Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".



RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

mercredi 30 novembre 2011

Jean Pierre Brard relis les cahier de doléance de Montreuil : plus de 200 ans plus tard rien n'a changer laissons le parler....

Salauds de Pauvres :Une vidéo qui vaut son pesant de cacahuète ; cette vidéo ne restera peut être pas longtemps...


Salauds de pauvres ! par franceinter

Voici la réaction(ce mot ne lui va pas) d'un humaniste , d'un communiste ,d'un vrai qui n'a pas abandonné l'être au paraître ; Daniel Levieux:

Quand Jean-Claude a posté cette vidéo, j'avais envie de cliquer sur" j'aime"... et puis je n'ai pas pu. Car autant le talent de l'humoriste est grand, autant elle a su dégueuniller le jeune beau de l'UMP reçu par France Inter ce matin-là, autant cette impertinence dérisoire est signe de bonne santé intellectuelle, autant la pauvreté est devenue pour moi un sujet où le rire n'a plus du tout sa place depuis que ce ne sont plus seulement les aléas de la vie, mais bien l'Etat et la politique de la droite qui en a fait sa grande industrie. Le capital a besoin de ses pauvres, tout comme les nobliaus de jadis qui glissaient leur jeton dans la main de la mendiante au sortir de l'église en détournant le regard. Mais aujourd'hui, modernité oblige, c'est moins à l'ombre des clochers que sous la lumière crue des plateaux télé que les grands bienfaiteurs viennent parader... non pour verser leur obole, mais pour inviter instamment les moins pauvres des pauvres à en donner un peu à ceux qui ont encore moins. Entre pauvres, on se comprend mieux ! et entre riches aussi d'ailleurs.

Cet hiver les Restos du coeur réchauffent le coeur des plus démunis avec 25 bougies d'anniversaire... EtFauchon est toujours à l'heure des Rolex.

Ce premier week-end de décembre va faire briller des 25 rayons de soleil de son anniversaire la chaîne de solidarité du Téléthon. Et les yacht milliardaires de Saint-Tropez rèvent tout haut de se garer en épi à la terrasse du Fouquet's...

25 ans, c'est le temps d'une génération. Et ce n'est pas anodin ! Comment la toute jeunesse d'aujourd'hui peut-elle concevoir le monde de demain sans ces cataplasmes posés sur les blessures que la puissance publique a infligées à son propre corps social.
Comment imaginer un hiver sans soupe populaire ?
Comment imaginer une recherche médicale sans cotisathon bénévole ?
L'invocation de la solidarité sonne à chaque instant. N'est-il pas suspect qu'il faille tant en parler, tant l'outiller, tant la vanter... Un peu comme si elle n'était plus dans le naturel du coeur des hommes. 
Si cette première des qualité humaines se dilue jusqu'à faire défaut aujourd'hui, posons nous la question des causes de cette amputation. A tant vanter les mérites de la concurrence et de l'individualisme, de la "réussite" de l'un qui marche sur tous les autres, l'idéologie dominante a en effet modifié une part du patrimoine génétique des peuples réduits en peuplades en fonctionnant en communautés.
A tant vouloir payer moins d'impôts...
Les talonnettes du plus petit des présidents que notre France ait connus pourraient en être les stigmates les plus emblématiques. Le paraître a pris le pas sur l'être. Et dans le monde de l'apparence la difficulté n'a pas sa place, la misère non plus, pas plus que la douleur. Ce monde féroce fait preuve d'assez d'imagination pour mettre en place toutes les mesures d'accompagnement utiles à la poursuite de son projet de désocialisation. Puisque la consommation est l'acte fondateur du système on a créé toute une gamme de services de consommation, à côté du marché, du super marché ou de l'hypermarché ordinaire, on a installé les enseignes "discount", et puis les solderies... mais ça ne suffit pas, il a fallu industrialiser la distribution alimentaire de subsistance qui a fait la gloire des Restos du coeur ; et ce n'est pas suffisant, les épiceries sociales ou solidaires viennent compléter le tableau du Vidal qui intègre désormais les soins de la pauvreté.
Pour que le marché règne en maître, même les pauvres doivent faire le leur, bien à eux, rien qu'à eux...
Mais ne s'agit-il pas là de soins palliatifs, d'aspirine appliquée en soins du cancer social qui ronge nos société ?
Car, depuis 25 ans, les soi-disant soignants oublient de se laver les mains en passant d'un malade à l'autre et le diagnostic est aujourd'hui sans appel, qu'on soit jeune ou vieux, très jeune ou très vieux, affaibli dans la force de l'âge, ou encore vert en fin de carrière, qu'on soit homme ou femme, citadin ou rural, la peste capitaliste a infecté toutes les catégories sociales. 
Rembobinez le film 25 ans en arrière, et vous tomberez dans l'ère Mitterrand après le virage de 83 qui voit les socialistes céder aux sirènes libérales qui signeront les premières étapes du démentèlement de l'Etat. Ces 25 ans d'alternance entre droite dure et gauche molle ont cette réussite commune à leur actif. 
Avec près d'un millions de chômeurs supplémentaires durant son mandat, Sarkozy n'est pas en reste. Avec lui les entreprises caritatives mériteront bientôt d'entrer au CAC 40.
Des riches toujours plus riches et 400 000 tonnes de pains jetés à la décharge chaque année... Des pauvres toujours plus pauvres par centaines et par milliers à grapiller dans les restes des marchés leur pitance de misère... 
Maladie toujours honteuse la misère cachée va bien finir par péter à la gueule des repus.

