Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".



RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

lundi 27 août 2012


La droite a toujours protégé les plus puissants , normal puisque se sont les larbins qui sont installés aux manettes témoins ce qu'a fait Bertrand l'ancien ministre du travail , les ouvriers eux connaissent le chomage et la précarité et les paysans s'adressent aux tribunaux pour tenter de se protéger mais rien n'y fait..

Xavier Bertrand . En mars 2012, son cabinet serait intervenu pour bloquer l'envoi d'une lettre relevant les irrégularités du plan de licenciements préparé par Unilever...

L’Etat, qui s’est toujours dit impuissant pour empêcher la fermeture de l’usine de Fralib, à Gémenos au nord de Marseille, a-t-il au contraire favorisé cette fermeture? C’est ce qu’indiquent en tout cas de nouveaux éléments publiés ce lundi par le Parisien.
Le quotidien s’est procuré les retranscriptions de conversations entre des agents de l’Etat et des salariés de Fralib, qui occupent leur usine de thé «Eléphant» depuis plus de 700 jours pour lutter contre sa fermeture. Ces conversations datent de mars 2012. On y apprend que le cabinet du ministre du Travail d’alors,Xavier Bertrand, serait directement intervenu dans le dossier pour favoriser la mise en place du plan social d’Unilever, propriétaire de l’usine.

>> Des extraits des conversations en question sont consultables par ici

En mars 2012, la troisième version du plan social –les deux précédentes ont été retoquées en justice- finit d’être examiné par la Direccte (Direction régionale de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Celle-ci a une nouvelle fois relevé plusieurs irrégularités dans le plan de licenciements, révèle le Parisien, et s’apprête à envoyer sa «lettre d’observation» à la justice. Mais celle-ci n’est jamais partie: le cabinet du ministre serait directement intervenu pour «donner consigne à l’administration de fermer les yeux sur l’ultime version du plan d’Unilever», finalement «validé le 20 avril par la justice», écrit le Parisien.
Contacté par le quotidien, l’ancien ministre dément toute intervention de son cabinet dans cette affaire. Ce qui n’empêchera sans doute pas les salariés de Fralib d’aborder le sujet vendredi prochain, lors de leur rencontre prévue à l’Elysée avec François Hollande.
 Nicolas Bégasse

samedi 25 août 2012

Jean Ferrat : J'aurais seulement voulu être heureux/ j'ai froid ...

L'Equateur qui a accordé l'asile politique au fondateur de Wikileaks , l’Australien Julien Assange entend bien utiliser toutes les procédures légales pour obtenir un sauf conduit ....


Quito, 23 août (RHC)- Le vice ministre équatorien des Affaires étrangères, Marco Albuja, a déclaré que son gouvernement analyse des stratégies pour intenter un recours devant les instances juridiques internationales, dont la Cour Internationale de La Haye et obtenir que le Royaume-Uni permette au fondateur de Wikileaks , l’Australien Julien Assange, d’abandonner Londres.
Le vice ministre a signalé que si la Suède s’engageait à ne pas extrader Julian Assange aux Etats-Unis, ce dernier pourrait décider s’il reste ou non sous la protection de l’Equateur. Marco Albuja a aussi précisé que l’Australien peut opter pour la solution de ne plus être protégé par l’Equateur à Londres et se rendre en Suède pour faire des déclarations sur de présumés abus sexuels.
Il peut aussi faire des déclarations depuis l’ambassade de l’Equateur à Londres où il s’est réfugié le 19 juin quand il a demandé l’asile par crainte d’être extradé aux Etats-Unis et d’y être condamné à la peine capitale.
Marco Albuja a déclaré à la presse que c’est Julian Assange qui doit décider de ce qu’il doit faire, « n’oubliez pas que sa vie est en jeu et il a son opinion à ce sujet » a-t-il ajouté.
Il a souligné que le gouvernement équatorien cherche des alternatives légales pour résoudre la crise déclenchée par le communiqué du Royaume-Uni menaçant d’entrer en force à l’ambassade équatorienne pour arrêter Julian Assange.
Le vice-ministre a confirmé qu’un groupe de juristes travaillent dans le but d’utiliser tous les recours légaux auprès de mécanismes internationaux comme le Conseil de sécurité de l’ONU et la Cour internationale de La Haye pour obtenir le sauf conduit.
En ce moment, le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño réalise un périple à l’étranger pour expliquer les raisons pour lesquelles l’Equateur a accordé l’asile à Julian Assange et la demande au Royaume-Uni de se rétracter des menaces d’irruption dans le siège diplomatique équatorien.
L’Equateur espère d’autre part le soutien de l’Organisation des Etats Américains, l’OEA, à sa revendication de même que l’ont fait l’Union des Nations Sud-américaines, l’UNASUR et l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique ALBA, samedi et dimanche dernier.
La semaine dernière, l’OEA a adopté, 23 voix pour et 3 contre (celles des Etats-Unis, du Canada et de Trinité et Tobago) une résolution proposée par l’Equateur pour débattre ce vendredi de l’inviolabilité des ambassades.
Le président équatorien, Rafael Correa, a déclaré hier que son pays ne négocie ni la souveraineté, ni encore moins les droits d’un être humain, comme c’est le cas de Julian Assange.

