premier ministre albanais Edi Rama,
- le premier ministre turc Ahmet Davutoglu,
- le premier ministre géorgien Irakli Garibachvili,
- le président ukrainien Petro Porochenko,
- le premier ministre tunisien Mehdi Jomaa,
- le ministre des affaires étrangères égyptien Sameh Choukry,
- le président malien Ibrahim Boubacar Keïta,
- le ministre des affaires étrangères des Emirats arabes unis, cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane,
- le ministre des affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra,
- le président gabonais Ali Bongo,
- le président nigérien Mahamadou Issoufou,
- le président béninois Thomas Boni Yayi,
- le président du Sénat australien et numéro 2 dans l'ordre protocolaire, Stephen Parry.
Sera aussi à Paris le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, tout comme les dirigeants d'autres institutions internationales (Organisation internationale de la francophonie, Bureau international du travail, Ligue arabe).
Che Guevara peut être content, la révolution a triomphé à Cuba (al-Akhbar)
Le soleil se couche derrière les vieux quartiers de la Havane. Des couples d’amoureux parsèment la Corniche. Ici il n’y a pas de racisme, pas de doctrines religieuses ni de sectes, pas de guerres menées par “ISIS” et “le Front al-Nusra,” et pas de Guerre de Dahis et El Ghabra*. Il y a des amoureux de différentes races et ethnies. Leurs origines africaines et espagnoles donnent un charme indéniable aux nuits cubaines. La ville swingue au son de la Salsa qui sort des voitures parquées des deux côtés de la route.
La Havane – Des slogans contre le voisin étasunien bordent la route qui mène de la Havane à Santa Clara. Sur les panneaux il y a aussi des portraits des ‘Cinq Cubains,’ détenus dans la prison infamante de Guantanamo [l’auteur commet une erreur ici : les Cinq ont été détenus aux Etats-Unis - NdR], et que les Etats-Unis ont accusés d’avoir infiltré l’opposition cubaine aux Etats-Unis. Leur arrestation a provoqué un problème diplomatique entre les deux pays.
L’employé de l’agence de location de voitures nous sourit. Il essuie la poussière du pare-brise, puis se glisse sous la voiture et en fait le tour pour s’assurer que tout est en ordre et enfin il nous donne les papiers à signer. Il sourit à nouveau et dit : “Je voudrais bien aller avec vous à Santa Clara.” Comme tous les habitants de ce beau et chaud pays, il semble avoir des sentiments spéciaux pour Santa Clara.
Avant de quitter La Havane, la capitale, nous sommes allés voir le building de la Section des Intérêts Américains sur le toit duquel flottent 138 drapeaux noirs. C’est comme ça que Cuba a bloqué l’écran électronique installé au 5ème étage de la “section d’espionnage” – comme ils disent – pour empêcher la diffusion de propagande anti-cubaine. Les relations se sont légèrement améliorées pendant le mandat du Président Barack Obama mais Cuba continue à souffrir de l’injustice de son voisin.
Au printemps 1960, le Secrétaire d’Etat étasunien Christian Herter a dit qu’il fallait adopter "une course d’action aussi habile et discrète que possible pour empêcher l’argent et les marchandises d’arriver à Cuba, et ainsi provoquer, avec la baisse des revenus des habitants, la famine, le désespoir et la chute du gouvernement."
Cuba a souffert de la famine et n’a pas plié. Elle a gardé la tête haute et est restée dignement solidaire de ses combattants de la liberté.
“Pouvez-vous nous indiquer la route de Santa Clara ?” La Cubaine tout de blanc vêtue a penché la tête vers nous, au point de quasiment la passer par la fenêtre. Elle dit qu’elle va non loin de là et veut monter à l’arrière de la voiture mais nous lui demandons de s’asseoir à côté du chauffeur car je suis déjà à l’arrière.