Alors soyez généreux, jusqu'au printemps prochain, donnez, donnez sans ménagement ! C'est toujours ça qu'on ne vous prendra pas !

Donnez, donnez, dodo-onnez
Donnez, donnez leur
Donnez, dodo-onnez

Donnez autant de coups de pied au cul à ceux qui les méritent que de coups de main, de coup de pouce et de coups de coeur à ces "salauds de pauvres" qui vous attendent sur le bord du chemin.

A la démagogie , de l'extrème droite , les clients électeursvous êtes surs que vous ne voulez pas vous battre pour garder votre destinée en main?

Bella Ciao : à tous celles et tous ceux qui luttent pour la liberté la vraie!

Busch et blair reconnu coupable de crime contre l'humanité: c'est ce qui attend Sarko , et ses copains de Grande Bretagne et des USA!

Sauvons internet mondial; une porte vers la liberté risque de se fermer, signons la pétition contre le vote du congrés US

Incroyable - 800 000 signatures en quelques jours, le Congrès hésite et un Sénateur va bloquer le vote en lisant les noms des signataires de la pétition pendant des heures!! Allons jusqu'à un million, faites suivre ce courriel à tout le monde -- 

Chers amis,


Le Congrès des États-Unis débat en ce moment d'une loi qui lui donnerait le pouvoir de censurer l'Internet mondial en instaurant une liste noire qui pourrait inclure YouTube, WikiLeaks et même Avaaz! Les défenseurs de la liberté d'expression au Congrès disent que notre tollé va jouer un rôle, et un Sénateur va même bloquer le vote en lisant les noms des signataires pendant des heures!Cliquez ici pour obtenir une pétition mondiale sans précédent en faveur d'un Internet libre et ouvert:

Signez la pétition
Le Congrès des États-Unis débat en ce moment d'une loi qui lui donnerait le pouvoir de censurer l'Internet mondial en instaurant une liste noire qui pourrait inclure YouTube, WikiLeaks et même Avaaz! 

Si cette nouvelle loi entrait en vigueur, Les États-Unis pourraient obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer tout site suspecté de violer la législation sur le droit d'auteur ou sur les marques, ou de ne pas suffisamment contrôler l'activité de ses utilisateurs. Comme une très grande partie des serveurs et installations de l'Internet mondial est située aux États-Unis, leur liste noire s'attaquerait à l'Internet libre pour nous tous. 

Le vote est attendu d'un moment à l'autre, mais nous pouvons contribuer à arrêter cette attaque. Des membres du Congrès font tout pour défendre la liberté d'expression et nous indiquent qu'un tollé mondial pourrait renforcer leur position. L'un d'entre eux, le Sénateur Wyden, affirme qu'il va faire de l'obstruction ou bloquer tout vote sur ce texte en lisant les noms des signataires de la pétition jusqu'à la fin de la séance! Faisons résonner nos voix des quatre coins du monde pour obtenir une pétition mondiale sans précédent. Cliquez ci-dessous pour signer, puis faites suivre ce message à tout le monde: 

http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?vl 

Depuis des années, le gouvernement américain condamne des pays comme la Chine et l'Iran qui répriment les utilisateurs d'Internet. Mais aujourd'hui, l'impact de cette nouvelle loi de censure aux États-Unis pourrait être bien pire, avec le blocage pur et simple de sites auxquels aucun utilisateur dans le monde n'aurait plus accès. 