"on vient de subir trente années de lavage de cerveau"Annie Lacroix-Rizes affirme que si les peuples ne bougent pas il y aura une guerre générale ; pour elle cette crise est bien plus grave que toutes les crises précédentes


 Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale »

Annie Lacroix-Riz est professeur d’histoire contemporaine. Elle était à Montpellier le 18 mai. L’occasion d’évoquer le rôle des élites économiques françaises dans la défaite de 1940. Et de faire le lien entre la crise des années 30 et celle d’aujourd’hui. Pour elle, celle-ci « est bien plus grave que les crises précédentes ».
Annie Lacroix-Riz à Montpellier le 18 mai 2010 (photo : Mj)Elle a quelques pages de notes dactylographiées devant elle. Mais elle ne les regarde pratiquement pas. Annie Lacroix-Riz était à Montpellier le 18 mai pour une conférence organisée par les Amis du Monde diplomatique qui dura près de 3h. Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII, elle s’est notamment intéressée, dans ses travaux, à la CGT, aux relations franco-américaines après la Libération, au Vatican et plus récemment au rôle des élites françaises avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Elle affirme : « Vous ne pouvez pas faire de la bonne histoire si vous ne faites pas, en tendance, toujours de l’histoire sociale et économique. Parce que tout s’explique par l’histoire sociale et économique. » (voir première vidéo plus bas)
« Le haut patronat a sacrifié les Français »
La semaine passée, elle a évoqué le sujet d’un de ses livres, Le choix de la défaite (1), où elle soutient qu’en 1940, « les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich ». Plus précisément elle décrit une organisation française réunissant banquiers et industriels : la Synarchie. Composée de 12 hommes, cette « organisation secrète » était centrée, selon Annie Lacroix-Riz, autour de trois groupes : La banque Worms, la banque Lehideux et la banque d’Indochine. Elle aurait refait surface en 1922 après s’être appelée « mouvement synarchique d’empire ». Ces milieux très présents « dans tous les gouvernements de Vichy en particulier aux postes économiques [...]avaient décidé que les structures politiques étaient détestables parce qu’elles ne pouvaient pas réaliser les meilleures conditions de rétablissement du profit. On était avant la crise mais dans une période tout de même très tourmentée. »
L’historienne explique aussi sa méthode de travail consistant à aller chercher ses informations dans les sources (policières notamment). Et de fustiger certains de ses collègues historiens (2) qui ont « jeté certains interdits sur à peu près toutes les sources. Et d’autres – ou les mêmes d’ailleurs – précisent et détestent encore plus certaines sources que d’autres. Par exemple, on dit volontiers que les sources de police sont des sources médiocres. » Et de citer comme exemple le travail de l’historien Jean-Noël Jeanneney sur François de Wendell qui aurait attribué plus de crédit aux propos du président du Comité des forges qu’aux archives de police concernant le contrôle par l’industriel du journal Le Temps.
« Le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut »
Mais que permettent les sources ? « Elles permettent de voir que le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut, affirme Annie Lacroix-Riz [...] Ces milieux jouent un rôle considérable dans le domaine économique mais aussi politique, dans le domaine de la presse, de  la culture. Bref, ils contrôlent à peu près tout et l’État est leur émanation. Évidemment tout ceci, que démontrent les sources, est difficile à traiter ces 25 dernières années où on avait cessé de faire de l’histoire économique et sociale. [...] Les gens ne se posent plus la question de savoir qui dirige quoi dans la société puisque c’est plutôt indécent. »
L’historienne détaille comment les « milieux économiques faisaient les gouvernements. [...] Tous les chefs de gouvernements pressentis, y compris celui de Blum et d’Herriot, venaient se présenter avec leurs ministres des finances pressentis, devant le gouvernement de la Banque de France [privée à l'époque] auquel ils promettaient, pour obtenir les avances de la Banque de France, d’être très sages et de pratiquer une austérité financière. »
« Une voie d’accord à tout prix avec le Reich »
Annie Lacroix-Riz explique comment « à partir de 1930-31 le grand capital français s’engage dans une voie d’accord à tout prix avec le Reich. Cette voie se dégage vraiment dans une conjoncture qui est exactement celle d’aujourd’hui sauf que celle-ci est encore plus grave que celle de 1931. La crise de 29 devient une crise systémique entre mars et l’été 1931 quand l’endettement de l’Allemagne menace presque de chaos technique [le capitalisme]. Ils l’ont même pensé à un moment : la survie du capitalisme. »
L’historienne détaille aussi le contrôle des partis politiques classiques et d’extrême droite (La Cagoule), de la presse (« je sais que les journalistes ont horreur qu’on raconte ça »), les « syndicalistes raisonnables de la CGT » (« ils lui ont donné les moyens de résister à la radicalisation populaire »). Avant de conclure : « On se retrouve aujourd’hui avec une connaissance des phénomènes très inférieure à ce qu’elle était en 1944-45 parce que, pendant l’occupation, les milieux résistants avaient obtenu et diffusé des informations. Ce qui vous explique qu’aujourd’hui, des gens de 80 ans sont très peu surpris quand on leur dit que la France a été victime de haute trahison. Alors que, si on dit ça à un étudiant de 20 ans, au début, on lui provoque des réactions de malaise et même d’indignation. Voilà pourquoi, les circonstances étant ce qu’elles sont, il est indispensable de faire de l’histoire, de faire le maximum pour que l’enseignement de l’histoire, si compromis aujourd’hui, puisse se diffuser, même dans la période où il est compromis, par les divers canaux : la discussion, la discussion Internet, etc. » Puis viennent les questions de la salle dont trois faisaient le lien sur la situation actuelle.
Vous avez dit : « La crise financière et économique aujourd’hui me paraît plus grave que celle des années 30. » Vous pourriez expliquer ?
ALC : L’endettement de l’Allemagne en 1931 était absolument ridicule par rapport au niveau d’endettement des États-unis [aujourd'hui]. C’est incommensurable. Il y avait une spéculation gigantesque qui a abouti, en 29, à ce qu’on sait. Mais le rapport entre la production matérielle et l’investissement spéculatif n’est pas du même ordre de grandeur en 1931 et aujourd’hui. Le niveau de suraccumulation du capital de la crise de 1929 était très supérieur à celui de la crise de 1873 qui, comme la nôtre d’ailleurs, a duré plusieurs décennies. Parce que la guerre de 14, c’est la crise de 73. [...]