Elle nous complimente pour notre respect des femmes. Elle veut savoir d’où nous venons et ce qui se passe dans notre pays. Ici, la culture populaire est plus centrée sur la littérature, les arts, la science, et la médecine. Peut-être comme antidote à la souffrance. Elle dit qu’autrefois la Palestine était la seule chose qu’elle connaissait dans le monde arabe. En dépit de son manque de moyens, Cuba accueille et sponsorise encore aujourd’hui des étudiants palestiniens. Maintenant, cette dame cubaine connaît la Syrie, l’Irak, l’Etat Islamique en Syrie et en Irak (ISIS), la Tunisie, le Yémen et l’Egypte. Elle sourit et nous dit : “Méfiez-vous des Etats-Unis et de l’OTAN... ils sont la cause de nos problèmes.”
Elle s’appelle Maria. Sa petite alliance en or contient peut-être une des nombreuses histoires émouvantes de Cuba. Nous faisons silence. Elle place sa main droite sur la vitre pour saluer les gens comme si elle les connaissait, nous guide vers notre destination, nous remercie et sort de la voiture. Ici les gens sont gentils et aiment la vie. Ils sont instruits et ont enduré avec patience les sanctions imposées à leur pays. Ils apprécieraient certainement un peu de luxe mais pas au prix de leur dignité.
Maria fait environ 50 kilomètres chaque jour pour aller au travail. Elle a deux diplômes, un d’infirmière et un de littérature internationale. Une broche représentant Che Guevara est épinglée sur sa poitrine. Il y a des portraits du “Che” – comme elle dit avec affection – tout le long de la route de la Havane à Santa Clara. Il sourit sur toutes les posters. C’est comme s’il se moquait de ce que les Etats-Unis sont devenus sur la scène internationale – ou peut-être de ce qui reste de la gauche arabe à l’époque du nouveau califat islamique.
Guevara n’était pas cubain. C’était un docteur argentin, un intellectuel et un écrivain. Il est venu à Cuba soutenir la révolution. Les gens l’adoraient et son image est restée gravée dans les rues comme dans le cœur de tout un chacun. Il y a des quantités de portraits de lui mais très peu de portraits ou de statues du leader cubain Fidel Castro. Les leaders ici se révoltent, triomphent et construisent leur nation. Dans les pays où on révère les statues, les leaders volent leurs peuples. Ici, l’histoire fait justice aussi bien aux rebelles qu’aux leaders. Là, l’histoire condamne aussi bien les statues que ceux qu’elles représentent.
Comme Santa Clara est belle ! La statue de Che Guevara s’élance vers le ciel. Elle surmonte sa tombe qui est devenue un des lieux de pèlerinage les plus visités.
Un tableau carré du beau rebelle est suspendu entre des tableaux ronds de ses camarades de lutte et de révolution. Il y a une fleur de lys rose à côté de son portrait sous lequel une torche brûle jour et nuit – comme la révolution elle-même – et comme la dignité du peuple de Cuba aujourd’hui.
La réceptionniste nous sourit. Elle sait que nous sommes venus – comme des millions de visiteurs avant nous – nous frotter à une vraie révolution. Ici, la révolution n’a pas consumé ses enfants pas plus que la révolution n’a été consumée. L’employée sourit, nous rappelle qu’il est interdit de prendre des photos, puis se remet à lire. Nous lui demandons combien coûte l’entrée. Elle ferme son livre, enlève ses lunettes et dit en Espagnol : "Chers camarades, la révolution n’est pas à vendre." Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à d’anciens soutiens de nos révolution, actuellement membres de l’OTAN.
On voit ici beaucoup d’effets personnels de Che Guevara et de ses compagnons : sa carte d’identité avec la date de sa naissance, 1928, son appareil photo auquel on doit les dernières photos des rebelles, une tasse de maté (une boisson verte qui ressemble à du thé), un Colt, des vêtements militaires, une vieille radio, une ceinture de cuir et beaucoup de photos du beau rebelle en compagnie de Fidel Castro, le leader de la révolution. Chaque objet est accompagné de beaucoup d’explications.