L'an dernier, une loi de censure d'Internet similaire avait été enterrée avant d'atteindre le Sénat des États-Unis, mais elle est de retour sous une forme différente. Des lois sur le droit d'auteur existent déjà et sont appliquées par les tribunaux. Mais cette nouvelle loi va beaucoup plus loin en permettant au gouvernement et aux grandes entreprises d'exercer un pouvoir énorme sur les fournisseurs de services et les moteurs de recherche, obligés de bloquer des sites internet sur la base de simples allégations de violation du droit, sans procès ni aucune déclaration de culpabilité! 

Les défenseurs de la liberté d'expression aux États-Unis ont déjà sonné l'alarme, et plusieurs Sénateurs clés tentent de rallier suffisamment de soutien pour arrêter cette loi dangereuse. Nous n'avons pas de temps à perdre. Mobilisons-nous à leurs côtés pour faire en sorte que les législateurs américains préservent le droit à un Internet libre et ouvert comme moyen essentiel pour les peuples du monde d'échanger des idées, communiquer et oeuvrer ensemble à la construction du monde que nous voulons tous. Signez ci-dessous pour stopper la censure aux États-Unis et sauver Internet tel que nous le connaissons: 

http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?vl 

Ces derniers mois, du Printemps arabe au mouvement mondial "Occupy", nous avons vu de nos propres yeux comment Internet peut galvaniser les gens, unifier et changer le monde. Aujourd'hui, si nous agissons ensemble, nous pouvons arrêter cette attaque contre la liberté d'Internet. Nous l'avons déjà fait: au Brésil et en Italie, les membres d'Avaaz ont remporté de grandes victoires dans la lutte pour l'Internet libre. Portons la lutte au niveau mondial et mobilisons-nous pour mettre en échec la plus grave menace de censure à laquelle Internet n'ait jamais fait face. 

Avec espoir, 

Luis, Dalia, Diego, Emma, Ricken, Aaron, Antonia, Benjamin et le reste de l'équipe d'Avaaz

Plus d'informations: 

L'empire Hollywood attaque Internet (Owni)
http://owni.fr/2011/11/14/etats-unis-preparent-fin-internet-pipa-sopa-protect-ip-act/ 

Les géants du web US vent debout contre une loi sur le piratage (L'expansion)
http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/les-geants-du-web-us-vent-debout-contre-une-loi-sur-le-piratage_270811.html 

Ce mercredi, c'est la "Journée de la censure américaine" (NouvelObs)
http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20111116.OBS4632/ce-mercredi-c-est-la-journee-de-la-censure-americaine.html 

Piratage : l'examen de la loi américaine débute sous un déluge de critiques (Numérama)
http://www.numerama.com/magazine/20593-piratage-l-examen-de-la-loi-americaine-debute-sous-un-deluge-de-critiques.html 

Les États-Unis s'apprêtent à voter une nouvelle loi anti-piratage (Clubic)
http://pro.clubic.com/legislation-loi-internet/telechargement-illegal/actualite-458318-stop-online-privacy-act.html 

mardi 29 novembre 2011

Les USA et la France en guerre en Somalie font le plus en plus de morts......et les médias se taisent....