Pour comprendre ce qui se passe, il faut lire Le Capital c’est-à-dire qu’il faut savoir ce que c’est que la composition organique du capital, la baisse tendancielle du taux de profit,… [...] Quand j’étais étudiante, il ne serait pas venu à l’idée d’esquiver les analyses de Marx y compris chez les historiens économistes de droite. Si on ne voit pas ce qui, dans le fonctionnement du capitalisme, mène à la baisse inéluctable du taux de profit – pas du taux d’exploitation, du taux de profit – et par conséquent met en danger la survie du capitalisme, on ne comprend rien. C’est précisément parce qu’on est incapable, aujourd’hui, d’analyser la baisse du taux de profit, qu’on ne voit pas que cette furie de spéculation s’explique par les phénomènes fondamentaux de la baisse du taux de profit. Mais ça va durer jusqu’à quand ? Ça ne peut durer qu’un certain temps.
« Il faut relire Marx »
On est, aujourd’hui, dans l’incapacité, parce qu’on n’a plus les instruments intellectuels, de formuler la fin logique du capitalisme. Exactement, comme à un moment, le système féodal s’est verrouillé et n’a plus pu fonctionner. [...] Mais ça, on n’est même pas capable de le conceptualiser parce qu’on vient de subir 30 ans de lavage de cerveaux qui nous a, de plus, littéralement empêché de comprendre le réel, en particulier par le sacrifice de l’analyse économique et sociale. Il faut relire Marx. Je ne dis pas qu’on puisse se précipiter tout de suite sur Le Capital mais enfin, s’il y en a qui ont un peu de temps, qu’ils en profitent. Et pour ceux qui n’ont pas de temps immédiat, qu’ils commencent par lire Salaire prix et profit ou Travail salarié et capital. Ils vont comprendre les mécanismes sur la composition organique du capital qui leur permettront d’appréhender le fait que cette crise est gravissime et qu’elle est bien plus grave que les crises précédentes.
Les dettes grecques et espagnoles ?
« Une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! »
[La crise de 31] a été déclenchée par les conséquences de la gravité de l’endettement allemand, de la crise en Allemagne puisqu’il y a eu des faillites retentissantes en particulier des faillites bancaires et la faillite d’un très trop groupe. [...] Comme la banque d’Angleterre était terriblement engagée en Allemagne, il y a eu des conséquences immédiates sur la banque d’Angleterre, sur la Livre et il y a eu une tornade… Il y a des phénomènes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau, en moins grave, à ce qui se passe en ce moment. Il n’était pas possible que la crise de 31 n’arrive pas. On amuse le tapis avec la dette grecque, espagnole, la ceci, la cela,… mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! Enfin bref, le système est mal. Nous aussi mais le système est mal.
Écouter le son (8′) :
« Qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme
n’a pas besoin de guerre actuellement »
Quelle issue voyez-vous à la crise ? Va-t-on droit vers une guerre ? Vers une guerre civile ? Vers un clash du capitalisme ?
ALC : Je ne suis qu’historienne et pas Cassandre. Il y a forcément une alternative. On a eu deux exemples qui peuvent se reproduire. Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale. Le capitalisme ne peut pas, dans la situation de crise où il est, esquiver une guerre générale. Mais, après tout, il peut y avoir une issue autre. Ça ne s’est jamais produit mais finalement ce n’est pas intellectuellement, formellement, politiquement impossible. On peut imaginer que dans un pays impérialiste – c’est là que ça serait le plus efficace mais même dans un petit pays, ce serait pas mal – ceux d’en bas, ne supportant plus du tout ceux d’en haut, se mettent très très très très très en colère, empêchent ceux d’en haut de prendre des mesures contre eux, les neutralisent.
S’il y avait une révolution dans un pays impérialiste important, il est clair que l’impérialisme ne pourrait pas déclencher une guerre générale. Je dois dire qu’en dehors de cette hypothèse, vraiment purement hypothétique parce qu’à l’époque de l’impérialisme, ça ne s’est jamais réalisé… Mais après tout, on n’en sait rien : on a une crise qui dure depuis 40 ans, des populations excédées,… Sinon, qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme n’a pas besoin de guerre actuellement. [...] Ça ne suffira pas de faire la guerre à l’Iran. Il leur faut une bonne guerre générale mais qui risque, évidemment, d’être infiniment plus meurtrière que les précédentes. Il n’y a qu’à voir déjà le rapport entre la première et la deuxième. Plus les populations se bougent, plus on a des chances de survie dans des bonnes conditions. Je ne vois vraiment pas d’autres possibilités
Écouter le son (3’15″) :
« 1917 les a rendus fous »
Le Front populaire et la révolution russe sont-ils des exemples où les moyens de contrôle des milieux financiers n’ont pas bien fonctionné ?
ALC : Le seul ébranlement qui les ait vraiment touchés au coeur, c’est 17. Ça les a rendus fous. Et pourquoi ça les a rendus fous ? Pour les mêmes raisons que ça a rendu fous les aristocrates. C’était un exemple épouvantable. Évidemment vous imaginez, si le système féodal était mis en danger partout… Mais là, c’est que c’était encore plus grave que ça. Non seulement c’était un exemple absolument détestable que de se soustraire à la libre circulation des capitaux mais en plus, ils possédaient leurs usines. [...] [1936] est un mouvement social qui ébranle le patronat – il l’ébranle, personne ne niera l’importance de 1936 ; c’est bien simple le socle qui est en train d’être détruit c’est là qu’il s’est construit, finalement en 15 jours -  Donc vous imaginez, alors que là c’est quand même un ébranlement léger dont ils ne se remettent jamais parce que vraiment ça les contrarie, même quand ils ont fini par en venir à bout, mais 1917 ! C’est-à-dire la suppression de la propriété privée sur la plus grande partie relative des terres émergées. [...]
Quand arrive les révolutions ? [...] On ne peut pas savoir quand elles vont se déclencher. On peut simplement dire qu’on est dans une période historique où ça risque de se déclencher. Mais on y est depuis la première grande crise de l’impérialisme qui a débouché sur la première guerre mondiale. Parce que la question de la destruction du capitalisme a été posée là. Et la crise de la féodalité a duré 300 ans. Eh ben, un beau jour, il y a un peuple qui s’est fâché plus que les autres. Quand des peuples vont-ils se fâcher plus que les autres ? Il est permis de penser, vu la gravité de la crise, qu’en effet, on est entré dans une nouvelle période de guerre et de révolution. Et peut-être, ce serait inédit, de révolution et pas de guerre.
Écouter le son (7’50″) :
Photo : Annie Lacroix-Riz à Montpellier le 18 mai 2010 (Mj)
Voir aussi deux vidéos autour du Choix de la défaite. La première est datée du 29 septembre 2006. Elle est sensiblement sur le même thème que celle du 18 mai mais apparaît plus claire :