Les visiteurs du mémorial ressentent quelque chose d’étrange. C’est peut-être dû à l’importance symbolique de l’endroit, ou à l’honorabilité et la dignité du révolutionnaire qui se reflètent dans son sourire et ses effets personnels.
Comme nous, environ 1 500 visiteurs viennent chaque jour visiter le mémorial. Si chacun donnait seulement un dollar cela permettrait d’améliorer les conditions de vie à Cuba. Mais ici la révolution n’est pas à vendre. La majorité des visiteurs sont des Italiens. La gardienne du mémorial précise sur le ton de la plaisanterie : “surtout des Italiennes.”
Nous sommes les seules Arabes sur la liste des visiteurs. Les Arabes ne s’intéressent pas à l’histoire de la révolution cubaine ou alors ils n’aiment pas ce genre de tourisme. Les Arabes mettent leur argent dans les banques étasuniennes et le dépensent dans les rues, les night-clubs et les casinos européens, ou ils l’envoient aux terroristes takfiri pour détruire d’autres pays dont certains ressemblent à Cuba. La gardienne est contente d’apprendre que l’image du Che est aussi gravée dans le cœur et les foyers de beaucoup d’Arabes.
La nuit cubaine tombe sur Santa Clara. Nous sortons un cigare du paquet jaune comme font les Cubains à Cuba. Ici, ce ne sont pas seulement les riches prédateurs ou les politiciens véreux qui y ont droit. Le cigare ici n’est pas un signe de statut ou de classe sociale. Les éboueurs, les serveurs des restaurants, les chauffeurs de taxi, les intellectuels, les politiciens, tout le monde fume le cigare. Le cigare est la fierté de Cuba.
Les nuits cubaines sont magnifiques. Malgré les terribles difficultés économiques, les gens sont heureux. Dès la fin de l’après-midi, la musique commence à jaillir des maisons, des cuisines et des cafés. Les Cubains, en vêtements d’été, se rassemblent devant les maisons. Ils apportent à manger et à boire et ils dansent. Il est courant de voir des ménagères danser avec leur mari. Tout le monde est hospitalier et un hôte est prêt à faire des km à pied pour raccompagner un invité qui ne connaît pas le chemin. Les gens respirent la gentillesse à un point qu’on trouve rarement ailleurs.
La révolution cubaine ne vient pas de nulle part. L’histoire de ce pays ressemble à celle des pays arabes. Depuis son indépendance en 1902, Cuba a su punir les dirigeants corrompus liés aux Etats-Unis. Le voisin étasunien n’a pas hésité à violer ses voisins plus petits. Les Etats-Unis ont attaqué Cuba au moins trois fois et aidé à installer et à protéger le dictateur Fulgencio Batista qui a opprimé le peuple et bradé les ressources du pays à l’Occident. Cela vous rappelle-t-il quelqu’un ? Et même pas mal de monde ?
Batista a arrêté le jeune Fidel Castro. Dans la prison du dictateur, Castro a écrit ses célèbres lettres : “L’Histoire m’absoudra.” Et l’Histoire lui a rendu justice. L’Union Soviétique est devenue son alliée. La Chine l’a soutenu. Les Etats-Unis ont coupé les liens avec son voisin qui est devenu un puissant symbole de dignité. La révolution a fait tache d’huile. Les portraits de Che Guevara se sont multipliés dans toute l’Amérique Latine et l’Afrique. Il a continué à porter la bannière de la fierté et de la dignité jusqu’à ce qu’il soit trahi par la Bolivie où il avait ranimé le sentiment révolutionnaire.
Guevara a été martyrisé. La révolution a triomphé. L’Amérique, furieuse, s’est ingéniée à asphyxier Cuba économiquement en sanctionnant toutes les entreprises qui commerçaient avec l’île. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Les Européens ont soutenu Washington. Comme l’histoire se répète ! L’ONU toujours impuissante – qu’elle condamne ou ne fasse rien du tout – a dormi plus profondément que d’habitude, exactement comme elle le fait pour la Palestine.