Le nombre des personnes tuées par une guerre impérialiste de plus en Afrique augmente chaque jour selon Abayomi Azikiwe.
Le conflit en Somalie fait partie d’une campagne militaire menée par le Pentagone et l’OTAN pour s’approprier de larges parties d’Afrique qui ont une valeur stratégique pour les Etats-Unis et l’Europe.
Les interventions militaires américaines et françaises en Afrique font beaucoup de morts en Somalie. En dépit des démentis de Washington le peuple de ce pays souffre des conséquences d’une guerre impérialiste supplémentaire.
Des troupes kényanes ont traversé la frontière au sud de la Somalie dans le but d’éliminer les bases du mouvement de résistance islamique Al-Shabaab qui contrôle de larges sections de ce pays de la Corne de l’Afrique.
Le porte parole de l’armée française, le colonel Thierry Burkhard, a confirmé hier que Paris envoyait des équipements pour renforcer les soldats kényans. La France est intervenue au cours des mois derniers pour renverser le gouvernement de la Côte d’Ivoire, changer le régime en Libye et combattre la piraterie dans le Golfe de Guinée au large de l’Afrique de l’Ouest.
Le conflit en Somalie fait partie d’une campagne militaire menée par le Pentagone et l’OTAN pour s’approprier de larges parties d’Afrique qui ont une valeur stratégique pour les Etats-Unis et l’Europe. La Maison Blanche a justifié l’agression en qualifiant Al-Shabaab "d’organisation terroriste" affiliée à Al-Qaeda. Deux administrations étasuniennes ont armé et financé la soi disante Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISON) qui a 9000 soldats à Mogadishu pour protéger une régime soutenu par Washington.
Les drones étasuniens massacrent les civils somaliens
Les attaques quotidiennes de drones en Somalie auraient occasionné la mort de centaines de civils au cours des dernières semaines selon les rapports. Selon TV Presse, 79 personnes ont été assassinées par des drones au sud de la Somalie, ce qui porte de nombres des morts à 146 pour les deux derniers jours. L’armée étasunienne a lancé des attaques terroristes de drones sur la ville de Bilis Qooqaani qui se situe au sud ouest de Mogadishu, la capitale de la Somalie, le 11 novembre.
De plus le même jour, un hélicoptère de l’armée française s’est écrasé au sud de la ville portuaire de Kismayo en tuant 9 personnes. L’hélicoptère militaire qui est tombé fournissait une couverture aux troupes kényanes qui attaquaient les bases de Al-Shabaab dans le secteur.
Les frappes de plus en plus nombreuses en Somalie sont la conséquence directe du déploiement étasunien de personnel et d’armes dans la Corne de l’Afrique, l’Afrique du Nord et la Péninsule Arabique. Des drones sont lancés sur au moins cinq autres pays de la région.
Selon le Washington Post du 27 octobre, les Etats-Unis ont secrètement envoyé des drones Reaper à partir du lointain aéroport civil de Arba Minch au sud de l’Ethiopie dont la remise en état a coûté des millions de dollars. Les Reapers ont commencé leurs missions dans la Somalie voisine plus tôt dans l’année. Le Pentagone a nié que les drones soient armés et affirmé qu’ils étaient utilisés uniquement pour de la surveillance mais l’article du Post ajoute que les avions sans pilotes peuvent être équipés de missiles Hellfire et de bombes guidées par satellite.
En dépit des massacres commis par Washington en Somalie, les combattants d’Al-Shabaab ont lancé des opérations contre les troupes kényanes. Le 11 novembre ; le mouvement de résistance islamique a dit qu’il avait tué 30 soldats et pris six camions militaires dans l’embuscade d’un convoi militaire.
Israël participe aussi à la guerre pour aider le Kenya à intensifier ses attaques à l’intérieur du territoire somalien (TV Presse, 11 novembre.)
L’escalade de la militarisation en Somalie du Sud coïncide avec la propagation de l’épidémie de choléra dans les régions de Jilib Town et de Hoomboy où 81 personnes sont mortes de la maladie générée par l’eau contaminée. Selon des médecins somaliens, le 12 novembre, en 24 heures, 670 enfants ont été amenés aux centres médicaux de Mareerey au nord-est de Jilib.
Ces secteurs ont aussi beaucoup souffert des inondations. Les rivières en crue ont recouvert des quartiers près de Jilib et détruit des milliers de maisons. Les docteurs signalent une augmentation des cas de malaria qui est aussi due aux crues des rivières Juba et Shabelle qui ont inondé de nombreux quartiers.
Les forces de l’AMISON, composées de 9000 soldats diligentés par deux régimes-clients des Etats-Unis, le Burundi et l’Ouganda, s’efforcent de maintenir en place le Gouvernement Fédéral somalien de Transition (GFT), ainsi que son armée et sa police. Mais le 12 novembre, une grenade a frappé une patrouille de soldats pro-GFT à Mogadishu, en faisant 6 morts.
Dans le district de Huriwa au nord de Mogadishu, Al-Shabaab aurait aussi tué 20 soldats des unités du GFT dans un échange de coups de mortiers, selon les rapports. Dans un autre combat, dans le district de Dayniile, 14 civils au moins seraient morts dans le bombardement d’un quartier résidentiel selon une source non identifiée.
Le nombre des victimes de cette nouvelle guerre impérialiste en Afrique augmente chaque jour.
Abayomi Azikiwe
directeur de Pan-African News Wire
Pour consulter l’original : http://allafrica.com/stories/201111250854.html