La deuxième est datée du 20 mai 2006 et a été tournée à… Montpellier dans le cadre de la Comédie du livre :



Source: http://www.montpellier-journal.fr

vendredi 24 août 2012

La Semaine Sanglante , Jean Batiste Clément , sous la commune , avait écrit cette chanson qu'une jeune fille avait recopié lors de mon arrestation en 1991 et qui fut placardée sur la grille de la mairie du Donjon ....c'était une autre histoire: celle de l lutte des paysan contre la politique agricole commune ...







Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère

Les heureux même sont tremblants
La mode est au conseil de guerre
Et les pavés sont tout sanglants

REFRAIN

Oui mais ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront (bis)

On traque on enchaîne on fusille
Tous ceux qu’on ramasse au hasard
La mère à côté de sa fille
L’enfant dans les bras du vieillard
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges
Valets de rois et d’empereurs

REFRAIN

Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac Mahon aux Dupanloup
Il va pleuvoir des eaux bénites
Les troncs vont faire un argent fou
Dès demain en réjouissance
Et Saint Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence
Et le bagne se peuplera

REFRAIN

Demain les Manon les Lorette
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leur collerette
Des chassepots et des tambours
On mettra tout au tricolore
Les plats du jour et les rubans
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants

REFRAIN

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir
Sans pain sans travail et sans arme
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes
Des sabre-peuples et des curés

REFRAIN
Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé
Jusques à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail
A quand enfin la République
De la justice et du travail

REFRAIN et FIN

Étrange est le destin de ceux qui de victimes se sont mués en bourreaux ! Faut-il laisser les Sioniste continuer à éclabousser la mémoire de ceux qui ont souffert le martyr ? Faut-il qu’une bande d’assassins se serve de la mémoire de ces martyrs pour martyriser des innocents ? Faut-il que les juifs soient associés à une telle entreprise criminelle ?