Cuba n’a pas cédé et est restée debout. Elle s’est engagée à maintenir la dignité de son peuple et sa fierté est devenue un phare. Puis est arrivé l’envahisseur imbécile George W. Bush. Le Néron de l’Irak a voulu punir le voisin rebelle. Il a dit : "Nous allons écraser le régime cubain en moins de temps qu’il ne faut pour le dire." Guevara a continué à sourire sur ses portraits et Castro s’est moqué de lui de son lit d’hôpital en disant : "Bush devrait se rappeler que nous avons vaincu Batista alors que nous n’étions qu’un millier contre les 80 000 hommes du dictateur... s’ils nous envahissent nous feront de leur vie un enfer."
Les menaces ont été sans effet et les sanctions n’ont pas entamé la dignité du peuple ni la qualité de l’instruction du pays. Cuba a progressé au niveau scientifique, médical et culturel de manière extraordinaire. Le pays a mis au point des médicaments et des traitements pour le diabète, le cholestérol, au moins 13 maladies infectieuses infantiles et des vaccins contre l’épilepsie. Le pays a exporté des médicaments dans plus de 40 pays et plus de 80 000 médecins ont travaillé au Venezuela voisin pendant le mandat du fidèle et regretté Camarade Hugo Chavez.
Castro a dit à Bush : “Pendant que vous exportez des bombes dans le monde, nous nous exporterons des docteurs et des médicaments.”
Le merveilleux air d’opéra “Hasta Siempre, Comandante” passe à la radio. Nous augmentons le volume. La voiture glisse comme l’eau d’une rivière entre les arbres magnifiques. Nous apprécions la fraîcheur de la brise vespérale après deux jours passés à Santa Clara. Les champs verts, les près colorés et les vieilles maisons de bois des villages cubains nous sourient. Nous écoutons une autre version de la chanson par un orchestre cubain. Il y a beaucoup de versions de ce chant qui glorifie la mémoire d’une camarade venu d’Argentine pour dire aux Cubains que tous le peuples sont unis dans la révolte contre la dictature, l’oppression, la tyrannie et le colonialisme. Sheikh Imam et sa chanson “Guevara n’est plus” me vient à l’esprit. Nous avons envie de chanter : “Oh Camarades de la fière Cuba” de Marcel Khalife.
Ici la révolution n’est pas à vendre et c’est pourquoi elle a réussi. Ici le Printemps a été l’oeuvre de vrais combattants de la liberté et c’est pourquoi il suscite le respect. Ici le peuple a subi le pire sans se plaindre pendant un demi-siècle, forçant finalement les Etats-Unis à s’excuser et à reconnaître que leur politique était erronée.
Félicitations à Cuba et à son peuple, en espérant que le retour des Etats-Unis ne sonnera pas le glas de ce beau pays, ni de ses villes où flotte encore le parfum de son histoire**.
Sami Kleib
Notes du traducteur :
* La Guerre de Dahis et El Ghabra est une guerre qui a duré de 608-610 à 650 environ, née d’un différend entre deux hommes de tribus rivales d’Arabie (Wikipedia).
** Pour moi, l’article sonne un peu comme un éloge funèbre ; on y sent déjà une sorte de nostalgie d’un monde révolu. C’est avec la même nostalgie que je l’ai traduit, sachant que "l’amitié" du grand voisin étasunien ne fait pas peser une menace moins grande sur ce courageux petit pays que sa vindicte.
Traduction : Dominique Muselet
samedi 10 janvier 2015
L'ordre établi reprend les choses en main et se prépare à exploiter au mieux les événements tragiques dont il est l'instigateur
Dans un premier temps j'affirme , que les attentats de Paris sont et restent
-la conséquence des politiques françaises et occidentales depuis plus de trente ans ,
-la conséquence de cette volonté de faire monter les Haines de l'étranger "dit nord africain" ,
- la volonté de faire monter d'extrême droite
- la volonté des médias français d'entretenir ce sentiment d'insécurité écœurant.