Salah aurait dû sortir hier de prison , sa mère nous écrit......


Mesdames,
Messieurs,
Chers amis,  
Alors que mon fils, Salah, devait sortir le 28 novembre, les autorités israéliennes en ont décidé autrement, de manière totalement arbitraire.   
Bien sûr vous imaginez la déception énorme qui est celle de Salah et aussi celle de sa famille.   
Mais je voudrais vous dire, en notre nom à tous, un « grand merci ». Un grand merci car depuis tellement longtemps vous vous êtes mobilisés en faveur de Salah et de la liberté – la sienne et celle de la Palestine. 
Sans vous, qui êtes des dizaines de milliers, on ne parlerait même pas du tout de Salah et on n’aurait même pas fait attention à son sort pourtant injuste et terrible.  
Merci vraiment car si Salah n’est pas sorti hier ce n’est pas par manque d’efforts de votre part mais bien malgré ces efforts. Vous n’avez rien à vous reprocher, au contraire vous pouvez être fiers de vous. On voit mieux, du coup, l’épaisseur du mur à percer et le poids et la détermination des forces adverses.  
Aujourd’hui on me demande : « Mais que faire pour Salah ? » 
Je vous répondrais : continuer à exiger sa libération et à élargir encore et encore le cercle des amis qui peuvent nous rejoindre dans cette cause qui dépasse le cas de Salah. Il sait, mon fils, tout ce que vous faîtes et il vous en est gré. Sachez-le.  
Les autorités françaises nous ont contactés et ont contacté Salah en proposant de le placer dans la liste des prochains prisonniers palestiniens qui doivent sortir, théoriquement, à la mi-décembre.   
Salah comme nous-mêmes, mon mari et moi, avons tous considéré que si cela devait se faire, il est impensable que l’on demande quoi que ce soit à Salah. Pas d’excuses, pas d’écrits d’aucune sorte, pas de signature, pas d’éloignement de sa terre natale. Sans conditions en un mot.  
Nous en sommes-là. Nous n’avons aucune garantie que cela se fera. Mais nous refusons toute idée de discussion quant à sa sortie éventuelle. Cela a assez duré. Il ne s’est pas excusé hier pour « adoucir » sa peine, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire.  
Je tenais à  vous informer de cette situation. Verrons-nous notre fils à Noël ? Rien n’est fait, rien n’est certain. Nous avons encore besoin de vous !   
Merci infiniment pour ce que vous avez déjà fait avec son Comité de soutien.  
Denise Hamouri, Jérusalem, le 29 novembre 2011.



Sarkösy de Nagy-Bocsa : la famille pro américaine par excellence : mais on s'en doutait!


IRIB- Le petit Louis Sarkozy, fils du président français en exercice et de Cecile Attias, va intégrer l’académie militaire, à Leeds (Pennsylvannie). Une académie où l’on forme les futurs cadets de l’armée américaine… 
On pourrait, quand même, trouver bizarre, comme info, que le fils du président français s’apprête à se mettre sous les drapeaux US, mais lorsqu’on connaît le père, on n’est pas surpris. N’est-ce pas, déjà, troublant, voire, scandaleux de voir un président français arborer un tee-shirt vantant la police d’un pays étranger ? C’est la transgression qu’aura apporté Sarkozy l’américain à notre pays. Il nous aura mis de force entre les pattes de l’oncle Sam, pour lequel, nous sommes devenus un état croupion, dans le monde. Une vraie rupture avec notre histoire et avec De Gaulle, une véritable insulte au peuple français. On comprend mieux pourquoi il se fait l’allié de la politique américaine, en Europe, notamment, pour renflouer l’euro.
IRIB

En cette fin d'automne ce poème rappeler par un amis: Victor Hugo ; "Les pauvres gens"vient nous rappeler s'il en était besoin que bien peu de chose ont changé depuis le milieu du 19eme tellement les pauvres acquits sociaux sont attaqués , et aux propos nauséabonds d'un sinistre Guéant le peuple répond par la générosité envers ses soeurs et frères de classe


Les pauvres gens

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close. 