Faut-il se remémorer la "Shoah" tzigane ?
Fethi GHARBI
L’arrivée d’Hitler au pouvoir va enclencher en Europe occupée une folie génocidaire appelée alors par les nazis : "la destruction des vies inutiles". Dans toute l’Europe occupée, on entreprend la traque du tzigane, d’abord en 1939, ensuite en 1941 et 1943. L’extermination des 5 à 600 000 nomades a lieu dans les différents camps de concentration.
En fait, la persécution commence avant l’arrivée des nazis dès 1933, la "stérilisation eugénique", l’interdiction des mariages mixtes en 1934-1935 et enfin les premiers enfermements au camp de Dachau, en 1936. A l’automne 1939 les déportations deviennent massives ; et c’est sur deux cent cinquante enfants tsiganes que les nazis testent le zyklon B, au camp de Buchenwald, en 1940. Ensuite commence l’extermination à grande échelle en Europe occupée. La moitié de la population tzigane d’Europe fut supprimée. L’extraordinaire dans cette affaire est que le nom des victimes Tsiganes ne fut même pas mentionné durant le Procès de Nuremberg, alors que la Shoah des juifs éclipsait toutes les autres horreurs !
En 1945, les nazis se sont livrés encore à de multiples massacres sur les derniers Tziganes internés dans les camps allemands. Les résistants tziganes qui avaient survécu, n’ont pu bénéficier à la fin de la guerre, des promesses d’intégration sociale qui leur avaient été faites. Ils ne trouvèrent personne pour les défendre. Le peuple tzigane ne sait pas pleurer ; il subit en silence, que dis-je ! en chantant ! la morbidité et les lamentations ne sont pas son point fort !
Sous le gouvernement de Vichy, dès 1940, des Tziganes sont internés dans des camps de concentration, à Argelès-sur-Mer et au Barcarès, dans les Pyrénées Orientales. En 1942 est créé un camp d’internement réservé spécialement aux Nomades, celui de Saliers, dans les Bouches-du-Rhône. Les Tziganes ont été systématiquement massacrés. 20.000 gazés pour la seule nuit du 31 juillet 1944, à Auschwitz. Plus de 600000 Roms, Kalderas, Manouches, ont péri dans les différents camps de concentration.
Les nazis voulaient exterminer le peuple tzigane tout comme le peuple juif, les opposants politiques, les homosexuels, les témoins de jéovah, les noirs, les handicapés et les malades mentaux dont un grand nombre a péri dans des camions et des chambres à gaz.
L’extermination des Tziganes est un fait trop souvent oublié. Pourquoi si peu de films documentaires ou livres sur le sujet ? Pourquoi lorsqu’on parle de la seconde guerre mondiale on évoque généralement la seule shoah le seul génocide juif et jamais ou presque le génocide tzigane ?
En France, la shoah est déjà largement enseignée au collège et au lycée. Pourquoi ne pas consacrer un peu plus de lignes sur d’autres génocides et massacres dans les manuels scolaires ? Tziganes, amérindiens, traite des noirs, crimes coloniaux etc.
Ou doit-on comprendre qu’il y a la prédominance d’une mémoire sur les autres.
Une foule de questions qui demeurent sans réponses !
Depuis le Procès de Nuremberg à nos jours, l’occident semble atteint d’une amnésie sélective.
En réalité cette situation n’a rien de fortuit, elle est le résultat de cette vision manichéenne qui constitue le fondement même de la pensée occidentale. Les juifs, en tant que pilier de la pensée et de l’histoire judéo-chrétienne, sont de vrais interlocuteurs dans le sens linguistique du terme. Les juifs forment le "tu", c’est l’alter-égo, une fois incriminé, haï, une autre valorisé.
Par contre le reste des humains forment le "il" c’est à dire des non-personnes, absentes de l’acte de la parole, réduites à l’état d’objet. Peu importe qu’Hitler extermine les homosexuels, les témoins de jéovah, les noirs, les handicapés, les malades mentaux et les Tziganes, ce ne sont que des sous-hommes.
Dire qu’on nous présente toujours Hitler comme une sorte d’extra-terrestre barbare qui est venu agresser une civilisation harmonieuse où la chèvre et le chou font bon ménage. On oublie que l’antisémitisme est un sentiment qui existait en Europe bien avant le nazisme ainsi que l’esclavage, le génocide des amérindien, les exactions coloniales. Hitler constitue l’état paroxysmique d’une civilisation malade. Une civilisation qui souffre d’avoir cru détenir le Sens et la Vérité. Une civilisation où une race s’est cru supérieure et se le croit encore et qui s’octroie le droit d’aliéner le reste de l’humanité. Non, Hitler n’est pas un accident historique, c’est la quintessence de l’eurocentrisme, c’est l’illusion universaliste en délire !
Il faut comprendre que du point de vue occidental la faute commise par Hitler est d’avoir assimilé les juifs à l’altérité, de les avoir confondu avec les masses déshumanisées du monde "non-civilisé". Malmener les juifs est toléré mais les exterminer c’est ébranler les fondements idéologiques du monde occidental qui sont de nature ethno-religieuse et non ethnique comme ont pu le croire les nazis.
Sautant sur l’occasion, les sionistes, médias et politiciens occidentaux aidant, vont jouer avec excellence la partition de la victimisation. La "Shoah" devient en quelque sorte une nouvelle religion dont les Ashkénaze, juifs européens, constituent le noyau et la victime par excellence.
Tous les autres génocides du 20eme siècle, même celui de Tziganes sont perçus comme de simples évènements historiques vite oubliés. Le génocide des juifs est affublé de deux dénominations spécifiques : la Shoah et l’Holocauste, deux noms propres, commençant par une majuscule, ce qui leur confère une valeur absolu.
La "Shoah", mot hébreux dont la singularité fait qu’il soit perçu comme l’expression d’un phénomène unique, n’est pas un génocide parmi d’autres mais le seul, l’unique, l’incomparable. L’"Holocauste" signifie au sens propre, un sacrifice religieux où la victime est offerte à Dieu par quelque sacrificateur. Le génocide des Juifs européens est donc vu, non pas comme un "holocauste" ou l’"holocauste des Juifs européens", mais comme l’"Holocauste" dans le sens absolu du terme.
Il possède une connotation religieuse sacrificielle, attribuant aux victimes un destin spécifiquement divin, sacralisant ainsi un fait historique . L’unicité de la Shoah est brandie, devenant ainsi le symbole du "peuple élu". Hegel dit bien que les juifs n’ont pas d’histoire, ils n’ont que des martyrs, la Shoah se présente comme le superlatif de la martyrisation .
On retrouve dans cette manière de penser la même obsession eurocentrique : on n’est pas seulement détenteur exclusif de la connaissance, de la foi, de la civilisation , on est aussi détenteur du malheur suprême, de la souffrance suprême.
Les Ashkénazes se présentent comme les seules victimes dotées d’humanité. A l’hypervictimisation des juifs blancs d’ Europe répond une hyperculpabilisation de leurs cousins chrétiens occidentaux. Les sionistes qui croient que les juif exterminés sont d’une nature différente des autres génocidés de l’Histoire vont mettre en valeur ce privilège. Il bénéficieront ainsi de l’absolution pour tous les crimes qu’ils vont commettre. Le rêve de ces victimes exceptionnelles du nazisme sera l’extermination d’un autre peuple, un peuple qui, en fait, n’en est pas un puisqu’il se situe hors des frontières de la "civilisation". La Shoah constitue une autre facette de l’idéologie dominante occidentale dans sa longue marche truffée de génocides, de colonisations et de mépris de l’altérité. La victimisation a servi d’excuse à la colonisation de la Palestine et d’écran aux différents épisodes d’épuration ethnique des autochtones. On est en droit de se demander si la Shoah est la sacralisation de la souffrance d’un peuple ou un vulgaire instrument de chantage servant à extorquer des fonds au profit des organisation sionistes comme le démontre si bien Norman G. Finkelstein dans son livre : « L’industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs ».
Étrange est le destin de ceux qui de victimes se sont mués en bourreaux ! Faut-il laisser les Sioniste continuer à éclabousser la mémoire de ceux qui ont souffert le martyr ? Faut-il qu’une bande d’assassins se serve de la mémoire de ces martyrs pour martyriser des innocents ? Faut-il que les juifs soient associés à une telle entreprise criminelle ?
Fethi GHARBI
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jeudi 23 août 2012

Emilie Carles Morte en 1979 , écrivit en 1978 "une soupe aux herbes sauvages" un livre émouvant d'une institutrice de cette superbe vallée des Alpes : la vallée de la Clarée , du nom de cette rivière magnifique et très froide qui y coule , cette femme exceptionnelle y a mené un combat pacifiste , humaniste , un combat d'une vie , elle en a fait ce livre beau et juste , qu'il faut relire......