C'est une guerre qui ne dit pas sont nom dont l'intégrisme islamique est un maillon indispensable afin de valider les actions militaires sanguinaires menées par les USA , la Grand Bretagne , l'Allemagne et la France ; guerre qui a pour réelle finalité l'appropriation des richesses pétrolières et des minerais rares, guerre qui entretien au proche Orient un état raciste dont la politique d'apartheid décime le peuple palestinien ,là aussi pour s'approprier les gisements au large de Gaza
Non , les attentats de Paris ne sont pas un accident , ni encore moins l'action de fous . ils sont l'Oeuvre de cette extrême droite internationale , bras armé du capitalisme qui l'utilise pour asseoir son hégémonie lorsqu'il se sent menacé ( comme en Grèce et plus près de nous en Espagne ) .
Aujourd'hui cette extrême droite internationale prend l'uniforme des barbus islamiques , demain ce peut être tout autre chose notamment Israélien qui reste son pendant et dont les exactions terribles et sanguinaires ont montré ses effets à Gaza en 2014 pour ne pas remonter plus loin; L"état islamique " n'est autre que le jouet des USA et sa cruauté n'a d'égale que l'abjecte politique meurtrière des USA et ses guerres à répétition .
En France des dessinateurs , des journalistes, des policiers ,agents d'entretien en ont été les victimes innocentes car ce journal dénonçait aussi cela avec force à travers leur dessin satirique, L'ORDRE MONDIAL ACTUEL EST BIEN LE COMMANDITAIRE EFFECTIF de ces attentats , ce qui n'empêchent ses commis zélés d'hurler contre ces "musulmans" et de défiler dans les rues au nom de l'union nationale , tel ces Sarkozy , Hollande , Valls et autre Le Pen sans oublier la fine fleur "européenne"
Cela présage , comme au lendemain des attentats de New York , un renforcement de la politique sécuritaire et une accélération des guerres contre "l'axe du mal" .
Au final ce seront bien les peuples du monde et bien entendu de France qui en seront les victimes , encore une fois , pour le plus grand bénéfice des plus grandes fortunes de la planète.
Alors non , mille fois NON je ne fais pas partie de cette union sacrée , NON je ne serai pas un artisan de la prise de pouvoir du FN en France
JC Depoil
JC Depoil
jeudi 8 janvier 2015
C'était en 2012 Charb était mis en examen site à une plainte de La mère LePen aujourd'hui elle couine avec les loups à vomir . et c'est peu dire
Article du LUNDI, 10 SEPTEMBRE, 2012 :L'HUMANITÉ
Le dessinateur et le PDG de France Télévisions ont été mis en examen sur une plainte déposée par le parti des Le Pen. En cause : une caricature montrée chez Ruquier sur France 2.
Le dessinateur Charb et le président de France Télévisions, Rémy Pflimlin (considéré comme le directeur de la publication), ont été mis en examen par le tribunal de grande instance de Paris pour « complicité d’injure publique envers un particulier ». Leur faute : avoir respectivement dessiné et montré, dans l’émission de France 2 On n’est pas couché du 7 janvier, une affiche de Charlie Hebdo parodiant la candidate du FN, Marine Le Pen. Le présentateur de l’émission Laurent Ruquier pourrait lui aussi être mis en examen. L’affiche, signée du dessinateur et directeur de Charlie Hebdo, Charb, et mise en cause par le Front national, représente un « étron fumant », comme l’explique le site du journal satirique, sur fond de drapeau français avec le commentaire « Le Pen, la candidate qui vous ressemble. »
« Aucun des autres candidats n’a porté plaine ou manifesté une quelconque colère ou énervement. Tous les autres ont dû comprendre que c’était de l’humour, sauf Marine Le Pen », a déclaré Charb, jugeant la chose disproportionnée pour un dessin. « D’autres politiques n’aiment pas qu’on les caricature mais ils ont l’intelligence de ne pas nous attaquer parce qu’ils savent que Charlie Hebdo est un journal satirique », estime-t-il. « Je suis considéré comme complice pour avoir fait ce dessin, mais ce dessin a été publié quelques jours avant dans Charlie Hebdo, qui n’a pas été poursuivi. Logiquement, c’est le magazine qui aurait dû être poursuivi », s’est étonné le dessinateur dont le coup de crayon ravit aussi les lecteurs de l’Humanité. Laurent Ruquier a jugé qu’avec les dessins, « on est dans la tradition de Michel Polac que tout le monde regrette tant », confiait-il au Parisien, indiquant ne jamais réagir sur les attaques du FN : « Ça leur fait trop plaisir. C’est faire leur jeu. » De son côté, le bureau national du SNJ-CGT de France Télévisions, « attaché à la défense de la liberté d’expression et au droit à la caricature », a tenu « à affirmer son soutien aux personnes mises en examen. Notre organisation syndicale entend dénoncer les manœuvres d’un parti d’extrême droite qui ne supporte pas d’être pris pour ce qu’il est, c’est-à-dire une formation politique xénophobe qui peut et doit être combattue par tous les moyens, y compris et surtout l’humour ! ».