Le logis est plein d'ombre et l'on sent quelque chose 
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur. 
Des filets de pêcheur sont accrochés au mur. 
Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle 
Aux planches d'un bahut vaguement étincelle, 
On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants. 
Tout près, un matelas s'étend sur de vieux bancs, 
Et cinq petits enfants, nid d'âmes, y sommeillent 
La haute cheminée où quelques flammes veillent 
Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit, 
Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit. 
C'est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d'écume, 
Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume, 
Le sinistre océan jette son noir sanglot.

II

L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l'eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l'hameçon,
Surveillant l'âtre où bout la soupe de poisson, 
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment. 
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment, 
l s'en va dans l'abîme et s'en va dans la nuit. 
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit. 
Dans les brisants, parmi les lames en démence, 
L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense, 
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant, 
Où se plaît le poisson aux nageoires d'argent, 
Ce n'est qu'un point ; c'est grand deux fois comme la chambre. 
Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre, 
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant, 
Comme il faut calculer la marée et le vent ! 
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés, 
Et fait râler d'horreur les agrès effarés. 
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées, 
Et Jeannie en pleurant l'appelle ; et leurs pensées 
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

III

Elle prie, et la mauve au cri rauque et moqueur 
L'importune, et, parmi les écueils en décombres, 
L'océan l'épouvante, et toutes sortes d'ombres 
Passent dans son esprit : la mer, les matelots 
Emportés à travers la colère des flots ; 
Et dans sa gaine, ainsi que le sang dans l'artère, 
La froide horloge bat, jetant dans le mystère, 
Goutte à goutte, le temps, saisons, printemps, hivers ;
Et chaque battement, dans l'énorme univers, 
Ouvre aux âmes, essaims d'autours et de colombes, 
D'un côté les berceaux et de l'autre les tombes.

Elle songe, elle rêve. - Et tant de pauvreté !
Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été. 
Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge. 
- Ô Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,
La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voir
Les constellations fuir dans l'ouragan noir 
Comme les tourbillons d'étincelles de l'âtre. 
C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et folâtre
Sous le loup de satin qu'illuminent ses yeux,
Et c'est l'heure où minuit, brigand mystérieux, 
Voilé d'ombre et de pluie et le front dans la bise, 
Prend un pauvre marin frissonnant, et le brise 
Aux rochers monstrueux apparus brusquement. 
Horreur ! l'homme, dont l'onde éteint le hurlement, 
Sent fondre et s'enfoncer le bâtiment qui plonge ;
Il sent s'ouvrir sous lui l'ombre et l'abîme, et songe
Au vieil anneau de fer du quai plein de soleil !

Ces mornes visions troublent son coeur, pareil 
A la nuit. Elle tremble et pleure.

IV
Ô pauvres femmes
De pêcheurs ! c'est affreux de se dire : - Mes âmes,
Père, amant, frère, fils, tout ce que j'ai de cher,
C'est là, dans ce chaos ! mon coeur, mon sang, ma chair ! -
Ciel ! être en proie aux flots, c'est être en proie aux bêtes.
Oh ! songer que l'eau joue avec toutes ces têtes,
Depuis le mousse enfant jusqu'au mari patron,
Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,
Dénoue au-dessus d'eux sa longue et folle tresse,
Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,
Et qu'on ne sait jamais au juste ce qu'ils font,
Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,
A tous ces gouffres d'ombre où ne luit nulle étoile,
Es n'ont qu'un bout de planche avec un bout de toile !
Souci lugubre ! on court à travers les galets,
Le flot monte, on lui parle, on crie : Oh ! rends-nous-les !
Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée 
Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !

Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !
Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !
Pas d'aide. Ses enfants sont trop petits. - Ô mère !
Tu dis : "S'ils étaient grands ! - leur père est seul !" Chimère !
Plus tard, quand ils seront près du père et partis,
Tu diras en pleurant : "Oh! s'ils étaient petits !"

V

Elle prend sa lanterne et sa cape. - C'est l'heure 
D'aller voir s'il revient, si la mer est meilleure, 
S'il fait jour, si la flamme est au mât du signal. 
Allons ! - Et la voilà qui part. L'air matinal 
Ne souffle pas encor. Rien. Pas de ligne blanche 
Dans l'espace où le flot des ténèbres s'épanche. 
Il pleut. Rien n'est plus noir que la pluie au matin ;
On dirait que le jour tremble et doute, incertain, 
Et qu'ainsi que l'enfant, l'aube pleure de naître. 
Elle va. L'on ne voit luire aucune fenêtre.

Tout à coup, a ses yeux qui cherchent le chemin, 
Avec je ne sais quoi de lugubre et d'humain 
Une sombre masure apparaît, décrépite ; 
Ni lumière, ni feu ; la porte au vent palpite ; 
Sur les murs vermoulus branle un toit hasardeux ; 
La bise sur ce toit tord des chaumes hideux, 
Jaunes, sales, pareils aux grosses eaux d'un fleuve.

"Tiens ! je ne pensais plus à cette pauvre veuve,
Dit-elle ; mon mari, l'autre jour, la trouva
Malade et seule ; il faut voit comment elle va."

Elle frappe à la porte, elle écoute ; personne 
Ne répond. Et Jeannie au vent de mer frissonne. 
"Malade ! Et ses enfants ! comme c'est mal nourri ! 
Elle n'en a que deux, mais elle est sans mari." 
Puis, elle frappe encore. "Hé ! voisine !" Elle appelle.
Et la maison se tait toujours. "Ah ! Dieu ! dit-elle,
Comme elle dort, qu'il faut l'appeler si longtemps!" 
La porte, cette fois, comme si, par instants, 
Les objets étaient pris d'une pitié suprême, 
Morne, tourna dans l'ombre et s'ouvrit d'elle-même.

VI

Elle entra. Sa lanterne éclaira le dedans 
Du noir logis muet au bord des flots grondants.
L'eau tombait du plafond comme des trous d'un crible.

Au fond était couchée une forme terrible ; 
Une femme immobile et renversée, ayant
Les pieds nus, le regard obscur, l'air effrayant ; 
Un cadavre ; - autrefois, mère joyeuse et forte ; -
Le spectre échevelé de la misère morte ; 
Ce qui reste du pauvre après un long combat. 
Elle laissait, parmi la paille du grabat, 
Son bras livide et froid et sa main déjà verte 
Pendre, et l'horreur sortait de cette bouche ouverte 
D'où l'âme en s'enfuyant, sinistre, avait jeté 
Ce grand cri de la mort qu'entend l'éternité !

Près du lit où gisait la mère de famille, 
Deux tout petits enfants, le garçon et la fille,
Dans le même berceau souriaient endormis.

La mère, se sentant mourir, leur avait mis
Sa mante sur les pieds et sur le corps sa robe,
Afin que, dans cette ombre où la mort nous dérobe, 
Ils ne sentissent pas la tiédeur qui décroît, 
Et pour qu'ils eussent chaud pendant qu'elle aurait froid.

VII

Comme ils dorment tous deux dans le berceau qui tremble !
Leur haleine est paisible et leur front calme. Il semble
Que rien n'éveillerait ces orphelins dormant, 
Pas même le clairon du dernier jugement ; 
Car, étant innocents, ils n'ont pas peur du juge.

Et la pluie au dehors gronde comme un déluge.
Du vieux toit crevassé, d'où la rafale sort,
Une goutte parfois tombe sur ce front mort,
Glisse sur cette joue et devient une larme.
La vague sonne ainsi qu'une cloche d'alarme.
La morte écoute l'ombre avec stupidité.
Car le corps, quand l'esprit radieux l'a quitté,
A l'air de chercher l'âme et de rappeler l'ange ;
Il semble qu'on entend ce dialogue étrange
Entre la bouche pâle et l'oeil triste et hagard :
- Qu'as-tu fait de ton souffle ? - Et toi, de ton regard ?