« C’est pareil pour toutes choses, ce qui paraît irréalisable pour l’heure sera une réalité demain. »
Émilie Allais est née en 1900 à Val des Prés, petit vil­lage situé dans la « Vallée de la Clarée », à l’écart de bien des pol­lu­tions, au Nord-est de Briançon. Son père est paysan de mon­ta­gne. Elle a 5 frères et sœurs. A quatre ans, elle perd sa mère fou­droyée dans un champ. La vie n’est pas facile. Les jour­nées d’Émilie sont dou­bles : aux champs et à l’école. Elle fait 7 km à pied pour aller à l’école à Briançon, car elle veut deve­nir ins­ti­tu­trice. A 16 ans elle par­vient à quit­ter sa vallée pour Paris, afin d’obte­nir son diplôme. Émilie est la seule des six enfants de sa famille à pour­sui­vre des études. A Paris elle décou­vre et se sent à l’aise au sein du milieu anar­chiste et paci­fiste de l’immé­diat après-guerre. Mais déjà à 14 ans, elle s’était forgée des idées anti­mi­li­ta­ris­tes, après que, ses deux frères étant partis à la guerre en 1914, lors d’une per­mis­sion, l’un d’eux lui ait montré l’absur­dité de ce conflit.
De retour au pays, atteinte d’une lésion tuber­cu­leuse, elle exer­cera le métier d’ins­ti­tu­trice durant qua­rante ans dans ses mon­ta­gnes des Hautes-Alpes. Elle apprend à ses élèves la tolé­rance, le refus de la guerre et la fierté de leurs tra­di­tions pay­san­nes. D’abord ins­ti­tu­trice en rem­pla­ce­ment en 1923 aux Gourniers de Réallon, puis à Val des Prés, Émilie devint maî­tresse à l’école mater­nelle des Alberts, puis du Villaré en 1934, puis revient à Val des Prés en 1951 pour être nommée ins­ti­tu­trice titu­laire de l’école.
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En 1927 elle ren­contre Jean Carles, de onze ans son aîné, qui devient son com­pa­gnon. II est paci­fiste, liber­taire et libre-pen­seur. II va lui révé­ler tout ce qu’elle pen­sait. Avec lui, elle lutte contre l’injus­tice, la guerre, le racisme, le patriar­cat et la sou­mis­sion des femmes. Ensemble, en 1936, ils trans­for­ment la grande ferme fami­liale en auberge-hôtel « Les Arcades », pour accueillir les vacan­ciers du Front Populaire, qui se rem­plit de copains et de copi­nes anar­chis­tes grâce aux peti­tes annon­ces dans les jour­naux « La Patrie Humaine » et « l’En-Dehors »[1]. Le salaire d’Émilie comble sou­vent le défi­cit de l’auberge. Ils ont trois enfants : deux fils et une fille. Mais durant la guerre de 39-45, un drame immense se passe devant chez eux, à Val des Prés : leur fille « Nini », âgée de 6 ans, est écrasée par un camion mili­taire. Jean, son mari, refu­sant de partir à la Guerre doit se cacher pour éviter d’être fusillé comme déser­teur et se réfu­gie dans un camp de maqui­sards où il fait la cui­sine. Par la suite, il se mobi­lise pour éviter que leur fils n’aille com­bat­tre durant la guerre d’Algérie ; mais épuisé, vic­time d’une mala­die, Jean Carles meurt subi­te­ment en 1962. Il était tout son bon­heur. Émilie prend sa retraite la même année.
Restée seule avec ses enfants, Émilie Carles conti­nuera encore à se mani­fes­ter pour défen­dre la mon­ta­gne du sac­cage auto­rou­tier. En 1974, elle réus­sit à mobi­li­ser la popu­la­tion de Val des Près contre le projet d’auto­route Fos/Mer-Turin qui abou­ti­rait à la des­truc­tion de la “Vallée de la Clarée”. Le 13 Août 1973, elle prend la tête d’une mani­fes­ta­tion à Briançon contre ce projet. Le 27 Octobre 1976, elle orga­nise une confé­rence de presse à Paris devant des repré­sen­tants de minis­tè­res et des jour­na­lis­tes. Émilie fait grosse impres­sion et obtient gain de cause : “la Vallée de la Clarée” sera désor­mais clas­sée et on ne pourra plus dévi­sa­ger ce coin unique et vivant de nature et de calme.
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Elle a raconté sa vie et ses révol­tes dans une auto­bio­gra­phie : « Une soupe aux herbes sau­va­ges » qui parait en jan­vier 1978. Ce livre, qui lui a été demandé, est un immense succès, imprimé à des mil­lions d’exem­plai­res et tra­duit dans une dizaine de lan­gues.
Le 29 juillet 1979, Emilie Carles meurt à Val des Prés ; elle fait don de son corps.
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Voici trois extraits du livre d’Emilie Carles, « Une soupe aux herbes sau­va­ges » :