Le FN n’en finit plus de porter plainte. L’avocat Georges Kiejman, qui défendait en juillet Caroline Fourest et Fiammetta Venner, jugées pour diffamation et injures au tribunal correctionnel de Paris contre leur livre Marine Le Pen, paru en 2011, avait estimé que, cet ouvrage ne pouvant selon lui être attaqué « sur le fond », « la seule manière de le discréditer était de l’attaquer par le biais de la diffamation », et d’essayer de tirer de cette procédure « un profit financier et moral ». Son confrère Richard Malka avait également souligné qu’en engageant « une avalanche de procédures » en diffamation, les dirigeants du FN essaient d’« autocensurer la presse ». Le parquet a requis la relaxe « pour pratiquement tous les chefs de poursuite ». Décision le 4 octobre.
L' Humanité : C'est la liberté qu'on assassine ; Il n’y a pas de mot pour nommer l’horrible attentat perpétré hier au cœur de Paris pour éliminer de sang-froid, un à un, nos amis, nos camarades de Charlie Hebdo
mercredi 7 janvier 2015
Extrait de l'interview de Jean Ziegler dans le journal suisse GAUCHEBDO du 19 décembre 2014.
Extrait de l'interview de Jean Ziegler dans le journal suisse GAUCHEBDO du 19 décembre 2014.
Journaliste: Vous vous qualifiez volontiers de communistes, en quoi cela consiste-t-il concrètement?
Jean Ziegler: Comme tous les communistes, je pratique l'entrisme subversif, l'infiltration des structures, au Parlement, à l'Université, à l'ONU et à l'aide des livres. Dans les sociétés industrialisées, où l'adversaire est tellement puissant, c'est le chemin. Le Che a dit une chose très juste: "Les révolutionnaires sont des opportunistes qui ont des principes." Il y a aussi cette image chez Marx de la taupe qui creuse, qui creuse et, soudain, toute la surface s'effondre.
Creuser, c'est le travail que nous avons à faire maintenant. Comme Althusser l'a expliqué, il y a deux fronts, la lutte de classe matérielle, c'est-à-dire sur le front de la production - par exemple la grève des TPG [2] qui, soit dit en passant, a été magnifique - et la lutte des classes théorique sur les contenus de conscience.
Il s'agit de détruire la théorie de légitimité de l'adversaire car, comme le disait le poète turc marxiste Nazim Hikmet, "les chaînes sont à la racine de notre tête", nous sommes des esclaves volontaires. Couper ces chaînes signifierait la fin de l'aliénation de la victime et libérerait un potentiel révolutionnaire incroyable.
La Révolution française n'aurait pas été possible sans le "Contrat social" de Rousseau, l'idée de séparation des pouvoirs de Montesquieu ou les Encyclopédistes. Aujourd'hui, nous sommes dans cette phase de lutte théorique.