Hélas! aimez, vivez, cueillez les primevères,
Dansez, riez, brûlez vos coeurs, videz vos verres.
Comme au sombre océan arrive tout ruisseau,
Le sort donne pour but au festin, au berceau,
Aux mères adorant l'enfance épanouie,
Aux baisers de la chair dont l'âme est éblouie,
Aux chansons, au sourire, à l'amour frais et beau,
Le refroidissement lugubre du tombeau !

VIII

Qu'est-ce donc que Jeannie a fait chez cette morte ? 
Sous sa cape aux longs plis qu'est-ce donc qu'elle emporte ? 
Qu'est-ce donc que Jeannie emporte en s'en allant ? 
Pourquoi son coeur bat-il ? Pourquoi son pas tremblant 
Se hâte-t-il ainsi ? D'où vient qu'en la ruelle 
Elle court, sans oser regarder derrière elle ? 
Qu'est-ce donc qu'elle cache avec un air troublé 
Dans l'ombre, sur son lit ? Qu'a-t-elle donc volé ?

IX

Quand elle fut rentrée au logis, la falaise 
Blanchissait; près du lit elle prit une chaise 
Et s'assit toute pâle ; on eût dit qu'elle avait 
Un remords, et son front tomba sur le chevet, 
Et, par instants, à mots entrecoupés, sa bouche 
Parlait pendant qu'au loin grondait la mer farouche.

"Mon pauvre homme ! ah ! mon Dieu ! que va-t-il dire ? Il a
Déjà tant de souci ! Qu'est-ce que j'ai fait là ? 
Cinq enfants sur les bras ! ce père qui travaille ! 
Il n'avait pas assez de peine ; il faut que j'aille 
Lui donner celle-là de plus. - C'est lui ? - Non. Rien. 
- J'ai mal fait. - S'il me bat, je dirai : Tu fais bien. 
- Est-ce lui ? - Non. - Tant mieux. - La porte bouge comme
Si l'on entrait. - Mais non. - Voilà-t-il pas, pauvre homme, 
Que j'ai peur de le voir rentrer, moi, maintenant !"
Puis elle demeura pensive et frissonnant,
S'enfonçant par degrés dans son angoisse intime, 
Perdue en son souci comme dans un abîme, 
N'entendant même plus les bruits extérieurs, 
Les cormorans qui vont comme de noirs crieurs,
Et l'onde et la marée et le vent en colère.

La porte tout à coup s'ouvrit, bruyante et claire,
Et fit dans la cabane entrer un rayon blanc ;
Et le pêcheur, traînant son filet ruisselant,
Joyeux, parut au seuil, et dit : C'est la marine !

X

"C'est toi !" cria Jeannie, et, contre sa poitrine,
Elle prit son mari comme on prend un amant,
Et lui baisa sa veste avec emportement
Tandis que le marin disait : "Me voici, femme !"
Et montrait sur son front qu'éclairait l'âtre en flamme
Son coeur bon et content que Jeannie éclairait,
"Je suis volé, dit-il ; la mer c'est la forêt.
- Quel temps a-t-il fait ? - Dur. - Et la pêche ? - Mauvaise.
Mais, vois-tu, je t 1 embrasse, et me voilà bien aise.
Je n'ai rien pris du tout. J'ai troué mon filet.
Le diable était caché dans le vent qui soufflait.
Quelle nuit ! Un moment, dans tout ce tintamarre,
J'ai cru que le bateau se couchait, et l'amarre
A cassé. Qu'as-tu fait, toi, pendant ce temps-là ?"
Jeannie eut un frisson dans l'ombre et se troubla.
"Moi ? dit-elle. Ah ! mon Dieu ! rien, comme à l'ordinaire,
J'ai cousu. J'écoutais la mer comme un tonnerre,
J'avais peur. - Oui, l'hiver est dur, mais c'est égal."
Alors, tremblante ainsi que ceux qui font le mal,
Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."

L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin 
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête, 
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept. 
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait 
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ? 
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire 
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds. 
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ? 
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. 
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez. 
Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés, 
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte. 
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ; 
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux. 
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres 
Cette petite fille et ce petit garçon, 
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson. 
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche, 
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ? 
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.

- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, lès voilà!"