C’EST FÉERIQUE... LA VALLÉE DE LA CLARÉE

« Dès les pre­miers beaux jours de l’année, alors que la mon­ta­gne est encore impré­gnée par l’humi­dité de la neige à peine fondue, j’ai pour habi­tude de me repo­ser, allon­gée dans mon fau­teuil sur la ter­rasse du Vivier. Dès le matin, le soleil vient y des­si­ner un jeu d’ombres et de lumiè­res qui m’est tout aussi fami­lier que la voix de ceux que j’aime. La Clarée, cette rivière bénie des dieux, coule à mes pieds. J’aper­çois à tra­vers les bran­ches des arbres le mou­ve­ment de ses ondes trans­pa­ren­tes qui varient en cou­leurs et en inten­sité, tour à tour tumul­tueu­ses ou calmes, gron­dan­tes ou mono­to­nes. Autour de moi les oiseaux chan­tent. Je leur parle et ils me répon­dent et je prends ce concert pour moi seule. Quelle pré­somp­tion ! Ils chan­tent l’hymne au soleil, celui dont Rostand disait : « O soleil toi sans qui les choses en serait pas ce qu’elles sont. » Les gout­tes de pluie de la nuit accro­chées aux feuilles des saules irra­dient sous les rayons. C’est fée­ri­que, c’est para­di­sia­que. J’ai sous les yeux le plus beau pays du monde. »
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PRÉSERVER LA VIE DE CE VAL NATUREL... CONTRE LE PROJET DE SACCAGE AUTOROUTIER

« Ce qu’il fau­drait, c’est que les gens de la com­mune pren­nent cons­cience que cette auto­route n’est pas pour eux. J’essaie de leur expli­quer, je leur dis : « Pour aller à l’autre bout du vil­lage, pour aller à Pamplinet ou à la Vachette, quelle route pren­drez-vous ? Toujours la même vieille route, pen­dant que les autres vous pas­se­ront au-dessus de la tête en vous envoyant leurs gaz d’échappement. Cette dévia­tion s’ajou­tera au reste, à la voie express et à la voie ferrée elle aussi prévue. Notre vallée ne sera plus qu’un immense cou­loir de béton, avec le bruit, l’odeur et la pol­lu­tion. La Clarée devien­dra comme la vallée de la Maurienne, un endroit mort où le feuillage est détruit, les mou­tons obli­gés de s’en aller ailleurs. » C’est ça qu’ils doi­vent se mettre dans la tête, cette auto­route et tout ce qui va avec, ce n’est pas conçu pour le bien du vil­lage et pour le bien des pay­sans. »
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LA VRAIE SOUPE AUX HERBES SAUVAGES... SANS CHEF, SANS DOMINATEUR

« Ça, c’est du plan­tain et voilà de l’oseille sau­vage, de la drouille, de l’ortie ou barbe à bouc, du pis­sen­lit, de la dou­cette, un petit char­don des champs ou chon­zio, une plante lai­teuse, le lai­chu­ron, du mille-feuilles, du cha­la­brei aux feuilles lar­ge­ment den­te­lées, de la tétra­gone ou épinard sau­vage, de la langue bogne, une feuille de sauge et un brin de cibou­lette. A cela j’ajoute une pointe d’ail, quel­ques pommes de terre ou une poi­gnée de riz et j’obtiens une soupe onc­tueuse et déli­cieuse. Pour la réus­sir, ce qui importe, c’est de res­pec­ter les pro­por­tions. Il faut très peu d’herbes de chaque sorte afin qu’aucune ne l’emporte sur les autres. »

Au début du mois d’août, une association girondine, « Le droit à la santé pour tous », a publié un manifeste signé par 111 médecins (professeurs, praticiens hospitaliers, généralistes libéraux et autres) dénonçant le dépassement abusif d’honoraires de plus en plus pratiqué par les médecins du secteur 2, au grand dam d’un nombre croissant de malades qui, faute de pouvoir se payer des soins dont le coût excède largement le tarif remboursé par la Sécu, renoncent à se soigner.



HIPPOCRATE ET LES HYPOCRITES*



ALAIN ACCARD

O

 