Si nous ne faisons pas ce travail, l'insurrection se dirigera contre la justice. Le fascisme, le blochérisme [3], la xénophobie, le racisme sont au coin de la rue car la destruction du tissu social et de la nature, la réduction du pouvoir de l'Etat et du bien commun créent le désarroi chez tout le monde.
A nous de conduire ce monde vers la révolution.
Propos recueillis par Jérôme Béguin
[1] Jean Ziegler est un homme politique, altermondialiste et sociologue suisse.
[2] Transports publics genevois
[3] Nom donné au mouvement d'extrême-droite "Union démocratique du centre" dont est membre le riche homme politique suisse Christoph Blocher
Charlie Hebdo : Voilà l'horreur continue .. encore douze morts dans cette guerre qui ne dit pas son nom .
Voilà l'horreur continue .. encore douze morts dans cette
guerre qui ne dit pas son nom .
guerre qui ne dit pas son nom .
D'où que viennent ces assassins rien ne peut excuser ce
massacre comme rien n'excuse les massacres en Syrie
, en Palestine en Libye , rien n'excuse les massacres
perpétrés par les armées impérialistes de tout poil .
massacre comme rien n'excuse les massacres en Syrie
, en Palestine en Libye , rien n'excuse les massacres
perpétrés par les armées impérialistes de tout poil .
Oui ,des innocents meurent tous les jours , aujourd'hui
ils sont français que notre douleur nous fassent
comprendre la douleur de ceux qui vivent en perdant
tous les jours des proches des enfants , des amis
....
ils sont français que notre douleur nous fassent
comprendre la douleur de ceux qui vivent en perdant
tous les jours des proches des enfants , des amis
....
Cela me choque , cela me révolte , car le seul gagnant de
cette boucherie sera l’extrême droite et les jours qui
viendront me donneront raison hélas .
Battons nous , luttons pour faire triompher la paix la
justice et la solidarité entre tous les peuples , car
aujourd'hui seuls les marchands d'armes sortent
triomphants .
Battons nous pour la liberté , la liberté d'expression ,
et boutons dehors l'extrême droite d'ou qu'elle vienne .
cette boucherie sera l’extrême droite et les jours qui
viendront me donneront raison hélas .
Battons nous , luttons pour faire triompher la paix la
justice et la solidarité entre tous les peuples , car
aujourd'hui seuls les marchands d'armes sortent
triomphants .
Battons nous pour la liberté , la liberté d'expression ,
et boutons dehors l'extrême droite d'ou qu'elle vienne .
Vive la laïcité , vive la liberté ,et la fraternité
Pensons aujourd'hui aux victimes innocentes et à leurs
familles
familles
Symbole du rejet des Roms, Maria Francesca enfin inhumée /Après le refus de la mairie de Champlan d’inhumer le bébé, décédé suite à une mort subite du nourrisson, l’enterrement a finalement eu lieu dans la commune voisine de Wissous
Le refus de sépulture du nourrisson, mort au lendemain de Noël dans un bidonville de l’Essonne, a suscité une profonde indignation.
De nombreux citoyens sont venus hier aux funérailles apporter leur soutien à la famille et aux populations roms. Reportage.
Les pleurs d’Ileana, la mère du bébé, resteront longtemps associés à la colère contre la discrimination qui frappe les roms.
Photo : Christophe Ena/AFP
Les cloches de l’église sonnent. Sonnent, et sonnent encore. Mais les familles, bénévoles ou simples anonymes, chrétiennes ou non, peinent à sortir de l’église Saint-Paul de Massy (Essonne), où se déroulaient hier les funérailles de la petite Maria Francesca, petite fille de deux mois et demi décédé au lendemain de Noël dans un bidonville de Champlan. Tous veulent rester le plus longtemps possible avec sa mère, déchirée par la perte de son nourrisson.
Devant le petit cercueil blanc, Ileana implore le ciel, les bras levés. Est-ce la posture, semblable à la sculpture du Christ au-dessus d’elle ? Est-ce sa tenue d’une blancheur immaculée ? Une chose est sûre. Les pleurs d’Ileana resteront longtemps associés, chez toutes les personnes présentes, à la colère contre la stigmatisation et le rejet qui frappent toutes les personnes roms. Vivantes
ou mortes.
Après le refus de la mairie de Champlan d’inhumer le bébé, décédé suite à une mort subite du nourrisson, l’enterrement a finalement eu lieu dans la commune voisine de Wissous. Au cimetière, la famille de Maria Francesca s’est agenouillée devant le maire pour le remercier d’avoir accepté la mise en terre du bébé dans un souci « d’humanité ». Voilà l’extrémité à laquelle notre pays est arrivé. Le droit à une sépulture digne y est devenu un privilège pour les femmes et les hommes que notre société laisse survivre dans les replis de nos villes, sans eau, ni électricité. Cette affaire est le « signe manifeste de la contamination des esprits, à tous les niveaux, déplore Jérôme Guedj, président du conseil général de l’Essonne. Voilà ce qui se passe quand on fait sauter les digues au plus haut niveau ».
Un climat politique nauséabond
Derrière la famille, ils étaient nombreux, tous ceux qui « ont tissé des liens humains d’amitié et de solidarité » dans cette ville « où beaucoup de familles roms vivent de leurs activités », résume le prêtre qui a dirigé la cérémonie, en français et en roumain. Il y avait Helena et Marie-Claire, venues « exprimer leur soutien aux familles ». Comme la plupart des bénévoles de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), elles connaissent les proches de la famille endeuillée. Elles les suivent de terrain en terrain depuis des années. « J’ai longtemps servi de boîte aux lettres pour certains occupants du bidonville », glisse Helena.
Le 25 décembre, le père Gatineau l’a passé sur la « platz » (terrain en romanes – NDLR) de Champlan. « Il y avait un rayon de soleil, et plein d’enfants. C’était beau et très joyeux. Maria Francesca était avec sa maman, bien au chaud », raconte ce recteur de la basilique de Longpont. Le religieux avait organisé une scénette pour expliquer l’histoire de Noël aux enfants de cette communauté, très religieuse. « Il y avait Marie et Joseph, mais aussi les méchants aubergistes qui n’ont pas voulu les accueillir à Bethléem. J’avais demandé à trois enfants d’interpréter leurs rôles. Ils ont refusé. Ils ne voulaient pas dire non. » La solidarité, pour ces jeunes pousses, n’est pas une option. « Malheureusement, conclut le père, depuis une semaine, on a vu qu’il y avait encore de mauvais aubergistes. » L’effroyable histoire de Champlan, deux millénaires plus tard, va-t-elle faire changer les esprits ? Tel est le vœu de Jean-Louis, le trésorier de l’ASEFRR, qui rappelle que les occupants du campement de Champlan demeurent sous la menace d’une expulsion. « Cela fait des années que l’on demande la tenue d’une table ronde avec l’ensemble des pouvoirs publics en Essonne, que les familles puissent au moins obtenir la domiciliation, la scolarisation des enfants, l’accès à l’eau, la collecte des déchets… » Ce n’est toujours pas le cas dans ce département où les expulsions se succèdent sans relogement, au mépris de la circulaire d’août 2012.
Ils ont obtenu, hier, le renfort des communistes de l’Essonne. Révoltée par ce « climat politique nauséabond » qui vise à rejeter le « pauvre, l’immigré, le Rom, devenus le dérivatif de toutes les colères sociales », la fédération locale du PCF a organisé un rassemblement dans la
commune de Champlan, hier, en fin d’après-midi, pour « dire “non !” à de tels actes discriminatoires ». Quelques minutes auparavant, le parquet d’Évry annonçait l’ouverture d’une enquête pour discrimination visant le maire (DVD) de la commune, Christian Leclerc. Un premier pas pour donner aux Roms errants « un chemin d’espoir et des routes de paix », comme disent les hommes d’église.
Source : L'Humanité .fr
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