Au début du mois d’août, une association girondine, « Le droit à la santé pour tous », a publié un manifeste signé par 111 médecins (professeurs, praticiens hospitaliers, généralistes libéraux et autres) dénonçant le dépassement abusif d’honoraires de plus en plus pratiqué par les médecins du secteur 2, au grand dam d’un nombre croissant de malades qui, faute de pouvoir se payer des soins dont le coût excède largement le tarif remboursé par la Sécu, renoncent à se soigner.
On comprend l’indignation et l’écoeurement des médecins signataires qui appellent leur corporation à ne pas imiter « les moins scrupuleux de (leurs) confrères » et à refuser le dépassement d’honoraires. Ces médecins soucieux de ne pas transformer leurs malades en un troupeau de vaches laitières, sont des « justes » qui méritent d’être salués : ils n’ont pas oublié, quant à eux, qu’ils ont juré, en prononçant leur serment d’Hippocrate, de ne pas se « laisser influencer par la soif du gain ». Dans le monde effrayant que nous a fabriqué le mercantilisme libéral, il est réconfortant d’entendre des appels comme celui-là, surtout de la part d’une profession où l’on n’est guère enclin habituellement à contester l’ordre établi.
La chose est d’autant plus remarquable que, non contents de dénoncer les dépassements « abusifs » de leurs collègues en proie à l’esprit de lucre, ces médecins protestataires, par la voix du docteur Bernard Coadou, le président de leur association, se sont permis d’administrer une leçon au gouvernement socialiste, auquel ils ont reproché expressément sa « frilosité »  : « Le gouvernement dit "on va s'attaquer aux dépassements d'honoraires abusifs", nous on a tendance à dire que tout dépassement d'honoraires est abusif ».
Docteur Coadou, vous et vos collègues signataires avez droit à un coup de chapeau de tous les honnêtes gens, en particulier des plus pauvres, pour vos qualités humaines et votre civisme. Je vous donne le mien très volontiers ici, avec mes vœux pour la prospérité de votre association. Mais permettez-moi d’ajouter une remarque :
Vous avez relevé à juste raison que le gouvernement se propose non pas d’interdire les dépassements, qui restent parfaitement légaux, mais uniquement d’empêcher les abus. Dans ces conditions, qui donc pourra juger du caractère abusif ou non d’un dépassement sinon les praticiens eux-mêmes ? Autant dire que rien n’empêchera les « moins scrupuleux » – et ils sont de plus en plus nombreux – de tomber dans l’excès. Il faudra donc continuer à accorder une confiance aveugle à des gens dont beaucoup n’en sont pas dignes.
Du coup vous taxez le gouvernement de « frilosité ». J’emploierais plus volontiers le terme de « tartuferie », en précisant que les socialistes, orfèvres en la matière, n’ont toutefois pas l’exclusivité de cette affectation de vertu.
En fait, l’hypocrisie qui consiste à prendre, apparemment dans l’intérêt de tous, des mesures dont on sait d’avance que faute de pouvoir être vraiment appliquées, elles ne nuiront pas aux intérêts des lobbies (évadés fiscaux, patrons voyous, commerçants poujadistes, etc.) qu’on veut ménager ou favoriser, est un procédé bien rodé utilisé par tous les gouvernements sans exception dans notre République. Disons les choses franchement : c’est grâce à des impostures de ce genre que le système capitaliste a pu s’assurer tant de complicités. Ce système ne peut fonctionner qu’en spéculant sur l’incurable bêtise qui affecte la plupart des citoyens à qui on a réussi à faire croire que le Marché c’est le lieu de rencontre de chaque liberté individuelle avec toutes les autres, et que l’Etat n’est là que pour empêcher les excès et corriger les pratiques frauduleuses d’une minorité de tricheurs. On se garde évidemment bien d’insister sur le fait que toute confrontation sur le marché (celui de la santé, de l’éducation, de l’emploi, du logement ou tout autre) s’effectue inévitablement sur la base des rapports de forces préexistants, avec leurs inégalités et leurs privilèges. Et que c’est précisément en abandonnant le système à sa logique propre, en intervenant le moins possible ou seulement à la marge, qu’on peut le mieux assurer la reproduction des rapports de domination. C’est ça la liberté telle que la conçoivent les adeptes du libéralisme.
On espère que l’association « Le droit à la santé pour tous » saura poursuivre sa réflexion critique sur le système de santé en particulier et social en général et qu’elle ne manquera pas d’adresser un jour prochain, pas seulement aux « moins scrupuleux » des médecins mais à toute la corporation, un appel à cesser d’apporter massivement leur soutien aux tartufes patentés de l’UMP et du PS.



les irradiés de Béryl , ou comment la France a tué en toute quiétude dans le sud algérien , les peuples d’Afrique du nord ont payé un lourd tribu , de cette course à la guerre atomique guerre qui n'a jamais dit son nom, et qui aujourd'hui vit encore et toujours en France comme ailleurs , voici une émission de France culture qui fait froid dans le dos . comment ne pas faire un parrallèle avec les centrale nucléaires dites civiles et qui en France produisent indirectement le Plutonium . Pour qque la paix gagne enfin la planète n'est il pas urgent de dire parlons , crions ,hurlons , nos vies méritent mieux que toutes leurs vacheries




C’était le 1er mai 1962, en fin de matinée, à In Ekker. Ce jour là, la France procéda à un essai nucléaire souterrain, en présence de militaires et de civils, professionnels et appelés, qui se trouvaient dans le désert du Hoggar en Algérie, dans le secteur de tir de cette bombe baptisée Béryl. Des officiels, comme le ministre des Armées Pierre Mesmer et celui de la recherche Gaston Palewski, avaient fait le déplacement ! Mais aux honneurs et aux félicitations succédèrent très vite la peur, la débandade,  le chaos. 
A cette date, la France avait déjà réalisé quatre essais atmosphériques à Reggane, en 1960, sur la base d’expérimentation nucléaire du Sahara, et un autre, souterrain, sous la montagne d'In Ekker, le 7 novembre 1961.
De 1960 à 1996, la France procéda à 210 essais nucléaires, au Sahara algérien et dans le Hoggar, puis en Polynésie à partir de 1966. Depuis, au nom d’une France à la recherche de son indépendance nucléaire et d’une politique étrangère autonome, on sait à quels dangers furent exposés les hommes sur place et les conséquences qui en découlèrent pour l’environnement.

La Montagne In Ekker dans le Hoggar en Algérie LOUIS BULIDON©RADIO FRANCE
Selon les rapports officiels, 150.000 personnes, civils et militaires, furent potentiellement touchées par les essais. Des associations d’anciens se sont constituées, et des procès ont été intentés pour faire reconnaître les responsabilités en haut lieu, mais la difficulté de faire aboutir des demandes d’indemnisation  semble montrer que le sujet est encore sensible aujourd’hui. La vérité officielle resterait donc à livrer.
Pour comprendre ce qui s’est passé ce jour là, à In Ekker, et le long parcours de ces irradiés jusqu’à aujourd’hui, nous vous proposons, en direct du studio 167 de France Culture, un débat avec les deux auteurs d’un livre paru à l’automne dernier et intitulé Les irradiés de Béryl. L’essai nucléaire français non contrôlé  édité par Thaddée, Louis Bulidon, ingénieur chimiste, témoin du drame et Raymond Sené, docteur es sciences physiques, physicien nucléaire, envoyé sur les lieux six jours plus tard.
Une émission émaillée d’archives de l’INA et d’extraits d’un entretien mené par la reporter Catherine de Coppet auprès de Pierre Leroy, alors jeune appelé de vingt ans.